Harley-Davidson XA 750

Harley-Davidson XA 750 : la moto bizarre, bizarre !

La Harley-Davidson XA pour « Expérimental Army » est une moto peu connue, mais elle a pourtant apporté son lot de nouveautés aux futurs modèles civils. Nous verrons ceci plus avant.

Les origines et le contexte

Elle est la réponse à un appel d’offres lancé par le département de la défense américain à l’automne 1942.

Indian y participe également avec le Model 841 propulsé par un V-Twin perpendiculaire à la route. Cette architecture moteur atypique est en tout point identique à celle des Moto Guzzi de la fin des années 60.

Harley-Davidson militaire

Cet appel d’offres fait suite à l’entrée en guerre des États-Unis après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941. En Europe, le conflit s’est déplacé depuis 1941 en Afrique du Nord où l’Africakorps de Rommel taille des croupières aux troupes britanniques.

Le cahier des charges de la Harley-Davidson XA

Le département de la défense américain est particulièrement impressionné par les capacités de la BMW R71 de la Wehrmacht qui est pourtant une moto civile contrairement à la R75 culbutée purement militaire.

La motorisation de la Harley-Davidson XA

Flat Twin Harley-Davidson
L’une des rares Harley-Davidson alimentée par deux carburateurs (de marque Linkert)

Avec la XA750, Milwaukee « singe » sans complexe la BMW R71 (à la guerre comme à la guerre !).

La Harley-Davidson XA 750 est propulsée par un bicylindre à plat à refroidissement par air de 738 cm3 (ou 45 cui) à soupapes latérales.

Cette architecture moteur permet une baisse de la température d’huile de 38° à 4.600 tr/mn par rapport au Flathead de la WLA !

Cette moto transmet ses 23 chevaux à la roue arrière par une transmission finale par arbre et cardan. Cela limite grandement l’entretien lors de son déploiement prévu dans les déserts de Tunisie et de Libye.

De plus, un Flat Twin ménage un centre de gravité placé plus bas qu’un V-Twin favorisant les évolutions en tout-terrain.

La Harley-Davidson XA 750 : un laboratoire pour les futurs modèles civils

Harley-Davidson 750 XA
Des jantes pleines comme un certain Fat Boy !

Cette moto, qui n’est pas le premier flat twin du constructeur ( Sportwin de 1919) inaugure des solutions techniques inédites :

C’est la première Harley-Davidson entièrement suspendue avec des tubes coulissants à l’arrière et elle dispose également d’une avance à l’allumage automatique.

Dès mars 1943, la XA 750 abandonne la fourche springer empruntée au Flathead 74 cui pour une fourche hydraulique. Et en 1949, cette dernière équipe le Panhead donnant à cette moto le nom d’Hydra-Glide, « Hydra »  pour hydraulique. CQFD !

Pour favoriser, les tirs à la mitraillette Thompson tout en roulant, l’ergonomie de la XA 750 est celle d’une moto moderne ! Le passage des vitesses traditionnellement manipulé au réservoir est abandonné au profil d’un sélecteur au pied (gauche). Ce placement des commandes équipera le Model K en 1952.

De façon anecdotique, elle fait partie avec le Sportster XR1000 de 1983 et le racer XR 750 du club très fermé des Harley-Davidson à doubles carburateurs.

Et de façon non moins anecdotique, l’US Army prendra la livraison de 60 exemplaires pourvus de jantes pleines jugées plus solides en tout-terrain. Ne doutons pas que lorsque Willie G. Davidson avait en tête cette moto lorsqu’il dessina l’iconique Fat Boy de 1990.

La carrière de la XA750

Harley-Davidson Experimental Army 750
Le nerf de la guerre : le cardan.

Entre 1942 et 1943, un peu plus de 1000 exemplaires de la XA 750 seront assemblés pour évaluation.

En 1942, Harley-Davidson réalise quelques versions side-cars baptisées « XS750 ». La roue supportant le panier est motrice grâce à l’emploi d’un arbre transversal et de pignons.

Ce trois roues se différencie du modèle solo par la monte de pneus Firestone avec d’impressionnants crampons, un tansad et un système d’échappement relevé.

Suite à la défaite des forces de l’Axe en Afrique du Nord en novembre 1942, le sort du Flat Twin Harley est scellé : l’armée américaine n’a plus l’utilité d’une telle moto et le programme est abandonné au début de 1943.

Les XA 750 ne connaîtront donc jamais le baptême du feu et en 1946, elles seront vendues comme surplus.

Celle qui disqualifia la XA 750 : la Jeep

soldat en Harley-Davidson XA
La XA 750 en phase de tests quelque part aux Etats-Unis.

Dès 1941, le Département de la Défense fait le pari gagnant « de mettre le paquet » sur une automobile légère à quatre roues motrices. C’est la Jeep MB imaginée par Willys-Overland Motor Co à Toledo (Ohio). Les usines Willys et Ford en construiront 637.000 exemplaires !

Les avantages de la Jeep par rapport à la Harley-Davidson XA 750 sont nombreux. Ses capacités d’emport d’hommes et de matériels sont tout autre. Sa prise en main et sa maintenance sont à la portée de n’importe quel G.I.

Les besoins en moto (police militaire et estafette) seront assurés par les WLA (88.000 exemplaires produits pour toutes les forces alliées) nettement moins onéreuses et plus simples à entretenir que la XA 750.

sidecar Harley-Davidson
Le sidecar XS 750 à deux roues motrices : beau bestiau !

De plus, il n’est pas sûr que Harley-Davidson et a fortiori Indian (déjà fort mal en point) avec le Model 841 aient les moyens matériels et techniques pour bouleverser les chaînes d’assemblage dans un laps de temps très court.

La XA 750 : le vilain petit canard de Harley-Davidson

Seulement 60 exemplaires de la XA 750 auraient survécu aux affres du temps. Malgré ce faible chiffre, cette moto considérée comme une pâle copie d’un brave utilitaire allemand n’a ni la cote auprès des enthusiasts vaccinés à « Saint V-Twin » ni auprès des amateurs de militaria.

Cet E.T., pardons XA, se négocie pour environ 30.000 euros. Cette faible valeur, pour une moto très rare, s’explique par le fait que l’on peut dégotter une réplique neuve de la BMW R71 chez Ural (Russie), Dnepr (Biélorussie) ou en Chine avec la Changjiang 750.

Fiche technique de la Harley-Davidson XA

  • Moteur : bicylindre à plat de 738 cm3 ou 45 cui à deux soupapes latérales par cylindre
  • Alésage x course (en mm) : 77,8 x 77,8
  • Taux de compression : 5,7:1
  • Alimentation : deux carburateurs Linkert
  • Puissance : 23 ch à 4600 tr/mn
  • Allumage : batterie 6 V et bobine
  • Démarrage : au kick placé à gauche
  • Embrayage : monodisque à sec
  • Bougies :14 mm
  • Boîte de vitesses : 4 rapports

Partie-cycle 

  • Fourche : Springer identique aux 74 cui puis télescopique conçue par Harley-Davidson
  • Suspension arrière : tubes coulissants
  • Freinage avant & arrière : à tambour
  • Pneu : 4×18
  • Empattement : 1500 mm
  • Hauteur de selle : 760 mm

Divers

  • Réservoir d’essence : 15,5 litres
  • Autonomie : 241 km
  • Huile : 1,9 litre
  • Poids : 238 kg
  • Garde au sol : 155 mm
  • Vitesse de pointe : 105 km/h
  • Porte-paquet : Il peut recevoir une radio de 18 kg

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