Une moto qui ne coutait qu’un SMIC. Cela a bien existé ! C’est la Yamaha XT500 lancé fin 1975. C’est aussi une aventurière qui remportera les deux premières éditions du Paris-Dakar (1979 et 1980). Ce scrambler initie aussi un nouvelle catégorie de machine : le trail. Nous vous présentons une préparation de l’’atelier Moto Motogadgets qui bonifie cette machine dont l’adjectif « iconique » n’a rien de galvaudé.
En quoi la Yamaha XT500 est-elle une moto « phénomène » ?

Au milieu des années 1970, les gros monocylindres 4-temps sont comme les dinosaures : une espèce disparue. Les constructeurs britanniques qui avaient porté cette architecture moteur sont en liquidation judiciaire. En matière de moto verte, l’époque est aux 2-temps moins chers à produire et nettement plus légers. Les Yamaha DT et les premières Honda CR de motocross en sont le parfait exemple.
À une époque où le motard aime titiller la zone rouge sur des quatre cylindres ou des 2-temps rageurs, Yamaha fait le choix de réinventer le bon vieux gros mono. Sous le concept marketing de « trail » se cache un scrambler des plus classiques. Ainsi, le cadre faisant office de réservoir d’huile ou le dessin du silencieux rappellent furieusement une certaine BSA B50.
La XT : une fiabilité à toute épreuve

L’ingénieur Shiro Nakamura se charge de donner au gros mono une fiabilité toute nippone due principalement à une grande simplicité mécanique. Afin d’attirer à elle les « roule toujours » amateurs d’anglaises, elle est dépourvue d’un démarreur électrique. Ce scrambler se caractérise par des solutions inédites telles que :
- Une distribution en tête à un seul arbre à cames en tête et non culbuté animant seulement 2 soupapes.
- Graissage par carter sec rendant le monocylindre parfaitement étanche.
- Un grand nombre de roulements limitant l’usure.
- Un système électrique 6 Volts de qualité comparé à une anglaise. Elle troquera rapidement l’allumage à vis platiné contre un CDI.
- Des cotes « carrées » (alésage/course :87 x 84 mm) limitant les vibrations moteur. Elle se passe ainsi d’un balancier d’équilibrage.
En 1978, une version routière est déclinée sous le nom de Yamaha SR500 pour « Single Roadster ». Elle reçoit un circuit électrique en 12 Volts et un frein à disque.
La XT se couvre de gloire sur les pistes africaines

Dès 1976, dix XT500 sur seize réussissent l’exploit de rejoindre Abidjan à Nice lors du rallye Côte d’Ivoire Côte d’Azur, ancêtre du Paris-Dakar. Trois ans plus tard, le monocylindre s’impose dans la première édition de cette épreuve avec Cyril Neveu au guidon d’une machine privée avec comme principale préparation : un gros réservoir. Cela lui conférera un parfum d’aventure qui participera à son succès. Mais la plupart ne connaitront que le bitume des grands boulevards.
Yamaha XT500 Restomod par Motogadgets

Motogadgets est un préparateur hollandais spécialisé dans les monocylindres et bicylindres de la firme aux diapasons (XT, SR, TT et XS 650), mais aussi Honda (XR et XL).
La base mécanique est une XT500 millésime 1980 dont le monocylindre a été revu. Il produit désormais 40 chevaux contre 32 de série soit un gain de 25%. La recette de cette cure de jouvence reste un secret jalousement gardé par le sorcier batave.
Motogadgets a développé deux kits qui résolvent les deux gros défauts de ce trail : un tambour ridicule et un démarrage au kick. La mise en route du « bouilleur » demande un solide coup de jarret et un minimum de savoir-faire du fait d’un taux de compression conséquent (9:1). Cette préparation se voit donc dotée d’un démarreur électrique et d’un frein avant à disque.
Niveau suspensions, le cadre simple berceau accueille une fourche inversée provenant d’une Honda FMX et des amortisseurs YSS entièrement réglables et à plus long débattement. Un feu arrière à LED est intégré à même le garde-boue arrière pour un maximum de discrétion. La livrée reprend le graphisme des machines de motocross et de piste courant pour Yamaha USA dans les années 70.


Fiche technique de la Yamaha 500 XT
| Spécification | Détail |
|---|---|
| Moteur | monocylindre 4 temps SACT refroidi par air |
| Cylindrée | 499 cm3 |
| Alésage/course | 87 x 84 mm |
| Puissance | 32 ch à 6 500 tr/min |
| Couple | 39,8 Nm à 5 400 tr/min |
| Carburation | Mikuni 32 mm |
| Transmission – embrayage | humide à 5 vitesses en finale par chaîne |
| Cadre | simple-berceau dédoublé |
| Empattement | 1 415 mm |
| Suspensions | fourches télescopiques de 36 mm & double amortisseurs arrière |
| Freins avant | tambour à simple came de 160 mm |
| Freins arrière | tambour à simple came de 150 mm |
| Roues avant | 3,25 x 21 pouces |
| Roues arrière | 4,00 x 18 pouces |
| Poids | 139 kg |
| Réservoir d’essence | 8,8 litres |
| Vitesse max. | environ 140 km/h |
| Prix en collection | 8 à 10 000 € |

