Choisir son casques moto : le guide complet

Choisir son casque moto : le guide complet

Dès le tout début du XXe siècle, la sécurité des motocyclistes entrainant les cyclistes sur les vélodromes est prise en compte. Venu des États-Unis, Le casque en cuir bouilli est la première protection de la tête connue.

Comme il s’avère inconfortable du fait de son poids., les motocyclistes portaient plus communément un bonnet en cuir dont le rôle premier était de les protéger du vent.

Un peu d’histoire

casque moto vintage

Les Britanniques en précurseur

En 1914, le Docteur Eric Gardner s’alarme de la mortalité liée à des commotions cérébrales sur le circuit de Brooklands. Il fait confectionner dans la foulée un casque rudimentaire dans une épaisse toile noyée dans de la résine de cochenille (une matière naturelle aux propriétés proche du plastique). Devenu obligatoire lors du Tourist Trophy 1914, l’épreuve n’enregistrera aucune commotion cérébrale.

Le décès en 1935 de T.E Lawrence plus connu sous le nom de « Lawrence D’Arabie » et véritable héros national sera un électrochoc au Royaume-Unis car sa mort aurait pue être évitée s’il avait porté un couvre-chef. Suite à cela, les estafettes de l’armée britannique

porteront un casque Cromwell vert olive lors de la Seconde Guerre mondiale,

La démocratisation du casque

En 1954, la firme italienne AGV produit le bol modèle 160 et deux ans plus tard son premier jet, Toujours en 1956, Bell commercialise le jet TX-500. C’est un pas de géant en terme de sécurité car ces casques conçus en fibre de verre ne coûtent quasiment rien à produire.

Les années 80 marquent l’arrivée en occident des firmes japonaises Arai et Shoei. La première propose dès 1993 une garantie de 5 ans alors que la seconde introduit la fibre de verre et le carbone.

En France, le port du casque devient obligatoire sur route le premier juillet 1973.

1. Généralités & idées reçues

Selon une étude menée par le gouvernement et relayée par le Magazine-Assurance.fr, le port du casque est le premier élément de sécurité du motard puisqu’il protège l’organe le plus important du corps humain : le cerveau.

normes casque homologuées
  • Un casque homologué au sein de l’Union Européenne est régi par la norme ECE 22.05.
  • Rouler avec un casque non-homologué vous expose à une amende de 4e catégorie de 90 à 375 € et à un retrait de 3 points sur votre permis.
  • Les stickers réfléchissants doivent être apposés sinon le casque n’est pas homologué ! Il existe des autocollants rétro réfléchissant noirs homologués qui sont totalement invisibles.
  • Ne jamais acheter un casque d’occasion !
  • Contrairement à une idée reçue, un casque n’a plus de date de péremption car Il est désormais recouvert d’un verni protecteur contre les UV et les hydrocarbures .
  • Il devra être changé lorsqu’il commence à flotter car les mousses internes se sont avachies.
  • Pour un voyage en moto, on choisira impérativement un casque intégral qui associe confort et sécurité.
  • Changez-le au moindre choc !

2. Les différentes parties d’un casque

casque dossier complet
  • 1- Calotte ou coque externe
  • 2- Une calotte interne ou calotin
  • 3- Une coiffe
  • 4- Une attache ou jugulaire
  • 5- Peuvent s’y ajouter : un écran, une visière ou des rembourrages sur les intégraux et les modulaires

a. Coque ou calotte externe

Cette partie dure protège le crâne de l’impact et des glissements du casque sur la chaussée en dispersant l’onde de choc produite lors du contact avec le sol.
La matière de la coque externe d’un casque moto peut être constituée de trois différentes matières qui vont changer le volume du casque, son poids et son prix.

Pour des raisons esthétiques, elle peut être déclinée en plusieurs tailles pour s’adapter à votre morphologie et elle devra être nettoyée uniquement à l’eau savonneuse.

a.1 → La coque en polycarbonate

Ils s’agit des modèles d’entrée de gamme qui sont obtenus par injection de matière plastique dans un moule et qui sera par la suite verni.

  • Un intégral en polycarbonate est plus lourd (environ 1500 gr) à performances équivalentes que son homologue en fibre de carbone (1200-1300 gr).
  • Ce poids génère de la fatigue musculaire au niveau du cou et des vertèbres cervicales.
  • Il est moins résistant à l’impact qu’un élément en fibre de carbone.
  • Il est fortement déconseillé pour les enfants, par nature très fragile au niveau du rachis cervical (cerveau plus premières vertèbres).
  • Afin de compresser au maximum les coûts, ils ne sont souvent proposés qu’avec une seule taille de calotte.

Depuis quelques années, les casques en fibre de carbone tendent à se démocratiser avec des prix qui baissent année après année. On en trouve désormais dés 350 €.

a.2 → La coque composite

Elle est constituée d’un mélange de matériaux composites (carbone, kevlar, fibre de verre, aramide Dyneema). Son poids est entre les polycarbonate et les carbones. Généralement, le fabricant fait un savant mélange entre ces fibres car chacune a ses avantages. Ainsi, la fibre de verre est très résistante à l’impact mais elle est lourde.

a.3 →  La coque en fibre de carbone

Les casques en fibre de carbone équipent la totalité des acteurs de MotoGP. Ils apportent beaucoup de confort aux pilotes qui doivent bouger la tête en permanence à de très hautes vitesses.

