Bobby Hill gagne sur une Indian Sport Scout les éditions 1951 et 1952 du championnat de dirt track ou Grand National.

C’est le chant du cygne pour le constructeur de Springfield qui ferme définitivement ses portes en 1953 et de facto la fin du mano à mano entre les deux constructeurs américains.

Joe Leonard : A l’ouvrage !

Nul ne sait qui de Harley Davidson ou de Indian aura pris l’ascendant dans cette rivalité sportive qui aura durée près d’un demi-siècle.

En 1952, Harley-Davidson conçoit un nouveau racer

Cette nouvelle moto qui succède aux WDLR et WR 750 , dérivée du Model K,  va dicter seule sa loi sur les ovales comme sur l’asphalte.

Harley Davidson KR 1963

Harley Davidson KR 750 cc

1954 : l’année de naissance du dirt track moderne

Le titre de « Grand National Championship » (ou  » GN « ) n’est plus attribué au vainqueur de la seule course de Springfield mais c’est désormais un vrai championnat fort de 18 courses à travers tout le pays.

Joe Leonard : Le premier grand champion de dirt track

Joe Leonard win

Joe Leonard

Le californien remporte l’édition 1954 du premier Grand National au guidon d’une KR 750 frappée de son numéro fétiche ; le « 98 ».  Il réédite cet exploit en 1956 et 1957.

Toujours sur les KR préparées par Tom Shifton, il finit vice-champion AMA en 1958 (à un point du titre) mais aussi en 1960 et 1961.

Sur circuit routier, Joe Leonard gagne la Daytona 200 en 1957 et 1958 ainsi que trois Laconia  et sept Peoria TT.

Carol Resweber

Autre grand nom du Flat track, Carol Resweber remporte pas moins de 4  » Grand National  » d’affilés (1958-1960 et 1961). Il faudra attendre Scott Parker (1994-1999) pour que le record du texan soit battu.

La « british invasion » sévit aussi en course  !

Rien d’étonnant à cela car le marché américain représentera pour Triumph et BSA jusqu’à 75 % de leurs ventes !

Et comme dit l’adage bien connu des official dealers, « qui gagne le dimanche, se vend le lundi !« flat track

Les motos de la perfide Albion sont très prisées aux USA depuis le retour des GI stationnés en Europe mais aussi grâce aux films comme « L’Equipée Sauvage » et « La Grande Evasion ».

La montée en puissance de la Daytona 200

Les 200 miles de Daytona (ou Daytona 200) deviennent à partir du milieu des années soixante l’événement majeur de la compétition moto américaine. Les enjeux commerciaux y sont devenus colossaux.

L’engagement des firmes britanniques mais aussi japonaise avec Yamaha est payant ! Harley-Davidson est pris à la gorge.

gary nixon en flat track

Gary Nixon en action !

Gary Nixon gagne au sein du Team Triumph les Grand National 1967 et 68 ainsi que l’édition 1967  de la Daytona 200. Buddy Elmore remporte pour  Triumph l’édition 1966 de la Daytona 200.

Dick O’Brien, manager de l’écurie Harley Davidson, aligne pour l’édition 1968 des 200 miles une armada de 7 Harley KRTT d’usine.

Cal Rayborn y impose sa Harley grâce à une aérodynamique très étudiée. L’AMA autorise depuis 1964 les carénages et les moteurs 2 temps.

La fin de la domination de Harley-Davidson

Mais à l’automne 1968, Milwaukee encaisse un coup dur : Sous la pression des importateurs britanniques, la fédération abandonne « la règle d’équivalence » en vitesse et en flat track.

A partir des championnats 1970, toutes les motos dont la cylindrée est inférieure à 750 cc et quelque soit le type de distribution ou le nombre de cylindre pourront s’aligner en course. De facto, c’est la fin des KR et des KRTT !

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Calvin Rayborn était aussi doué en dirt que sur circuit. Il courra exclusivement pour Harley-Davidson. Il trouvera la mort en 1973.

La Daytona 200 1969 : La der des ders

La Yamaha pilotée par le canadien Ivon Duhamel signe la pole de cette édition devant 8 autres japonaises à plus de 241 km/h battant au passage le record du tour. Les 9 Suzuki et Yamaha à moteur 2 temps casseront en course.

Les japonais ne maitrisent pas totalement la technologie du moteur 2 temps qui va s’imposer dans la décennie suivante en Grand Prix 500.

Ces casses moteurs en cascade laissent le champ  libre à Calvin Rayborn qui y impose sa KRTT. Le californien gagne cette course à la vitesse moyenne de plus de 100 mph (160 km/h) battant l’ancien record de 5 mph.

Depuis cette édition, Harley-Davidson n’aura plus jamais voix au chapitre sur les circuits.

mert lawwill wr750 dirt track

Mert Lawwill

Le documentaire « On Any Sunday » produit par Steve McQueen suit Mert Lawwill à la conquête de son titre de Grand National 1969. On y voit le pilote parcourir seul les USA avec son van. Ce romantisme du « racer solitaire » va disparaitre durant les années 70. Les stands vont se transformer, enjeux commerciaux aidant, en Barnum.

1970 : Le début des « Temps Modernes »

Cette année marque l’abrogation de la  « règle d’équivalence ». Gene Romero remporte le Grand National  1970 pour le compte de Triumph.

Le Continental Circus débarque aux USA

daytona 200 1970 200 miles de daytona

Le départ de la Daytona 200 1970 : Romero (Triumph n°3) Hailwood (BSA n°50) Nixon (Triumph n°9) Dave Aldana (n°4)

La nouvelle « Class C » rebat les cartes. En ce début de mars 1970, la Daytona 200 va voir s’affronter de nouveaux pilotes et de nouvelles machines.

La Class C permet désormais de pouvoir courir sur n’importe quel type de moto pourvu que sa cylindrée soit inférieure à 750 cc et qu’elle soit construite à au moins 200 exemplaires.

Triumph et BSA (Triumph appartient à BSA depuis 1963) débarquent avec deux tricylindres : C’est la Rocket 3 chez BSA et la 750 Trident pour Triumph. La Honda CB 750 est également de la partie.

Les top pilotes du vieux et du nouveau Monde sont là avec notamment Dave Aldana (BSA Rocket 3), Gary Nixon et l’anglais Paul Smart (tous deux sur Triumph Trident). De son coté, l’écurie Harley-Davidson est amenée par Cal Rayborn et Mert Lawwill.

mike Hailwood

Mike Hailwood (BSA Rocket 3) et ses 9 titres de champions du Monde étaient de la partie pour la Daytona 200 1970.

Cal Rayborn est le premier à abandonner (sic) suivi par le champion du monde de vitesse Mike Hailwood.

Les 53 tours que comportent la course de 200 miles voient la victoire de Dick Mann sur sa Honda CB750 devant deux Triumph Trident 750 dont celle de Gene Romero.

daytona 200 1970 gene romero

Gene Romero, poleman sur sa Triumph T160 d’usine, finit second des 200 miles de Daytona 1970

Sur circuit, les Harley-Davidson ne font plus que de la figuration finissant pour le mieux à la 6ème et à la 15ème position !

Harley-Davidson aura gagné pas moins de 13 Grand National entre 1953 et 1969.

Cette domination quasiment sans partage est due aux instances de la Fédération Motocycliste Américaine (AMA) qui suivait les desiderata de Milwaukee.  L’AMA pénalisait « au doigt mouillé »  les bicylindres britanniques techniquement plus modernes.