vincent moto anglaise

Vincent Black Lightning : Le joyaux de la couronne !

La Vincent Black Lightning de 1951 est une moto très exclusive puisque seulement 31 à 33 exemplaires (selon les sources) sortiront de l’usine de Stevenage entre 1948 et 1952.

Il n’en resterait que 19 au monde à l’état de « matching numbers », c’est à dire dont les numéros moteur et cadre qui correspondent à ceux donnés à la sortie de l’usine. 

Vincent 1000 Black Lightning
Ci-dessus, une Vincent Black Lightning de 1951

Dévoilée pour la première fois lors du salon londonien d’Earl Court Show 1948, la Vincent Black Lightning fait sensation tant par ses performances que par son prix de 400 livres accompagné d’une lourde taxe de 108 livres.

L’année 1952 marquera l’arrêt de la production de cette « superbike » britannique.

La Vincent Black Shadow

La « version de base », la Vincent Black Shadow, sortie en 1948, était la fierté d’un peuple d’érudits en matière de mécanique. En effet, elle était ni plus ni moins que le véhicule routier le plus rapide de son temps avec ses 196 km/h en pointe et en ayant l’outrecuidance de mettre à l’amende la Jaguar XK 120 !

La Black Lightning : seulement pour le dieux de la vitesse

vincent black lightning 1952

L’histoire de la Black Lightning débute lorsque le concessionnaire londonien Vincent, Jack Surtees ( le père de John Surtees, champion du Monde auto & moto mais aussi apprenti chez Vincent), qui court en side-car sur Norton commande en 1947 une Vincent Rapide préparée.

Le moteur sera assemblé à l’usine de Stevenage en même temps qu’un second moteur qui sera confié à l’essayeur maison George Brown.

Cette moto d’essai sera connue sous le sobriquet de « Gunga Din ». C’est elle qui donnera naissance aux machines parmi les plus désirables du constructeur établi dans l’Hertfordshire : La routière Black Shadow et le modèle course, la Black Lightning.

La Vincent Black Lightning est directement dérivée de la moto sur laquelle Rollie Free battit le record du monde de vitesse le 13 septembre 1948 sur le Lac Salé de Bonneville à 241,9km/h.

Les spécifités de la Vincent Black Lightning

moteur vincent V-Twin
Le V-Twin créé par Phil Irvin. Notez les tiges de culbuteurs ultra courtes qui permettent d’atteindre des régimes moteur élevés pour l’époque (au delà des 5000 tr/mn).

Il s’agit d’une version racing de la Vincent Black Shadow. Le V-Twin avec des tiges de culbuteurs très courtes, dessiné par l’ingénieur australien Phil Irvin, est profondément revu.

Cette moto, disponible que sur commande, se dotent de certaines pièces spécifiques par rapport à la Vincent Black Shadow : freins en magnésium, moyeux de roues en alliage, garde-boues en aluminium (un luxe après-guerre !), commandes aux pieds reculées et compte-tours.

Ce régime drastique fait qu’une Vincent Black Lightning ne pèse que 172 kg contre 207,7 kg pour la Black Shadow. Cette dernière « charie » l’équipement nécessaire à une utilisation routière comme le klaxon, une selle plus accueillante et les phares.

Un moteur d’anthologie

vincent racer ultime

Le V-Twin calé à 50° de 998 cm3 de la Black Lightning reçoit son lot de pièces haute performance spécifiques : Un jeu de 2 arbres à cames «  Mark II Vincent » ayant des levées plus hautes et une plus longue ouverture, une paire de bielles renforcées avec à leur base un roulement à billes plus large.

Une paire de pistons « Specialoid » permet un taux de compression pouvant atteindre 13:1 avec du méthanol contre 6,8:1 sur la Vincent Black Shadow. Un monde sépare donc ce racer de la routière sportive !

Le volant moteur, la chambre de combustion, les conduits d’admission ainsi que les culbuteurs ont reçu une finition polie afin d’améliorer d’un coté la respiration du V-Twin et de l’autre sa lubrification.

vincent : moto de record

Le bicylindre à distribution « high-camshaft» (« arbres à cames surélevés ») est gavé par 2 carburateurs Amal 1¼-inch modèle 10TT9. L’embrayage est modèle renforcé fourni par Ferodo.

Les performances de cette superbike des 50’s

vincent racer moto
Le racer Vincent Gunga Din

La Vincent Black Shadow avait une puissance très respectable de 55 ch atteint à 5500 tr/mn mais avec le bicylindre de la Black Lightning libère 70 ch à 5700 tr/mn. Un rendement moteur qui est équivalent à celui de la Honda CB750 de 1969 !

Ce racer pour gentlemen fortunés file à plus de 240 km/h. Rappelons qu’il s’agit d’une moto de 1951 !

Les Vincent : des motos techniquement très avancées

La Black Lightning conserve bien entendu deux innovations majeures inaugurées sur la Vincent Serie B de 1946.

Le bicylindre est un bloc moteur avec le moteur et la boîte associés dans un même carter. Les anglo-saxons parlent de motorisation « unit ». Harley-Davidson s’y mettra en 1957 avec le Sportster et Triumph partiellement en 1963.

En matière de partie-cycle, l’amortissement arrière est assuré par un mono-amortisseur de type Cantilever en tout point identique à la technologie Yamaha mais avec 40 ans d’avance !

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