1950

La fin des forty et le début des fifty marquent le divorce entre les deux derniers fabricants US et une jeunesse rebelle et éprise de vitesse à l’image de ses deux icônes : James Dean et Marlon Brando.

La culture moto américaine se bâtit désormais autour des vieilles fontes des décennies précédentes que l’on personnalise et des rapides motos anglaises. C’est la naissance du mouvement bobber et de la culture biker.

Harley Davidson abandonne le cadre dérivé des derniers Knuckleheads pour le cadre dit « Wishbone« . C’est le tout dernier cadre rigide construit par Milwaukee.

Le 30 décembre, Arthur Davidson ultime survivant des quatre fondateurs de la marque disparait à l’age de 69 ans dans un accident de voiture.

Larry Headrick gagne le championnat AMA Grand National Championship pour Harley-Davidson en dirt track.

Production : 17.168 ex.

1951

Harley-Davidson et Indian obtiennent de la part de l’US Tarif Commission une surtaxe de 40% sur les motocyclettes d’importation ; 32 marques sont concernées !

Le groupe britannique AMC regroupant AJS, Matchless, Royal Enfield, Velocette et Norton rachète Indian. Ces motos britanniques seront assemblées aux USA pour contourner les barrières douanières dans les usines Indian.

Triumph fera de même.

Le Hummer reçoit une fourche télescopique. En 1953, il est réalésé à 165 cm3 et produit 5,5 C.V. Il prend la dénomination de « Model 165 ».

Production : 15.852 ex.

1952

Arrêt de la production de la WL 750.

Elvis presley model k harley

Elvis Presley, présente le model K pour le magazine « The Enthusiast »

Harley-Davidson présente le Model K.

Equipé d’un bloc boîte-moteur, d’un cadre entièrement suspendu, d’une fourche télescopique (une première pour le constructeur !) , le modèle K se rapproche des standards des motos britanniques avec un embrayage manuel et un sélecteur au pied.

Légère mais malheureusement peu puissante en raison de son V-Twin de 750 cm3 (45ci) équipé d’une rustique distribution à deux soupapes latérales, cette moto sera un relatif échec commercial comme l’atteste sa courte commercialisation.

Néanmoins, Il préfigure le Sportster de 1957. Son alimentation électrique en 6 volts est confié à une génératrice.

En compétition, les dérivés sportifs du model K prennent la succession des vieillissantes WR et WRTT d’avant guerre.

Sous les dénominations de KR et KRTT, le bi-cylindres de 750 cc va écrire l’une des plus glorieuses pages sportives du constructeur et ceci durant…17 ans !

Les Big Twin sont proposés avec une sélection moderne en option qui necessitel’emploi du fameux « Mousetrap ».

Les versions 1000cc soit 61 ci (modèle E) sont abandonnés fin 1952 car la différence de prix avec le 1200 (74 ci) est devenue infime (15$).

Production : 15.312 ex.

kr 750 flat track

KR modèle 1953 pour les courses de dirt track.

1953

C’est sans réel enthousiasme que Harley-Davidson fête son cinquantenaire. Ainsi, il faudra attendre le numéro de septembre 1953 de « The Enthusiast » pour que le constructeur daigne présenter des modèles commémoratifs. Dans les faits, ce sont des millésimes 1954 (!) baptisés pour l’occasion “Golden Anniversary”.

Ces modèles « jubilé » différent par un médaillon en forme de « V  » en l’honneur de l’architecture moteur qui est l’identité de la marque traversé du Bar and Shield. Il est monté sur le garde boue avant des modèles 1954. Dans les faits, ces modèles Anniversary correspondent à la 52ème année de production de la Motor Compagny si l’on se réfère au prototype de 1903 !

Indian, son rival de toujours, jette définitivement l’éponge. Le nom n’apparaitra plus que sur des Royal Enfield importées.

Harley-Davidson, gagne ses premiers 200 miles de Daytona depuis la fin de la guerre grâce à la nouvelle KRTT pilotée par Paul Golsmith mettant fin à quatre années de domination de Norton avec sa Manx.

Les poussoirs hydrauliques placés jusqu’alors en haut des tiges des Hydra Glide s’invitent dans les embases de poussoirs afin d’éviter les problèmes de manque de pression d’huile.

Le KH passe de 750 à 883 cm3 et une version plus musclée est lancée en série limitée sous la dénomination de KHK.

« L’Equipée Sauvage » ( The Wild Ones en V.O.) sort aux USA en 1953. Involontairement, ce film sera un immense coup de pub pour ce nouveau mode de vie ! Notons que le film sera interdit en Grande Bretagne jusqu’en 1968 !

