Moto Guzzi V50 cafe racer

Moto Guzzi V50 III café racer par Horizontal Moto

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Pour le centenaire (1921-2021) de la création de Moto Guzzi, il me paraissait opportun de mettre en avant ce petit constructeur qui propose des machines toujours construites en Europe. Une chose suffisamment rare pour être soulignée…

Le small block Guzzi : un moteur malin à l’incroyable longévité

Les Moto Guzzi V50 et V35, qui seront produites de 1977 à 1981, conservent l’architecture moteur de la V7 de 1969 : un V-Twin à 90° face à la route doté de 4 soupapes culbutées, d’une boîte séparée et d’une transmission finale par cardan. Elles seront déclinées en 2 versions  roadster (V35 & V50) et semi-carénée (V35 Imola & V50 Monza) et même en trail (V35 TT).

Un V-Twin conçu sous le signe des économies

Pour réduire les coûts de fabrication, les 350 et 500 cm3 Moto Guzzi utilisent un piston de type Herron dont la calotte en creux fait office de chambre de combustion. A cette solution technique peu efficiente s’ajoute « l’oubli » de la gestion des turbulences en son sein.

Une conception rationnelle

La principale innovation sur le petit bloc Guzzi est une simplification extrême de la transmission que l’on retrouve dans les actuelles Moto Guzzi V7 et V85TT. L’arbre caché par un bras en aluminium moulé et le cardan ne forment qu’une unique pièce directement associée à la boîte de vitesses. Le groupe propulsif peut être désolidarisé du cadre en quelques minutes. La V50 adopte également un embrayage simple disque à diaphragme.

Des performances pourtant proches d’une Le Mans 850

Fort logiquement, elle paye lourdement ce haut moteur peu performant. « Dans la vraie vie », elle ne délivre que 27 ch contre 42 à 45 ch pour ses rivales (Honda CX 500, BMW R65 et Ducati Pantah 500). Grâce à sa transmission « cartésienne », cette machine aussi légère qu’une 125 cm3 moderne (152 Kg) peut accrocher les 175 km/h. À titre de comparaison, la Le Mans 850 pourtant forte de 71 ch mais avec 198 Kg à sec ne prend que 200 km/h…

Ajoutez que la Moto Guzzi V50 utilise la meilleure partie-cycle des 70’s (une version réduite du cadre Tonti conçu pour la Moto Guzzi V7 Sport) et son freinage est excellent (2 disques de 260 mm à l’avant).

Cette moto s’avère donc une candidate idéale pour un café racer.

Les évolutions : MK2 et MK3

Apparaîtront en 1979 la Moto Guzzi V50 II (cylindres traités Nikasil & nouvel allumage) puis en 1981 la V50 III qui reçoit 160 modifications par rapport à la Mark II ( pour MKII) dont 2 Dell’Orto de 28 mm (24 mm par le passé) et un taux de compression réduit améliorant le couple à bas régime.

La Moto Guzzi V50 Prototyp 1

Cette préparation baptisée Prototyp 1 ou « Prototype 1 » en français, a été construite par l’atelier Horizontal Moto situé à Vienne (Autriche).

Le réservoir d’essence aux lignes rétrofuturistes a naturellement été conservé. L’excellent cadre double berceau n’a subi aucune modification notable. On notera qu’il permet accessoirement de tomber le bloc moteur en moins d’une heure ! Une « broutille» qui classe Lino Tonti au panthéon des grands ingénieurs moto…

Moto Guzzi café racer

Esthétiquement, il est l’archétype d’un châssis de café racer avec ce trait parfaitement parallèle à la route qui relie le cuvelage de phare au dosseret.

Il ne subit donc aucune modification notable si ce n’est l’ablation de sa partie arrière. Le small block de 490 cm3 et la boîte sont simplement révisés.

Le circuit électrique (le mal endémique des Italiennes de l’époque) a été totalement refait et simplifié. Il adopte quelques belles pièces issues du catalogue Motogadget (commodos et compteur de vitesse). Une selle en cuir suédée réalisée par l’atelier viennois Leonardo apporte la touche finale à cette préparation.

Horizontal Moto démontre qu’un projet café racer réussi, c’est d’abord et avant tout le choix d’une bonne base.

Je vous renvoie à l’article, « Quelle base pour un café racer ? » si vous désirez creuser la question.

Crédit photo : ©jellybean.at & Horizontal-moto.com