Nous savons que Steve McQueen collectionnait les vieilles motos de manière convulsive à une époque où cela intéressait personne.

Il a ainsi possédé plus d’une centaine de motos, des dizaines de voitures et même quelques avions.

Cette 650 Bonneville millésime 1963, première année des modèles dits « Unit » (moteur & boîte faisant un bloc-moteur), à la livrée verte avait quelque chose d’exceptionnel puisque l’on pourrait dire qu’elle était le fruit d’une « triple conjonction ».

L’anglaise sera pilotée par une icône hollywoodienne, préparée par un pilote et un cascadeur de renom Bud Ekins et peint par l’artiste totalement déjanté Kenny Howard, plus connu sous le pseudo de « Von Dutch ».

Cette bonnie est l’une de motos que pilotait dans les années soixante l’acteur dans  les classiques californiennes ou dans les courses de déserts comme la Mint 400 ou la Baja 1000.

C’est Bud Ekins qui se chargea dans sa concession de Sherman Oaks (Californie) de la  préparation de la moto née dans les brumes de Meriden en racer.

Le bicylindre avait été acheté pour 600 $ chez Johnson Motors Inc ou JoMo, l’importateur Triumph pour toute la Cote Ouest des États Unis.

steve mcqueen moto off road

A l’époque, on se rendait la plupart du temps avec son scrambler par la route pour une cession de off-road. Pourtant, les motos n’avaient aucune signalétique… Douce époque insouciante !

Dans les 60’s, les anglaises, dont les Triumph en premier lieu, se vendaient comme des petits pains notamment sur la cote Ouest.

Steve McQueen desert sled

Le garage de Bud Ekins voyait défiler tout le gotha des jeunes acteurs hollywoodiens de l’époque comme James Dean, Marlon Brando, Paul Newman ou Clint Eastwood ; rien que ça !

steve mcqueen scrambler

Les modifications en desert sled faites par Bud Ekins se limitent à un gros travail sur la partie cycle, une protection du bas moteur et au niveau du Vertical Twin à une baisse très significative du taux de compression passant de 11 à 8 :1. Le filtre à air est largement surdimensionné.

Le bicylindre de la banlieue de Coventry est donné de série pour 45 à 48 ch soit une valeur toujours honorable dans le monde du tout-terrain moderne pour un poids de 170 kg.

Triumph Bonneville Ex Steve McQueen

Rappelons que la Triumph Bonneville 650 cc est une évolution de la Speed Twin 500 crée par Edward « Ed » Turner en 1938.

Rappelons que Bud Ekins, ami de la star et son mentor en matière de deux roues, a remporté quatre médailles d’or aux ISDT (International Six Day Trial) et une d’argent à ce que l’on surnom en France « le Championnat du Monde de Tout-Terrain ».

Ekins est également le premier américain à avoir traverser l’Atlantique pour se confronter aux pilotes de motocross au début des années 50.

Promu « cascadeur » par Steve McQueen, c’est lui qui exécute le fameux saut dans « La Grande Evasion » sur une Triumph TR6 et c’est encore lui, pour d’obscures raisons d’assurance, qui double la star hollywoodienne dans les scènes les plus dangereuses de « Bullit ».  On le voit également dans le documentaire « On Any Sunday » produit par McQueen.

Enfin, c’est «Von Dutch » qui « sévit au pétard » en appliquant sobrement, pour une fois (!), un vert profond.

Triumph bonneville T120 TT

Cette Triumph Bonneville ex Steve McQueen est un modèle T-120 TT de 1963. Comme toutes bonnie, le vertical twin est alimenté par 2 carburateurs Amal.

En 2016, la maison de vente aux enchères Bonhams a mis en vente cette Triumph Bonneville Ex Steve McQueen. Elle était estimée entre 50 000 et 60 000 $. La Triumph Bonneville T-120 TT du King Of Cool  a explosé toutes les prévisions puisque elle fut finalement adjugée à 103 500 $ soit 92 394 €.

Il y a donc peu de chance donc de revoir ce scrambler fouler à nouveau le désert californien ou la Baja mexicaine !

Il est fort probable que le desert sled orne le bureau d’un PDG d’une grande entreprise, fier de ce trophée !

steve mcqueen desert sled triumph

Cette Bonnie me laisse perplexes sur la mutation et la spécialisation en moins d’un demi-siècle de la moto : En effet, la Triumph Bonneville était de série le must dans les sixties en matière de motos sportives en prenant un bon 180 km/h max.
Moyennant quelques modifications sommes toutes « très basiques », le bicylindres de Meriden se transformait en redoutable engin de tout terrain.

Imaginez faire cela avec une BMW S1000R ou une Yamaha 450 YZF…

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