moto personnalisée et législation

Personnalisation moto : qu’est ce qui est permis ?

Dernière révision:

La France a une politique proche de l’autisme en ce qui concerne la personnalisation d’une motos. Pourtant, les professionnels croulent comme jamais sur les pièces permettant de préparer « sa belle » depuis l’émergence du phénomène « café racer » autour de 2010.

La pratique de la customisation à l’étranger

Les pays anglo-saxons (USA et Grande-Bretagne) sont très libéraux en la matière alors que la Suisse et de l’Allemagne ont une approche plus pragmatique. Ces deux pays encadrent la modification des motos grâce à leurs services d’homologation. La DTC pour la Suisse et la TÜV pour l’Allemagne réceptionnent accessoires et machines modifiées avec à la clef un tissus de PME et…des emplois !

D’ailleurs, la TÜV a quelques appétits sur le serpent de mer que représente le contrôle technique pour les motos dans l’Hexagone.

Chez nous, la préparation se pratique selon la règle « du pas vu pas pris » mâtinée d’une certaine tolérance des forces de l’ordre. 

Qu’est-ce que l’homologation d’une moto ?

Réception ou homologation d’une moto de série peut désormais se faire dans n’importe quel état de l’Union Européenne et est reconnu par les 27 états membres.

En France, c’est le CNRV (Centre National de Réception des Véhicules) qui la délivre et c’est l’UTAC (Union Technique de l’Automobile et du Cycle) basée à Montlhéry qui est en charge de la partie technique.

Ces deux services effectuent une batterie de tests et de mesures sur la partie-cycle et le moteur. Il listent également au millimètre près la position du moindre accessoire.

Un grand nombre des informations collectées par le CNRV sont reportées sur le certificat d’immatriculation, anciennement la « carte grise ».

Les modifications autorisées sur une moto

modification moto

Contrairement à une idée répandue, certains changements sont permis sur une moto notamment ceux liés à la position de conduite. Cette dernière doit s’adapter à toutes les morphologies afin d’apporter du confort, mais surtout de la sécurité au motard.

1 – La selle peut donc être modifiée à volonté afin de s’adapter avec tous les gabarits.

2 – Toujours dans un même esprit, modifier la position de conduite de sa machine est parfaitement légal. Ainsi, la greffe d’une paire de guidons bracelets et de commandes reculées dans le cadre d’une prépa café racer ne vous expose à aucune sanction.

3 – Les leviers et maîtres-cylindres peuvent être remplacés par de l’adaptable, mais il est interdit de remplacer un maître-cylindre axial par un modèle radial .

4 – Les éléments de carrosserie comme le réservoir ou le carénage peuvent être peints, changés ou modifiés à volonté à partir du moment où ils ne comportent aucune arrête coupante. Le montage d’un sabot moteur, de flancs de carénages ou d’un pare-brise est légal.

5 – Le compteur kilométrique peut être troqué pour un modèle d’après vente. Ce dernier doit posséder l’intégralité des témoins (clignotants, phare…) présents sur l’élément de série. Bien entendu, il doit afficher le kilométrage et la vitesse.

6 – Il est parfaitement légal de remplacer la ligne ou l’embout d’échappement d’origine par un élément conçu par un accessoiriste à partir du moment où il respecte les normes d’émissions sonores et de pollution mentionnées sur le certificat d’immatriculation.

Ce qui est interdit sur une moto (ou le plat de résistance)

personnalisation moto

1- Il est interdit, comme c’est le cas sur la plupart des préparations tant café racer que scrambler ou bobber, de couper d’un coup de disqueuse la boucle arrière du cadre.

2 – Il est interdit de remplacer la fourche par un modèle plus performant ou plus moderne comme une fourche inversée.

En revanche, il est permis d’optimiser les performances de la fourche d’origine en changeant la viscosité de l’huile et en montant de nouveaux ressorts internes plus performants (kit fourche). Les tés de fourche peuvent être remplacés par un kit taillé dans la masse si ses cotes sont identiques à l’élément de série.

3 – La pratique consistant à monter un jeu d’amortisseurs plus courts afin de donner une dégaine « bobber » n’est pas autorisée car elle modifie l’assiette. Par contre, vous pouvez installer des amortisseurs plus performants à partir du moment où ceux-ci respectent scrupuleusement les dimensions du modèle d’origine.

Passer d’un combiné à un monoamortisseur ou greffer un monobras sont des pratiques à oublier.

4 – Le système de freinage doit rester strictement d’origine. Le montage d’un frein à disque à la place d’un tambour, un disque au diamètre majoré ou un étrier avec un plus grand nombre de pistons est prohibé. Idem pour la greffe d’un ABS !

Le législateur autorise des Durits et des plaquettes plus performantes.

5 – Les dimensions des pneus et des jantes doivent être strictement identiques au PV d’homologation.

Il est interdit dans la préparation d’une japonaise des années 80/90 de s’affranchir des jantes de 18,19 ou 16 pouces dont les pneumatiques font généralement appel à des gommes d’ancienne génération.

Par contre, le remplacement des jantes à bâtons par des modèles à rayons si celles-ci conservent scrupuleusement les dimensions d’origine ne pose pas de souci.

Au niveau des montes pneumatiques, peu de motards respectent cette réglementation car une bande de roulement large est plus valorisante sur un café racer et s’avère facile à mettre en œuvre. Cette pratique peut s’avérer dangereuse si vous êtes « trop gourmand »…

6 – Bien entendu toute préparation moteur même légère (stage 1) est à oublier. Seul un filtre en coton type K&N « gros débit » est toléré.

7 – Il existe un flou juridique à propos des phares, des clignotants et des rétroviseurs homologués proposés par les accessoiristes. Ceux-ci devraient être montés sur les mêmes points d’ancrage et avec le même écartement que ceux de série.

Tout aussi incohérent, Il n’est pas possible de monter les rétroviseurs de série avec l’écartement relevé par l’UTAC si l’on installe un jeu de guidons bracelets pourtant parfaitement autorisés par le législateur !

8 – Contre toute logique, il est interdit de remplacer un éclairage à filament par un système à LED pourtant plus sûr.

Que risque-t-on ?

« La loi est dure, mais c’est la loi » comme disaient les anciens ! En cas de contrôle, le motard peut écoper d’une amende forfaitaire de 4e classe de 135 € associée à la perte de 1 à 6 points sur le permis de conduire.

La revente d’une moto transformée expose le particulier à 6 mois de prison et 7 500 € d’amende. La note est encore plus salée pour le professionnel s’il vend une moto non conforme à son certificat de réception puisqu’il risque jusqu’à 2 ans sous les barreaux et 30 000 € d’amende.

Est ce que mon assurance me couvre sur mon café racer ?

La jurisprudence stipule que si l’accident est directement lié à une modification notable de la moto inscrite sur la carte grise, l’assureur peut ne pas vous couvrir.

mi, luctus Donec elit. commodo at dictum Aenean Phasellus ut in ut