La Honda FT 500 Ascot fait partie des plus grands ratages dans l’histoire de la moto.

La Honda FT 500 Ascot

Honda FT 500 Ascot 1982

Le cahier des charges de la Honda FT 500 Ascot était de décliner le trail XL 500 en une version à vocation routière comme l’avait fait Yamaha avec la SR 500.

En 1978, la firme aux trois diapasons avait conçu une élégante routière à la facture très britannique équipée du monocylindre de 499 cc  de la XT 500: la SR 500.

Elle permet aux motards de renouer avec les joies d’une moto simple alors que débute la course à la puissance avec des moteurs de plus en plus sophistiqués.

La Yamaha SR 500 s’inspire des gromonos britanniques des années 50 et 60 (Velocette, BSA, Ariel ou Matchless) et Honda choisit une toute autre orientation.

La FT 500 Ascot met le cap à l’Ouest et décide d’exploiter les codes esthétiques des motos courant en flat track.

Comme dans l’expression, « C’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus », pour la Honda, tout est dans l’intitulé de la moto : « FT 500 Ascot ».

les deux lettres « FT » signifient « Flat Track » et « Ascot » fait référence à l’un des circuits les plus connus de cette discipline.

Ce positionnement marketing sera désastreux car à l’époque, c’est la griffe « Paris-Dakar » qui fait vendre ! De plus, aucun motard européen ne connait ce sport exotique…

Même pour un américain féru de flat track, il lui faut beaucoup d’imagination pour reconnaitre sous les traits de la Honda FT 500 Ascot un quelconque racer !

Au final, la Honda FT 500 Ascot fera pschitt des deux cotés de l’Atlantique et ne sera au catalogue du constructeur que durant deux années (1982 et 1983) alors que la carrière de la Yamaha SR 500 se poursuivra avec une ultime version jusqu’en 2016 (sic).

Un gros mono aux qualités pourtant indéniables

Pourtant au niveau technique, Honda, en grand motoriste que l’on sait, proposait un monocylindre nettement plus moderne et plus facile à vivre que celui des Yamaha SR/XT 500. Le gromono de 498 cc Honda équipant également le trail XL était richement doté  avec un balancier d’équilibrage absorbant les vibrations moteur, 4 soupapes et surtout un démarreur électrique. Ce monocylindre est malgré la présence d’un arbre d’équilibrage plus puissant (34,5 ch) que celui de la Yamaha (31,5 ch).

La préparation

Honda FT 500 Ascot custom flat track

L’atelier MotoRelic Custom Cycles situé à Hamilton ( Virginie) a donc relevé le challenge de créer un flat tracker « hooligans » à partir d’une Honda FT 500 Ascot de 1982.

Je vous spoile (ou vous dévoile) tout de go la fin de l’article : Le résultat de la préparation du bouclard virginien est une vraie réussite nous faisant oublier l’aspect de quasimodo de cette moto.

Comme c’est de coutume pour toute préparation d’envergure, l’atelier MotoRelic Custom Cycles situé à Hamilton ( Virginie), a sorti de son cadre le monocylindre.

Le cadre

Les sabres ainsi que les pattes inutiles ont été tronçonnés. MotoRelic a façonné une boucle arrière arrondie en courbant un tube d’acier qui sera soudé au cadre.

Le bouclard américain a réalisé une coque arrière reprenant le design des motos de dirt track en aluminium comme la Harley-Davidson XR 750. Les deux porte-numéros sont dans le même alliage.

Le réservoir

Le réservoir de série cède sa place à un modèle provenant d’une Suzuki TS 250. Cette greffe est le point central de la préparation.

Etant donné qu’il faut créer ex nihilo la totalité de la partie basse du réservoir afin qu’il se greffe au cadre, MotoRelic a façonné un profond tunnel donnant à la Honda des lignes enfin en adéquation avec le propos de cette moto : le flat track.

Flat racer honda XL 500 gromono hooligan

La Selle

Un peint de mousse a été posé sur la Honda FT 500 Ascot. Il a été dégrossi puis sculpté jusqu’à obtenir la forme se mariant au mieux avec le réservoir et le dosseret.

