1 – Le kilométrage : méfiance !

Le kilométrage d’une Harley-Davidson d’occasion, de plus de 5 ans, a une valeur très relative.

– On peut ainsi être très dubitatif lorsqu’un Evolution de 20 voire 30 ans n’affiche que quelques dizaines de milliers de kilomètres. C’est possible mais cela est beaucoup plus rare que le nombre que l’on peut voir sur Le Bon Coin…

– Maquiller un compteur ne prend que quelques minutes. Ne parlons pas du montage d’un compteur aftermarket.

Un carnet d’entretien à jour ou à défaut un dossier regroupant l’ensemble des factures d’entretien et de réparation fera grimper le prix d’achat. En contre partie, les mauvaises surprises seront plutôt rares avec une moto à l’historique détaillé.

2 – Les imports US ?

– Fuyez comme la peste les imports US sans carte grise qui seront impossible à homologuer du fait de l’absence de documents que demande l’administration française.

– De manière plus générale, les imports directes des USA même homologuées sont souvent des « pièges mécaniques » car elles sont faites d’un assemblage de pièces hétéroclites dont seul les ricains ont le secret.

En général, les importations directes se concentrent sur les motos anciennes comme les Softail à moteur Evolution (donc avant 2000) qui ont toujours une très forte cote sur le marché européen.

3 – Les modèles

Certains modèles au sein de la gamme Harley-Davidson se prêtent plus à « l’arsouille » que d’autres.
Un Sportster Roadster ou un Softail Fat Bob 2018 seront pilotés plus sportivement qu’un Road King Classic.

Les gros touring sont prisés par une clientèle faite de « gros rouleurs ». A l’opposé, un Fat Boy ou un Breakout ont une grosse cote auprès d’une clientèle « plus frime » et parcourant peu de kilomètres par an. Ceci n’est bien entendu qu’une généralité.

5- Les équipements

Un Stage 1, que votre moto soit à carburateur ou à injection, des freins aftermarket, un Tour-Pak et j’en oublie est une vraie plus-value. Idem pour une ligne ou des embouts d’échappement de qualité.
Sur les motos à carburateur, un kit carburateur Dynojet ou carrément un nouveau carburateur (Mikuni HSR 42 ou un Shorty de chez S&S) accompagné d’un allumage haute performance rendront votre V-Twin plus performant et plus agréable à piloter.

Vérifiez attentivement l’état des pattes d’encrage des échappements des Harley-Davidson d’occasion qui accueillent un bicylindre monté « souple » comme les Dyna, FXR et Sportster depuis 2004. Les pots souffrent énormément à ce niveau.

4 – Votre future Harley doit fonctionner parfaitement dès l’achat

Fuyez les Harley-Davidson d’occasion dont le propriétaire n’a soit disant pas eu le temps de changer «  la pièce à 2 balles » ou n’a pas fait la mise au point de la carburation ou de l’injection.
S’il s’agit d’une panne plus onéreuse, un embrayage H.S. par exemple, proposez au vendeur qu’il fasse la réparation que vous serez prêts à payer si la moto, après réparation, fonctionne correctement.

Evitez les machines très modifiées sans facture à l’appui de la part de professionnels reconnus. Une Magnéto ou un gros pneu, c’est sympa si cela est monté dans les règles de l’art !

4 – occasion Harley : Les détails à vérifier

acheter une Harley-Davidson d'occasion

– Prenez votre temps et faites scrupuleusement le tour de la moto.

– L’inspection de la couronne de primaire (3) portée par l’embrayage visible via le « Derby Cover » ( trappe d’accès au réglage de la tension du câble d’embrayage) permet d’évaluer le degré de fatigue du V-Twin. Des dents en forme de « crocs de loups » indiquent un fort kilométrage et donc une mécanique fatiguée.

– La vérification de la garde à l’embrayage (5) – autour de 3 mm- , les passages de câbles, l’état des durits et les cosses de batterie, etc. indiquent le soin que le propriétaire a apporté à sa monture.

– L’aspect et la tension de la chaîne primaire est à surveiller attentivement.

– Vérifiez l’état et la tension de la courroie secondaire (4). Elle ne doit pas être déchirée (grave) ou trouée (moins grave mais à changer rapidement). Sa flèche varie en fonction du modèle et du millésime : reportez-vous au manuel du propriétaire afin de connaître la bonne valeur.

– Les caoutchoucs des cale-pieds ou des planchons élimés trahissent une Harley-Davidson d’occasion fortement kilométrée.

– L’état général de la moto est bien entendu un bon indice de l’attention apportée par le ou les propriétaire(s) précédent(s) : peinture en parfait état, aluminium non oxydé, chromes d’origine non piqués, etc.

– L’état des sorties d’échappement et des cale-pieds (2) vous permet de déduire si le vendeur a une conduite calme ou « musclé ». Vous pourrez ainsi savoir si la mécanique a été fortement sollicitée ou pas. Certains modèles, comme la « Slim » qui illustre cet article, ont les repose-pieds qui liment allègrement le bitume dès le premier rond point venu !

– Certains accessoires installés donnent une bonne idée sur l’utilisation de la moto que vous convoitez. Ainsi, un chargeur de batterie intégré, une housse, etc. sont le signe d’un motard soigneux.

Des pièces comme des chromes rajoutés, des repose pieds « hightway pegs » montés sur les crash bar, etc. trahissent une utilisation « pépère ». A contrario, d’autres témoignent d’une orientation beaucoup plus « sportive » de la machine comme un raidisseurs de fourche, des étriers 2 fois six pistons à l’avant, etc.
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– Le ralenti conseillé (6) sur les Twin Cam est de l’ordre de 1000 à 1100 tr/mn. Le V-Twin, surtout s’il s’agit d’une Harley-Davidson à injection doit battre régulièrement à froid comme à chaud. A contrario, les régimes accélérés sont souvent des caches misères…

– Toutes les Harley depuis l’avènement du moteur Evolution sont équipées de série de poussoirs hydrauliques. Ils rattrapent les jeux de soupapes. Par conséquent, la distribution (7) ne doit émettre aucun bruit.

Une distribution fatiguée sur un 1340 Evolution débute généralement au niveau de la soupape d’échappement du cylindre. Cela se traduit par un bleuissement anormal du coudes d’échappement du cylindre avant accompagné de claquements.

7- Customisation et faisceau électrique

– Inspectez attentivement le passage du faisceau électrique (8) allant du guidon à la colonne de direction puis de la colonne de direction au réservoir. Cette partie du faisceau est propice aux cisaillements et aux écrasements surtout si un nouveau guidon a été installé par un électricien amateur.
– Un faisceau électrique modifié en raison d’un changement de guidon doit être réalisé dans les règles de l’art : câble ni trop long ni trop court, soudures, épissures et gaines thermo-rétractables de rigueur.

Toujours au niveau électrique, vérifiez l’ état de la batterie (9) -cosses non usinées, câbles, etc. – ainsi que l’état du bac.

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