Le temps des pionniers

Les premiers pilotes moto à porter un casque un tant soit peu protecteur étaient les pilotes de Boardtrack. Généralement, il s’agissait de casque de football américain. Otto Walker, le premier pilote à gagner une épreuve sur un anneau en lattes de bois à une moyenne de plus de 100 mph (160 km/h), s’était procuré un casque de pilote de chasse de l’armée allemande relativement protecteur pour son temps.

casque : les pionniers

Photo du Wrecking Crew ( le team officiel Harley) prise en janvier 1920 sur le circuit d’Ascot (Californie). Otto Walker ( à l’extrême droite) porte son casque d’aviateur allemand.

Les prémices du port du casque moto voient le jour en Grande Bretagne avec le décès en 1935 de T.E Lawrence mondialement connu sous le nom de « Laurence D’Arabie ».

Ce dernier perdra le contrôle de sa Brough Superior dans la campagne anglaise. Victime de graves lésions cérébrales, l’aventurier et agent secret agonisera quelques jours avant de s’éteindre. C’est un véritable drame national pour le Royaume car l’officier avait le statut de héros national. Les autorités médicales affirmeront qu’il ne serait pas mort s’il avait porté un casque.

Six années plus tard, un couvre-chef relativement protecteur équipe les estafettes de l’armée britannique.

Cromwell Helmets Limited fournit ce casque de couleur Olive Drab (un vert profond). Dès 1926, cette firme avait conçu un casque certes rudimentaire mais déjà dédié à la protection du motard.

Les premiers véritables casques moto voient le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Les marques les plus connues sont AGV (pour Amisano-Gino-Valenza) pour l’Italie, Bell pour les USA et Cromwell que nous avons mentionné plus haut. Nous pourrions citer quelques acteurs de second plan comme Lewis Leathers (GB) ou Buco (USA) ; tous deux très connus pour leurs blousons en cuir.

Gino Amasinano, le fondateur d’AGV sort en 1954 son premier casque dans la même fibre de verre que l’habillage du triporteur Ape de Piaggio. Ce casque bol est baptisé modèle 160.

L’américain Bell dévoile en 1956 son premier casque de type jet avec le TX-500.

Sur route et en France, le port du casque devient obligatoire relativement tardivement, le premier juillet 1973.  Aux USA, il n’est obligatoire que dans certains états !

  1. Généralités & idées reçues
  2. Un casque comporte au moins quatre parties
  3. Les types de casque
  4. Trouver la  bonne  taille

1. Généralités & idées reçues

Le casque a pour rôle de protéger l’organe le plus important du corps humain : le cerveau.

normes casque homologuées

  • Les normes d’homologation actuelles sont régis pour la France par la norme ECE 22.05. Rouler avec un casque non-homologué vous expose à une amende de 4ème catégorie de 90 à 375 € et à un retrait de 3 points sur votre permis. Les stickers réfléchissants doivent être apposés sinon le casque n’est pas homologué ! Pour 10,90 €, la société VLUO propose des autocollants rétro réfléchissant noirs homologués qui sont invisibles sur un casque noir.
  • Ne jamais acheter un casque d’occasion !
  • Contrairement à une idée reçue, un casque n’a pas de date de péremption mais il devra être changé impérativement en cas d’impact ou lorsqu’il commence à flotter car les mousses internes se sont avachies.

2. Un casque comporte au moins quatre parties

casque dossier complet

  • 1- Calotte ou coque externe
  • 2- Une calotte interne ou calotin
  • 3- Une coiffe
  • 4- Une attache ou jugulaire
  • 5- Peuvent s’y ajouter : un écran, une visière ou des rembourrages sur les intégraux et les modulaires

a. Coque ou calotte externe

Cette partie dure protège le crâne de l’impact et des glissements du casque sur la chaussée. La coque disperse également l’onde de choc générée lors du contact avec le sol.
Elle peut être constituée de différentes matières.

Pour des raisons esthétiques, elle peut être déclinée en plusieurs tailles (2 à 3 voire 5 pour le Bell 500 jet !) pour s’adapter à votre morphologie.

Remarque : La coque doit être nettoyée uniquement à l’eau savonneuse.