La bande de bobbers de Lee Marvin et de Marlon Brando fonçant sur les petites routes californiennes va marquer à jamais les plus jeunes et créer la mythologie du biker sur sa Harley à l’image de Chino sur son Bobber Hydra. Comme Brando, alias Johnny pilotant une Triumph Thunderbird, les jeunes américains préfèrent les rapides et maniables motos britanniques aux grosses Hydra chevauchées principalement par les « cops ».

Triumph écoulera durant cette décennie et la suivante jusqu’à 70% de sa production outre-Atlantique.

Harley-Davidson voit ses parts de marché fondre année après année.

Production : 12.431 ex.

1954

Le jeune californien, Joe Leonard gagne 8 épreuves de la première saison du championnat AMA « Grand National »sur une KR préparée par Tom Shifton.

Il devient le premier pilote de l’Histoire à s’emparer du fameux « Number One ». Il sera de nouveau couronnée « roi de l’anneau » en 1957 et 1958 et remporte les éditions 1957 et 58 des 200 miles de Daytona.

Le flat track devient la chasse gardée de la Motor Compagny : Entre 1954 et 1966, seul Dick Mann en 1963 sur une BSA fait barrage au KR. Sur route, la KRTT fait des 200 miles de Daytona sa chasse gardée: Entre 1953 et 1965, la plus prestigieuse des courses américaines échappe par deux fois en 1954 et 1962 aux pilotes de la firme de Milwaukee.

Production : 10.568 ex.

1955

Peu de changement sur le FL cubant toujours 1200 cm3 ou 74 cui, si ce n’est l’apparition d’un nouveau couvercle de transmission primaire et un médaillon en forme de V sur le garde boue avant de toute la gamme. Un ultime cadre rigide fait son apparition sur les Big Twin surnommé « Straightleg ».

Production : 10.686 ex.

1956

Sur le numéro de mai « The Enthusiast », Elvis Presley pose sur un KH. Le numéro de septembre annonce la sortie d’un modèle révolutionnaire pour la marque: Le Sportster équipé d’un bloc moteur (moteur et boîte intégrée) culbuté de 883 cm3 (55 ci) à quatre arbres à une came .

La génératrice du modèle K cède sa place à une magnéto qui équipera le Sportster jusqu’au millésime 1969.

Production : 11.926 ex.

1957

1957  « A Star Is Born ! »

Le Sportster fait sa première apparition dans le numéro de février du magazine « The Enthusiast« .

Le Sportster conserve le cadre du modèle K mais il reçoit un V-Twin inédit à distribution culbutée. Tout comme le  K model , chaque soupape est actionnée par un arbre à une came. Le moteur est de type bloc moteur ; autrement dit boîte et moteur font partis d’un même bloc.

Harley-Davidson a vu juste ! Cette petite moto aux formes et aux dimensions très anglaises est d’entrée de jeu la moto de la gamme la plus rapide et la plus légère du constructeur.

Produite sans discontinuité, le Sportster est le plus grand succès commercial de la Motor Compagny ! Cette moto permettra à Harley Davidson de « garder la tête hors de l’eau » lors de l’invasion nippone des années 70-80.

3 Juin 1957: Dick O’Brien, futur directeur du Racing team et père des XR intègre le service course.

Abandon de la fourche Springer sur le Servi-Car et dernier millésime des Big Twin rigide.

Ci-Contre: Joe Leonard s’envole vers son troisième « Number One ».

Production : 13.079 ex.

1958

duo glide harleyLancement de la Duo Glide.

Les Big Twin sont entièrement suspendus. Un nouveau cadre baptisé « stepdown » construit jusqu’en 1964 permet le montage d’un bras oscillant équipé de deux amortisseurs.

La Duo Glide inaugure une pléthore de nouveautés dont un garde-boue arrière redessiné, un nouveau pare chaîne, ainsi que la commande hydraulique du frein arrière. Elle est vendu 1,255.00 $.

Une version affutée du Sportster voit le jour. C’est le Sportster model H qui « braconne » sur les terres des vertical twins british. Pour l’occasion, il  gagne 12% en puissance grâce à un haut moteur revu (taux de compression porté à 9:1) et de nouveaux culbuteurs.

Carroll Resweber remporte son premier championnat « AMA Grand National » sur les quatre titres consécutifs qu’il gagnera.

– Ci-contre: Départ des 200 miles de Daytona 1958 gagnés par Joe Leonard: Le tracé mixte de 3,2 miles emprunte 1,5 miles de plage et 1,5 km de route bitumée.

En 1961, les 200 miles s’installent sur le circuit artificiel du Daytona International Speedway.

Production : 12.676 ex.

1959

Le directoire de la Motor Company présente son seul et unique (à ce jour !) scooter jamais construit :  le Topper.

-Victoire à Daytona de Brad Andres.

Production : 12.347 ex.