Bien que construite en 2011, la Vincent « The Black » n’en demeure pas moins l’une des plus belles machines préparées de la décennie qui vient de se terminer.

L’excellence de cette réalisation est présente dans le choix de la mécanique : le V-Twin Vincent. Il est considéré de manière unanime comme étant le plus beau moteur de moto jamais construit.

Que les âmes sensibles se rassurent ! Ce projet n’a pas pris forme autour d’une Vincent en état concours. Plus prosaïquement, Ian Barry, à la tête de Falcon Motorcycles situé à Los Angeles, a dégotté un bicylindre de Vincent Black Shadow de 1952 en pièces détachées.

plus belle moto préparée du monde
Vincent « The Black » par Falcon Motorcycles : ici en version « Touring ».

Ce moulin avait connu une vie bien remplie dans les 50’s et 60’s. Il écumait les épreuves de drag racing du sud de la Californie et les courses de vitesse sur les lacs salés.

Les Vincent : un moteur d’exception

V-Twin Vincent : plus beau moteur jamais construit moto
Beau et performant ! What else ?

En plus d’être beau, le V-Twin ouvert à 50° de 998 cm3 qui propulse la Black Shadow est très performant. Ainsi, la belle Anglaise produite de 1948 à 1955 file à plus de 200 km/h.

En 1948, Rollie Free devient l’homme le plus rapide au monde sur une Vincent lancée à plus de 150 mph (241 km/h) à Bonneville.

Le spécialiste des moteurs de la marque de Stevenage, Herb Harris, a redonné une seconde jeunesse au bicylindre Vincent équipant « The Black ».

Le gros du travail s’est concentré sur un équilibrage aux petits oignons des pièces mobiles. Au final, la superbike des 50’s délivre désormais 75 chevaux contre 55 de série.

Une partie-cycle classique, mais aux standards du 21e siècle

Vincent « The Black » version « Drag Racer »

Le fondateur de la marque, Phil Vincent, a faire sienne la maxime suivante : « un bonne moto, c’est un bon moteur mais aussi une bonne partie-cycle ».

Contrairement à la plupart des Vincent préparées en café racer qui adoptent une fourche hydraulique, la Black Falcon conserve un élément à parallélogramme. Il s’agit de la fourche dite « Girdraulics » inventée par Phil Vincent. En 1928, Il dépose le brevet pour sa suspension arrière « Cantilever » qui sera reprise en 1973 par Yamaha.

Falcon Motorcycles crée à partir de blocs d’aluminium forgés 7075 T6 (un alliage utilisé dans l’aéronautique), une fourche « Girdraulics », mais aux standards actuels usinés par machines-outils à commande numérique.

Les bras de fourche sont plus râblés et plus légers que sur l’élément d’époque. Les axes sont désormais montés sur roulements à aiguilles en lieu et place de bagues.

Le ressort d’amortissement avant est remplacé par un amortisseur à gaz fait sur mesure par Work Performances. Cette firme fournit également les deux combinés arrière.

Cette version moderne de la fourche Girdraulic éradique le seul défaut des Vincent : une moto qui se dandine à haute vitesse.

Vincent Black Shadow drag racing

Le bras oscillant « Cantilever » subit également une profonde refonte. Il est plus long de 5 cm augmentant l’empattement et améliorant la stabilité.

Le point d’encrage des deux amortisseurs qui supporte également la selle et le garde-boue est désormais un solide bâti en acier inoxydable poli façon miroir. Sur la moto de 1952, la pièce était en fonte. Autre temps, autre technologie !

Le bouclard de L.A. réalise de puissants freins à tambour de 8 pouces de diamètre à doubles cames. Ils font oublier sans mal les éléments standards de 7 pouces simple came. Bye-bye, le freinage qui disparaît après la première sollicitation.

Par souci du détail, celui avant est ventilé comme celui des Vincent Black Lightning. Ian Barry nous garantit qu’ils supportent sans broncher plusieurs freinages violents d’affilés lorsque la Vincent est lancée à 225 km/h.

« The Black » ou Docteur Jekyll et M. Hyde

« The Black » est la plus belle moto préparée de ces dix dernières années, car elle est deux motos en une !

plus belle moto préparée au monde
Détail de la version « drag racing » : notez la selle à ressorts sans garniture et revêtement ainsi que le petit réservoir d’un gallon.

En une poignée de minutes et sans outil, elle peut se transformer en routière « civilisée » ou en « drag racer ».

Deux réservoirs en aluminium peuvent être greffés : un petit réservoir d’un galon (3,8 litres) pour les épreuves sur les sprint races et un élément routier ménageant des prises d’air pour refroidir le V-Twin. Le changement de réservoir prend moins de 30 secondes grâce à des durites à raccords rapides.

Le guidon et les potences ne ménagent pas moins de 6 positions  plus ou moins racing. « The Black » de Falcon Motorcycles est équipée de deux selles (touring et drag racing) à trois positions. Il en va de même pour les commandes au pied montées sur excentrique qui peuvent être plus ou moins reculées.

Cette interprétation moderne d’une Vincent Black Shadow est pensée comme une moto grande série. L’ajustement de la chaîne, des câbles de freins et d’embrayage ou la dépose des roues Borrani ne nécessitent également aucun outil.

« The Black » ou la moto préparée ultime de la décennie 2010

Sous la direction de Ian Barry, pas moins de six mécaniciens se sont affairés durant une année entière pour la construire. Un record et une folie !

Au-delà de ce chiffre de boutiquier, elle est la plus belle moto préparée de la décennie, car elle ne dénature en rien la philosophie des Vincent  qui pourrait être :«  l’imagination au pouvoir ».

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