Matière de la coque externe

Elle se subdivise en 3 grandes familles qui vont changer la taille du casque, son poids et son prix.

a.1 → Les casques en polycarbonate

Ils sont obtenus par injection de matière plastique dans un moule qui sera par la suite verni. Un intégral d’entrée de gamme en polycarbonate sera plus lourds (en moyenne autour de 1500 gr) que le même modèle en fibre de carbone (parfois sous la barre des 1200 gr).

Dans l’absolu, un casque en polycarbonate sera moins résistant à l’impact qu’un élément en fibre de carbone. Depuis quelques années, les casques en fibre de carbone tendent à se démocratiser avec des prix qui baissent année après année. On en trouve désormais dés 350 €.

Notons que le vieillissement dû aux UV et hydrocarbures des casques en polycarbonate fait partie du passé. Ils sont désormais recouverts d’un verni protecteur contre ces agressions.

Leur prix bas s’explique car leur processus de fabrication est simple et rapide. Afin de compresser au maximum les coûts, ces casques d’entrée de gamme ne sont souvent proposés qu’avec une seule taille de calotte.

Dans l’absolu, un casque en polycarbonate peut être aussi résistant qu’un casque en fibre, mais il sera toujours plus lourd à performances équivalentes. Un casque « lourd » générera de la fatigue musculaire au niveau du cou et des vertèbres cervicales.

Le casque en polycarbonate est fortement déconseillé pour les enfants, par nature très fragile au niveau du rachis cervical (cerveau plus premières vertèbres).

a.2 → Les casques composites

Ils sont constitués d’un mélange de matériaux composites (carbone, kevlar, fibre de verre, aramide Dyneema). Leur poids est entre les polycarbonate et les carbones. Généralement, le fabricant fait un savant mélange entre ces fibres car chacune a ses avantages. Ainsi, la fibre de verre est très résistante à l’impact mais elle est lourde.

a.3 →  les casques en fibre de carbone

Les casques en fibre de carbone équipent la totalité des pilotes de MotoGP. Ils apportent beaucoup de confort aux pilotes qui doivent bouger la tête en permanence à de très hautes vitesses. De plus, chaque gramme grappillé compte dans les sports mécaniques.

Il est bon de signaler que plus une coque est lourde, plus l’énergie cinétique lors d’un impact est importante. Pour la dissiper, il faudra avoir recours à plus de matériau absorbant au niveau de la calotte interne et au final, on accroit le poids final du casque.

Notons que l’importance du poids doit être pondéré car des paramètres comme le confort, l’aération ou l’aérodynamique joue un grand rôle.

b. Une calotte interne ou calotin

Son rôle est d’absorber l’énergie générée par le choc. Elle est composée de matériaux expansés de type polystyrène, polypropylène ou autres. Les casques les plus performants à ce niveau proposent diverses densités. Sur les intégraux, c’est à ce niveau que circule le système de ventilation.

c. Une coiffe

Elle peut être conçue en une grande variété de matière. Historiquement, le revêtement intérieur était en cuir.

De nos jours, il s’agit d’une mousse légère en polystyrène recouverte de tissus qui se doit d’être confortable et autant que faire se peut hygiénique. Sur les casques haut de gamme, le tissus est généralement hypoallergénique et antibactérien. Le tissus est de plus démontable afin d’être lavé en machine.

Certains fabricants proposent des solutions afin que le casque s’adapte au mieux avec la forme de votre visage comme des coussinets de joues de différentes épaisseurs.

d. Une attache

Il existe deux familles de jugulaires (la sangle qui solidarise le casque avec votre tête) :

d.1 La boucle dite en double-D.

Elle est l’attache de la jugulaire la plus efficace et la plus sure. C’est d’ailleurs le seul type d’attache homologuée sur circuit.

d.2 Attache micrométrique

Les deux parties de l’attache micrométrique doivent être réglées avec précision lors de la première utilisation. Le point fort de cette fermeture est qu’elle est idéale pour les scootéristes ou autres motards pressés puisqu’il faut moins d’une seconde pour la verrouiller. De plus, ce système d’attache fonctionne avec des gants d’hivers ; chose impossible avec une attache en double D.

Par contre, son réglage devra être revu régulièrement car les mousses internes se tassent au fil du temps.

e. L’écran ou visière

Cet élément n’est pas présent sur de nombreux casques jet mais on pourra le compléter avec un masque d’inspiration motocross qui apporte un plus en terme de confort.

