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Mcqueen Steve baja

Lorsque l’on évoque la passion de Steve McQueen pour les sports mécaniques à 2 comme à  4 roues, il me paraît impossible d’en faire le tour en quelques lignes…

Le « King Of Cool » était un collectionneur boulimique de belles caisses (Il en possédera jusqu’à 50), de belles bécanes, d’armes et même d’avion.

A la fin de sa vie, l’acteur possédait 210 motos dont un bon nombre de raretés antérieures à la Grande Guerre : Des Indian et Harley Davidson bien sûr mais aussi motos américaines plus confidentielles comme des Cyclone ou Pope.

En véritable précurseur, sa collection de boardtrackers peut donner le tournis. Il avait acquis ces motos à une époque où elles ne valaient guère plus que leur poids en métal. De nos jours, ces antiquités se négocient à des prix que la décence nous interdit de mentionner.

Ne disait-on pas de Steve McQueen, le premier acteur à avoir un cachet de plus d’un million de dollars : « le cinéma est son métier, la moto est sa passion ».

Dès son arrivé en Californie à la fin des années 50, l’acteur s’achète grâce ses premiers cachets dans la série « Dead or Alive » (« Au nom De La Loi » en V.F.) sa première moto. Ce sera une Indian Chief millésime 1946.

En se baladant dans Los Angeles avec Dennis Hopper (Easy Rider), l’acteur découvre une bande de motards faisant du tout terrain. C’est le coup de foudre ! McQueen fonce s’acheter sa première Triumph dans le garage tenu par l’un des tous meilleurs pilotes de motocross américains. Son nom : Bud Ekins (le pilote qui se passe la main dans ses cheveux dans la photo du haut ).

Steve McQueen faisant la couverture du grand magazine de Sport Illustrated en août 1971 au guidon d’une Husqvarna.

Bud, surnommé le « renard du désert », devient l’Ami du « King Of Cool ». Il va tout lui apprendre sur ce sport. Bud Ekins devient la doublure « officielle » de l’acteur. C’est lui qui effectue le saut en moto le plus connu de l’histoire du cinéma dans « La Grande Evasion ». On le retrouve au volant de la Ford Mustang vert sapin dans la scène de poursuite tournée dans les rues de San Francisco pou le film « Bullit ».

Steve McQueen découvre une valeur plus importante pour lui que le simple plaisir de piloter une bécane : la compétition !

On lui prête cette phrase : « Courir, c’est la vie. N’importe quoi avant ou après n’est juste qu’attendre ».

A partir de là, ce « bouffeur de vie » va participer à toutes les compétitions possibles et imaginables à moto de la côte ouest des sixties et du début des seventies dont les très dures éprouvantes courses de désert comme la Baja 1000 (1600 km de piste !) et la Mint 400. Il roulera sur une flopée de Triumph Bonneville TT Special bien sur achetées chez l’importateur Triumph pour la cote Ouest : Johnson Motors.

C’est toujours son ami, Bud Ekins, qui sa charge de la préparation de ses Bonneville TT. Steve préfèrera toujours les Bonneville au TR6 Competition (équipée d’un seul carburateur). L’acteur participe également aux classiques d’endurance tout terrain comme l’Elsinore Lake GP ou la Catalina Grand Prix.

Steve McQueen au départ d’une spéciale des ISDT 1964 en RDA.

En 1964, en pleine guerre froide, Il monte avec Ekins le premier team US participant aux ISDT (le championnat du Monde d’enduro) qui se déroule en Allemagne de l’Est.

En 1971 et malgré l’échec de « son » film sur le sport automobile « Le Mans » l’année précédente, l’addict aux vapeurs de méthanol produit  « On Any Sunday » (« Tous les dimanches« ).  Ce documentaire sera distribué en France sous le nom assez incompréhensible de « Challenge One » .

Il est réalisé par Bruce Brown, à qui l’on doit aussi le film ultime sur le surf :« The Endless Summer » . Il est produit par la société de production de l’acteur : « Solar Productions« .

« On Any Sunday » est nominé  aux Oscar 1972 dans la catégorie du meilleur documentaire.  Il met en avant une pratique sportive et hédoniste de la moto très éloignée du sulfureux Easy Rider (1969) et autres série B de bikers qui pullulaient dans le Hollywood de la fin des sixties.

« On Any Sunday » est considéré à ce jour comme le meilleur film parlan du sport motocycliste. Il demeure un témoignage inestimable de cette age d’or.

La scène finale où Steve McQueen sur sa Husqvarna en compagnie des pilotes Mert Lawwill et Malcom Smith font du « free ride » sur la plage californienne du Camp Pendleton n’a pas pris une ride. Cette scène est encore plus que jamais d’actualité avec la montée du mouvement « vintage » que traverse la moto depuis quelques années.

Le propre des légendes n’est-il pas d’être immortelles ?  36 ans après sa mort, la Légende du King Of Cool ne faiblit pas ; loin de là !