  • Légèreté (1305 grammes pour le Sport Shark Race-R Pro Carbon)
  • Sécurité : une coque lourde emmagasine beaucoup d’énergie cinétique qui augmentera lors de l’impact un risque de traumatisme.
  • Volume du casque réduit car le poids réduit nécessite moins de matériau absorbant au niveau de la calotte interne.
  • Prix en constante baisse.
  • Esthétique.

b. La calotte interne ou calotin

Son rôle est d’absorber l’énergie générée par le choc. Elle est composée de matériaux expansés de type polystyrène, polypropylène ou autres. Les casques les plus performants proposent diverses densités et c’est au niveau du calotin que se trouve le système de ventilation.

c. La coiffe

Historiquement, le revêtement intérieur était en cuir mais de nos jours, il est généralement hypoallergénique et antibactérien. La plupart du temps, le tissus est de plus démontable pour être lavé en machine.

Certains modèles haut de gamme proposent des coussinets de joues de différentes épaisseurs qui épousent la forme du visage.

d. L’attache ou jugulaire

Il existe deux types de jugulaires, la sangle qui solidarise le casque avec votre tête avec la boucle double-D et l’attache micrométrique.

  • La boucle double-D est la plus sûre et c’est d’ailleurs la seule homologuée sur circuit.
  • La boucle double-D ne peut être fixée avec des gants.
  • L’attache micrométrique demande un réglage précis lors de la première utilisation mais elle se verrouille par la suite en une seconde. Elle est donc idéale pour les scootéristes ou les motards urbains.
  • L’attache micrométrique nécessite un réglage régulier car les mousses internes se tassent au fil du temps.

e. L’écran ou visière

Cet élément n’est pas présent sur de nombreux casques jet mais on pourra le compléter avec un masque d’inspiration motocross qui apporte un plus en terme de confort.

Il est à noter que les visières de casque de type iridium ou fumées ne sont légales que durant la journée. La nuit et par faible visibilité, seules les visières claires sont autorisées. Il existe des écrans s’adaptant à la luminosité. En cas d’infraction constatée, vous pouvez être verbalisé.

3. Les différents types de casque

a. Les jets

casque moto jet
Casque jet équipé d’une bulle

Il s’agit de casques dits « ouverts » qui ne protègent pas le visage et qui existent sous un grand nombre d’appellations et de formes :

  • bol (non homologué).
  • Casquette biker.
  • Jet vintage.
  • Jet pour maxi-scooter avec écran rabattable protégeant du froid, du vent et des projections.
  • Jet police US, etc.

De ne pas protéger le visage, le casque jet donne un sentiment de liberté et de praticité pour les scooters avec lequel aucun autre type de casque ne peut rivaliser.

Ses avantages sont :

  • Excellente visibilité périphérique.
  • Légèreté.
  • Facilité d’enfilage.
  • Facile à ranger dans le coffre d’un scooter.

b. Les Modulaires ou modulables

casque modulable modulaire

Créé récemment (1998) par  Schuberth, le modulaire est un produit ambitieux car il combine les avantages du jet en s’enfilant aisément comme un jet et la sécurité de l’intégral. Il procure de plus une excellente ventilation en été puisque la partie frontale peut être relevée.

Optez impérativement pour un modèle homologué P/J car les autres certifications correspondent à des casques qui ne sont guère plus sûrs qu’un jet en matière de protection de la face.

Cette homologation caractérise un casque ouvert ou fermé qui garantit une protection de la mâchoire comparable à un intégral

Les avantages et inconvénients d’un modulaire sont :

  • Possibilité d’enfiler facilement une paire de lunettes de vue.
  • Ventilation identique à un jet.
  • Protection supérieure à un jet même pour maxi-scooter.
  • De part son mécanisme de verrouillage-déverrouillage, il est plus lourd qu’un intégral (1600 gr environ) bien qu’un AGV Sportmodular ne pèse que 1347 grammes.

c. Le casque intégral

casque intégral
Le casque intégral voit le jour en 1968 avec le Bell Star

Véritable « carrosserie » de votre boîte crânienne, il est le seul type de casque accepté sur circuit.

Outre son aspect sécuritaire, c’est un cocon qui filtre le bruit due à la vitesse et vous met à l’abri du froid en hivers. Malgré de très net progrès en matière d’aération, le port d’un intégral en été et dans les embouteillages peut être un repoussoir.

4 – L’achat

Un casque neuf doit « se faire » durant un petit quart d’heure avant d’être confortable. Lors de l’achat, il est préférable de choisir un casque qui comprime modérément les joues plutôt qu’un casque qui est d’emblée trop confortable. Ce dernier ne sera pas réellement solidaire de la tête et lors d’un choc, il glissera sur le coté ou sur l’arrière. Un casque fixé par la jugulaire doit bouger très modérément.

En magasin, après avoir fixé la jugulaire, si vous arrivez à passer deux doigts entre le casque et votre crâne, il est alors trop grand pour vous.

Lors d’un achat en ligne, la taille d’un casque de moto se calcule à partir de la circonférence de votre tour de tête prise 2 cm au dessus de vos sourcils. Pour ce faire, prenez un mètre à couture. Reportez cette mesure aux dimensions du fabricant. Si vous êtes entre deux tailles, optez pour la plus petite.

5 – La bonne taille

  • Les fabricants proposent en général des casques pour des tours de tête allant de 52 cm à 60 cm voire 66 cm soit XXS à XXXL.
  • Il existe un large choix de casques désormais adaptés aux motardes.
  • Idem pour les enfants (autorisés comme passager à partir de 5 ans).
  • Les porteurs de lunettes devront impérativement essayer le casque pour voir si les branches ne gênent pas.