Il est à noter que les visières de casque de type iridium ou fumées ne sont légales que durant la journée. La nuit et par faible visibilité, seules les visières claires sont autorisées. Il existe des écrans s’adaptant à la luminosité. En cas d’infraction constatée, vous pouvez être verbalisé.

3. Les types de casque

Il existe trois formes de casque : Les jets, les modulables et les intégraux.

a. Les jets

casque moto jet

Casque jet équipé d’une bulle

Il s’agit de casques dits « ouverts » qui ne protègent pas le visage. Ils existent sous un grand nombre d’appellations : bols (non homologués en Europe), mini-jet ou, demi-jet,etc.

Ils ont en commun de ne pas protéger le visage mais donnent aux motards un sentiment de liberté avec lequel aucun autre type de casque ne peut rivaliser.

Remarque :

Le jet est idéal si vous roulez à faible allure car plus la vitesse augmente et plus votre champs de vision se réduit. Il apporte au motard une excellente visibilité périphérique notamment en ville.

Les autres avantages du jet est sa très grande légèreté et sa facilité d’enfilage. Autre point fort, il est facile à ranger dans le coffre d’un scooter.

Certains modèles sont équipés de série d’un écran rabattable  qui protège de l’air et des projections comme les graviers ou insectes.

Ils sont à réserver à une utilisation urbaine sur des scooters de petite cylindrée ou avec des motos conduites de façon relax comme les classiques, néo-rétro ou custom.

b. Les Modulaires ou modulables : le meilleur des deux mondes ?

casque modulable modulaire

Le modulaire s’enfile aisément à la manière d’un jet car la partie frontale dégage le visage.

Optez impérativement pour un modèle homologué P/J.

Les autres homologations que P/J correspondent à des casques qui ne sont guère plus performants qu’un jet en matière de protection de la face.

Cette certification caractérise un casque qui permet d’utiliser votre modulaire ouvert comme fermé tout en étant protégé au niveau de la mâchoire.

Il n’est pas opportun de rouler mentonnière levé à grande vitesse avec un modulable même homologué P/J. Ils permettent également d’enfiler aisément une paire de lunettes de vue et sont pratiques en ville. En été, la ventilation est bonne comme avec un un jet tout en ayant une protection nettement supérieure.

De part son mécanisme de verrouillage-déverrouillage, le poids d’un modulable (environ 1700-1800 gr) est supérieur à celui d’un intégral en carbone (en moyenne 1300 gr).

c. Le casque intégral

casque intégralIl fait office d’une véritable « carrosserie » protégeant votre boîte crânienne et il est le seul type de casque accepté sur circuit.

Outre l’aspect sécuritaire, ce sont de véritables cocons qui filtrent le bruit lié à la vitesse et vous mettent à l’abri du froid. Malgré de très net progrès en matière d’aération, le port d’un intégral en été et dans les embouteillages peut être un repoussoir.

4-Trouver la  bonne  taille

Un casque neuf doit « se faire » durant un petit quart d’heure avant d’être confortable. Lors de l’achat, il est préférable de choisir un casque qui comprime modérément les joues plutôt qu’un casque qui d’emblée s’avérera trop confortable. Ce dernier ne sera pas réellement solidaire de la tête. Lors d’un choc, il glissera sur le coté ou sur l’arrière. Un casque fixé par la jugulaire doit bouger très modérément.

En magasin, après avoir fixé la jugulaire, si vous arrivez à passer deux doigts entre le casque et votre crâne, le casque est alors trop grand pour vous.

Lors d’un achat en ligne, la taille d’un casque se calcule à partir de la circonférence de votre tour de tête prise 2 cm au dessus de vos sourcils. Pour ce faire, prenez un mètre à couture. Reportez cette mesure aux dimensions du fabricant. Si vous êtes entre deux tailles, choisissez la plus petite.

La taille moyenne est de 56 cm. Les constructeurs proposent en général des casques pour des tours de tête allant de 52 cm à 60 cm voire 64 cm. De plus en plus de constructeurs proposent des produits dédiés aux motardes et également aux enfants (autorisés comme passager à partir de 5 ans).

Certains casques peuvent poser problème pour les porteurs de lunettes. Il est donc essentiel d’essayer le casque pour voir si les branches de vos montures se déforment ou vous gênent.

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