La première épreuve de scrambling ou scrambler eut lieu le 29 mars 1924 à Camberley (une petite ville située au Sud de Londres).

Cette course abandonne la pratique ancestrale du trial où il faut effectuer un parcours en un temps donné tout en faisant le moins d’erreurs possibles lors de passages techniques sous le regard d’un commissaire.

Cette première course de scrambling se déroule sur deux tours de 40 km qui doivent être parcourus le plus vite possible. Notons que les pilotes partent toute les minutes un peu à la manière d’un Dakar et non en ligne.

En France, cette discipline est rapidement rebaptisée « moto-cross ». Après la Libération, elle devient extrêmement populaire. Ainsi, le moto-cross International de Montreuil accueille pas moins de 35 000 spectateurs en 1948.
Les moto de cross ou de scrambler sont des routières que l’on adapte pour évoluer en tout-terrain.

triumph scrambler thunderbird

Un très vieux scrambler Triumph à moteur Thunderbird datant de 1955.

Les recettes d’un scrambler

  • L’échappement est désormais haut et latéral afin d’augmenter la garde au sol.
  • Les jantes sont historiquement à rayons mais même les motos modernes dédiées au off-road (motocross comme gros trail) conservent cet attribut car la jante à rayons participe à l’amortissement.
  • Les pneus à crampons apportent une meilleure adhérence notamment dans la gadoue.
  • Les amortisseurs ont un plus grand débattement.
  • Comme pour un café racer, le poids est l’ennemi. On monte donc des garde-boue en aluminium.
  • Toujours dans le but d’obtenir la moto la plus légère possible, les motos qui font du tout-terrain de manière intensive sont dépourvues de tout ce qui n’est pas essentiel. Compteur et éclairage sont donc absents.
  • La variante « desert sled » destinée à rouler dans la Baja mexicaine ou dans la Sierra Madre est équipée d’un imposant pare-pierre protégeant le bas moteur.
  • La moto doit être légère et avec une mécanique simple (monocylindres ou un Twin). On recherchera d’avantage un moteur coupleux qu’un moteur puissant.
  • Un grand guidon
  • une longue selle Bates bien épaisse sur un desert sled permet de s’effacer lors des longues lignes droites.

L’Europe se tourne vers le motocross

motocross de montreuil vintage mx

Motocross de Montreuil (1953).

1947 marque un tournant dans l’histoire du scrambler avec la création du Motocross des nations qui se déroule sur une épreuve annuelle. Désormais, les européens roulent en catégorie open sur des motos de cross de moins 500 cc sur un circuit fermé. La BSA Gold Star 500, la moto la plus titrée de l’histoire, devient la reine de ces premières heures de la discipline. Le championnat du Monde voit le jour en 1957.

La nouvelle patrie des scramblers dès l’après-guerre : Les USA

Dès le début des années 50, la pratique du « off-road » explose sur la cote Ouest des Etats-Unis. Son succès est tel que les grandes classiques comme la Big Bear Motorcycle Run ou le Catalina GP disparaitront l’une après l’autre victimes de leurs succès. On enregistre parfois plus de 1000 engagés (sic) auxquels il faut ajouter le public, ce qui génère des problèmes de trafics et autres débordements. Ainsi, la Big Bear Motorcycle Run créée en 1921 sera arrêtée en 1961 suite à l’intervention de la police d’état, les fameux CHIPs. Ce barnum de l’off-road n’est pas si éloigné des incidents de Hollister de 1947
Seul la Lake Elsinore Grand Prix survivra à la déferlante scrambler. Steve McQueen sur des Triumph Bonneville T-120 sera un véritable addict de la discipline.

BSA Rocket Gold Star A10 Scrambler

BSA Rocket Gold Star A10 Scrambler 1962

Les scramblers sont alors repoussés dans les terres, loin des grandes métropoles, et leurs nouveaux terrains de jeu sont les étendues désertiques du Nevada et de la péninsule de basse Californie mexicaine (Baja). Nous pouvons citer entre autres la Grin Horn Enduro (800 km), Barstow-To-Vegas (640 Km) et  bien sûr la Baja 1000 (1600 Km) qui voit le jour en 1967.

C’est la naissance d’une variante au scrambler, le desert sled. Le terme « sled » viendrait de la contraction de « Skid Plate » soit sabot-moteur ou de la forme de ce dernier qui ressemble à une luge (« sled » en anglais).

Pour être performant lors de ces longues épreuves, il faut impérativement un mono de 500 cc ou un bicylindres vertical de forte cylindrée de 650 cc d’origine britannique.

Des scramblers « exotiques »

honda scrambler CL 72

Honda Scrambler CL 72

A la demande des importateurs américains, les constructeurs britanniques proposent des scramblers « light », autrement dit directement dérivés des routières, mais également des versions affutées que l’on peut considérer comme de véritables compé-clients.

Ces motos retrouvent l’esprit des scramblers des origines puisqu’elles ne sont dévolues qu’à courir. Elles sont dépouillées à l’extrême se passant même de tout éclairage. On peut citer la Matchless monocylindre G80 CS pour « Competition Scrambles » ou parmi les bicylindres verticaux la Triumph TR6 SC (1956) ou la BSA A10 Spitfire Scrambler (1957).

Les années 60 voient débarquer des scramblers axés loisir à moteur 4 temps avec la Ducati Scrambler 250 cc (1962-1975) et la Honda CL72 (1962-1965). Cette toute première Honda de off-road introduit le guidon haubané.

L’arrivée des deux temps

Husqvarna motocross deux temps two strokes

Husqvarna deviendra l’une des marques préférées de Steve McQueen vers 1967-1968.

A partir du milieu du début des années 60, les deux temps s’imposent en motocross via des constructeurs comme CZ (Tchécoslovaquie), Husqvarna (Suède) et Greeves (Grande Bretagne). Au milieu de cette décennie, ces deux-temps plus légers qu’un quatre temps d’environ 40 à 50 Kg mais tout aussi puissants sont devenus fiables. Ils traversent l’Atlantique et s’imposent peu à peu dans le paysage du off-road étasunien.

1972 voit le premier motocross qui se tient dans le stade de Los Angeles. C’est l’acte de naissance du supercross car il est bien connu que tout ce qui nous vient des Etats-Unis est « super » !
Cette discipline devient rapidement l’un des sports majeurs aux Etats-Unis.

C’est quelque part l’acte de décès, certes temporaire, du scrambler car ce genre de moto est faite pour aller le plus vite possible d’un point A à un point B en faisant fi des obstacles naturels.

A la différence d’une moto de supercross, le scrambler n’est pas un pois sauteur qui tourne en rond dans une arène comme un hamster dans une roue !

En 1976, Yamaha introduit la XT 500 et invente le concept marketing du « trail ». Dans les faits, il s’agit d’un scrambler monocylindre 4 temps dés plus classique dont l’immense succès sera dû à une course : le Paris-Dakar. La moto redécouvre l’une de ses vertus : L’Aventure !

Ducati desert sled

Les motos néo-rétro ont remis à la mode les scramblers. Ci-dessus un Ducati Scrambler Desert Sled à l’action !

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