Le support avant de phares à LEDs

Une autre pièce créée par l’atelier de Virginie démontre le soin du détail qui a prévalu durant cette préparation.

Il s’agit de la plaque avant accueillant les deux feux à LEDs faisant office de code et de plein phare. Ce support en aluminium a dû être sous-traité car il est en trois dimensions (on notera que les bordures de cette plaque sont courbées vers l’arrière de la moto) et a nécessité une presse hydraulique pour sa conception.

La peinture

Honda HRC couleurs
La Honda FT 500 Ascot réalisée par MotoRelic est aux couleurs du HRC afin de donner un look racing au flat tracker.

Bound Cycles de Woodbridge (Virginie) a effectué un travail de peinture dès plus remarquables. L’artiste s’inspire des couleurs du Honda Racing Corporation (le département course de Honda) soient bleu, blanc et rouge.

Il a su insuffler à la charte graphique du HRC un coté vintage avec les jantes de la Honda FT 500 Ascot simplement repeintes en dorée qui font écho à des filets de la même couleur présents sur le réservoir et la coque arrière. Le blanc abandonne sa froideur clinique grâce à une tonalité nacrée. Toujours dans un esprit old school, le réservoir se pare du logo Honda ailé des seventies.

La partie-cycle

Honda Flat Track Hooligans
Cette Honda réalisée par MotoRelic est le parfait exemple de flat tracker « Hooligans ». Ce terme désigne des routières modifiées pour le dirt track.

La fourche avant de 37 mm de diamètre est raccourcie de 10 cm alors que les amortisseurs sont désormais réglables en contrainte comme en détente.

MotoRelic conserve les jantes d’origine simplement recouvertes d’une peinture dorée donnant un aspect vintage voulu. Elles sont chaussées en pneus de type trail de la marque Shinko modèle 705.

Le moteur

Le monocylindre a simplement été reconditionné à neuf en recevant un kit de joints neufs dont celui de culasse. Le moteur a été repeint puis remonté avec un kit de boulonnerie en acier inoxydable.

L’embrayage reçoit de nouveaux disques et ressorts. La préparation se limite au montage d’un collecteur maison en acier inoxydable partiellement recouvert d’une bande thermique. Un silencieux générique se charge de limiter quelque peu le nombre des décibels. Selon MotoRelic, la sonorité du thumper (petit nom donné par les américains aux monocylindres) est identique à celle d’une moderne Honda CRF 450.

Le filtre à air est une cartouche filtrante en mousse de Uni Filter. La petite batterie lithium-ion Shorai placée sous la selle fournit suffisamment de watts pour permettre de démarrer confortablement le monocylindre.

Les possesseurs de XT/SR 500 qui ne se démarrent qu’au kick comprendront sans mal pourquoi j’utilise le vocable « confortablement » car avec les Yamaha, c’est « gaffe au tibia »!

Un circuit électrique simplifié

Honda dirt track

Cette moto de pur loisir ou d’entertainment, mais n’est-ce pas le cahier des charges de la Honda FT 500 Ascot, se passe de compteurs, de clignotants ou de klaxon. Seul, une barre de LEDs placée au niveau de la boucle arrière fait office de feu de position et de stop. Le guidon de dirt bike n’accueille désormais qu’un bloc de comodos situé à droite.

Il est très courant qu’une préparation soit injustifiée car la moto de série est d’origine remarquable. Avec la Honda FT 500 Ascot, la chose est tout autre car cette moto est aussi gracieuse qu’une Fiat Multipla.

L’atelier MotoRelic a su transformer cette citrouille (vite oubliée) en un carrosse parmi les plus réussis du clan des « hooligans », ces motos de route transformées pour rouler sur les ovales de terre battue.

dirt tracker hooligan

D’ailleurs, oseriez-vous mettre cette reine de beauté sur un circuit de dirt track ?

Crédit photo/ Courtesy of : MotoRelic Custom Cycles

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