En 1952, afin de contrer des ventes toujours plus importantes de moto britanniques qui se déversent sur le marché US , Harley-Davidson lance sa contre-offensive : C’est le Modèle ou Model K.


Cette moto est assez méconnue même auprès des Harleyistes car  elle a été produite durant une période très courte et en faible quantité.
Ainsi, seulement 7680 Model K et son évolution KH (1954-1956) sortiront des usines de Milwaukee entre 1952 et 1956 (Historique de la décennie 1950-1959). A titre de comparaison, pour la seule année 1965, 25 328 Sportster seront construits.

Sur le plan sportif, la Harley-Davidson Model K va donner naissance au racer le plus titré du constructeur américain : Ce sont les KR en flat track et les KRTT sur circuits .

Techniquement, le Model K peut être qualifié de « version bêta du Sportster » !

Il est alors le programme le plus ambitieux de l’histoire du constructeur. Malgré une cylindrée et une distribution latérale (« side valves » en anglais), ce bicylindre n’a plus grand-chose de commun avec les WLA et WLC qui se sont illustrées durant la seconde guerre mondiale.

La partie-cycle

A ce niveau partie cycle, le Model fait un bon de géant en terme de modernité. Elle est la première Harley-Davidson entièrement suspendue avec à l’avant une fourche hydraulique et à l’arrière un bras oscillant sur lequel est ancré une paire d’amortisseurs. Les Big Twin à moteur Panhead bénéficieront de ces deux nouveautés en 1957 et prendrons le nom de  Harley-Davidson Duo Glide.

L’ergonomie du Model K

Le Model K est la toute première Harley-Davidson équipée d’un levier de vitesse (à droite) et d’un levier d’embrayage au guidon. On remarquera que les Big Twins ont le commandes inversées avec le levier de frein à gauche et le sélecteur à droite.

Flathead Harley-Davidson

Le V-Twin

Au niveau moteur, Harley-Davidson n’a pas souhaité passer le Rubicon en matière de distribution : La distribution demeure, comme sur les WL, à soupapes latérales.

Il faudra attendre 1957 pour voir une Harley-Davidson « légère » équipée d’une distribution culbutée : C’est le Sportster qui ne diffère réellement du Model K que par ce choix technique.

Cette volonté est avant tout commerciale afin de faire briller en compétition les racers dérivées du Model K car comme dit l’adage : « Qui gagne le dimanche, vend le lundi ! ».

La formule d’équivalence

En compétition, Indian comme Harley-Davidson profitent pleinement de la réglementation de l’American Motorcycle Association ou AMA (la fédération motocycliste américaine) qui privilégie la distribution à soupapes latérales face à celle culbutée équipant les bicylindres britanniques.
L’AMA, totalement inféodée à Indian (qui ferme ses portes en 1953) et à Harley-Davidson, autorise aux motorisations US à soupapes latérales une cylindrée max. de 750 cc en course alors que les bicylindres culbutés ne doivent pas dépasser 500 cc.

C’est la fameuse ou fumeuse « formule d’équivalence » qui ampute les distributions plus modernes (les twin anglais culbutés pour ne pas les citer) de 50% de leur cylindrée !

Malgré une distribution « agricole » et des cotes moteurs strictement identiques à « une DL de 1929 » donnant une cylindrée de 45 ci soit 741 cm3, le V-Twin à 45° du Model K est une nouvelle motorisation.

Le V-Twin est désormais de type bloc-moteur ( « unit » en anglais). La MoCo n’invente rien puisque ce choix technique a notamment été vu sur la Vincent Black Shadow. Triumph choisira cette solution technique en 1963.

Les avantages du bloc-moteur sont nombreux: baisse du poids, meilleure rigidité et la moto est plus compacte. Le comportement routier du Model k comparé à l’Hydra Glide est bien plus dynamique. Ainsi, le Big Twin Panhead accuse sur la balance 260 kg contre 181 kg pour le Model K.

Malheureusement, la puissance du bicylindre américain de 45 cui (740 cc) est très en deçà des Twin verticaux britanniques avec seulement 30 chevaux.

Le Model KH

Dès 1954, le Model K est remplacé par le KH. La cylindrée s’établit à 883 cm3 (ou 55 cui) grâce une augmentation de la course du vilebrequin qui passe de 96, 8 mm à 11,59 mm. Notons que le Model KH garde l’alésage des WL et DL soit 2-3/4″.

La puissance du bicylindre alimenté par un carburateur Linkert M s’établit désormais à 38 chevaux alors que la vitesse de pointe est de 155 km/h.

Déjà des KH préparés

Les préparations de la KH avec des pièces normalement dédiées à la version racing, le racer KR, mais peu chères et facilement trouvables permettent à n’importe quel biker d’abattre le 1/4 de miles départ-arrêté en moins de 12 secondes et de pouvoir tutoyer les 180 km/h en vitesse de pointe.

Harley-Davidson construira en 1955 et 1956 une version « très énervée » du Model KH : la KHK.

elvis presley : first harley
1956 : Elvis Presley prend la pose sur un Modèle ou Model KH couleur « Pepper Red with White Slash ». Il sera à la Une du magazine du constructeur : « The Enthusiast ».

Cette moto voyait ses conduits d’admission et d’échappement polis, des profils de cames plus agressifs et recevait un vilebrequin monté sur roulements à billes. La puissance de la KHK s’établit à 52 ch. contre  38 pour le Model KH.

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