Le blouson en cuir fait partie avec la moto et le rock de la sainte trinité qui définit le motard.

D’ailleurs, Edith Piaf cite déjà cet accessoire dans « L’homme à la Moto » en 1956 et dés la décennie suivante, au Royaume-Unis, les rockers sur leur café racer sont surnommés les leather boys !

Introduction à propos des blousons en cuir

bobber blouson aviateur
Un biker portant un blouson d’aviateur A2 au guidon de son bobber

Ils se subdivise en 4 grandes familles : Perfecto, police, moto et aviateur. Nous allons dans cet article évoquer les blousons en cuir et vestes en peau retourné portés par les équipages et pilotes durant la seconde guerre mondiale.

Les équipementiers actuels concevant un cuir pour les motards roulant sur des motos classiques puisent leur inspiration à la source de ce vêtement : Les blousons d’aviateur.

Cette inspiration suit un cheminement logique puisque les premiers bikers (Voir « L’Equipée Sauvage »), formés par beaucoup d’anciens aviateurs, avaient conservé les cuirs reçus en dotation.

Rentrés au pays, ils les protégeaient des aléas de la route et également du froid sur leur bobber ou sur leur anglaise. Au fil des décennies, le blouson de pilote s’émancipera pour être plus à même de répondre aux attentes des motards créant de fait, le blouson moto.

Signalons qu’entre deux vols et pour tuer le temps, les équipages et autres mécaniciens customisaient les avions (« Nose Art ») mais également les vestes et blousons d’aviateur. C’est l’acte de naissance de la custom culture.

Les pilotes actuels ne sont plus autorisés à personnaliser leur blouson car ceux-ci sont désormais traités avec un produit chimique ignifuge.

Merci baron

Il est admis que l’as de la chasse allemande, Manfred Von Richthofen surnommé le « Baron Rouge », est à l’origine du blouson d’aviateur.

Un jour, le pilote aux 80 victoires en eut marre de s’entraver dans son long imperméable en cuir lorsqu’il prenait place dans le cockpit de son Fokker triplan rouge. Il pris alors un ciseau et coupa le manteau : Le blouson en cuir était né !

Veste de bombardier type B-3 / Irvin Jacket

Dès le milieu des années 30, les avions évoluent à des altitudes tutoyant les 10 000 mètres mais les carlingues des bombardiers comme les cockpits des chasseurs ne sont pas encore pressurisés. En Europe et en hivers, la température à de telles altitudes peut descendre jusqu’à – 60°C !

La première flying jacket : l’Irvin Jacket (1931)

Irvin Jacket : first bomber jacket
Le blouson communément appelé en France « bomber » n’est pas américain mais anglais ! C’est The Irvin Jacket.

Le pilote anglais, Leslie Irvin, qui est également le premier homme à avoir sauté en parachute en 1919, met au point pour la Royal Air Force (RAF) la toute première flying jacket de l’histoire. Ce blouson de pilote sera baptisé tout naturellement  : « The Irvin ».

Cette veste révolutionnaire en peau de mouton retournée brute (shearling) est produite à partir de 1931. Sa peau est robuste et les poils internes font office d’isolant thermique naturel notamment au niveau des manches et du large col.

Elle rencontrera un large succès et sera diffusée dans plus de 40 pays par l’usine Irvine Parachute Compagny fondée en 1926 puis durant la guerre par divers sous-traitants. Elle accompagnera les équipages et pilotes de la RAF durant la totalité de la seconde guerre mondiale.

Les USA à la traîne

Dans les années 30, l’aviation militaire américaine n’a pas atteint sa plénitude et est encore sous tutelle de l’armée de terre. L’ US Army Air Force (USAAF) ne verra le jour qu’en 1941 et deviendra en 1947, la composante militaire que l’on connait toujours : L’US Air Force.

Malgré cela et dès 1927, le laboratoire de l’US Army décide de concevoir des blousons répondant aux besoins des aviateurs.

Les blousons légers sont standardisés sous la lettre « A » et ceux d’hiver par la lettre « B ».

La mention « B » correspond aux « bomber jackets » et équipent, comme son nom l’indique, les équipages de bombardier mais également les pilotes de chasse en hiver.

Le blouson de pilote porte la mention « A » pour « Aviator ». Il est principalement en cuir de cheval et est doublé de laine, de coton ou de soie. Il équipe la chasse alliée en été et dans les zones tropicales mais également les équipages des B-29 dit Superfortress qui étrennaient les premières cabines pressurisées.

Veste bombardier type B-3 (1933 -1943)

Blouson aviateur B-3 peau retourné
Le mitrailleur, ici doté d’un blouson B-3, était particulièrement exposé au froid.

Seule différence par rapport à l’Irvin Jacket, la veste B-3 est bi-matière mêlant le mouton retourné brut avec des empiècements en cuir de cheval au niveau des manches, des pattes et de la poche accueillant les cartes. Deux straps en cuir au niveau de son large col permettent de le fermer rapidement jusqu’au cou. Nous trouvons également deux straps de serrage au niveau de la taille.

blouson B3 peau retourné
Général Georges Patton avec son B3

Le général d’armée Georges Patton en fait un élément de son vestiaire militaire. Le B-3 est surnommé le « le  crouteux » car il a tendance à s’effriter avec le temps.

Veste de bombardier type B-6 (1939 – 1943)

Steve McQueen porte un B-3 alors que Robert Wagner (à droite) a sur le dos un B-6 nettement moins volumineux.

Le blouson en cuir B-6 est une version volumineuse et simplifiée du bomber jacket B-3. Toujours réalisé en peau de mouton retournée, il entre en dotation dans l’USAAF début 1943.

Il ne comporte plus désormais qu’une unique patte au niveau du col ainsi que deux poches en biais fermées par des zips. Le B-3 se ferme uniquement via une longue fermeture éclair, les pattes de serrage au niveau du buste ayant disparu. Tour comme le B-3, il est généralement de couleur marron dite « redskin » (« peau rouge »).

Veste D-1

blouson aviateur bomber

Ce blouson est une version dérivée du B-6 dédiée aux personnels au sol (mécanos, armuriers, etc.) devant rester des heures à l’extérieur souvent par grand froid. Les peaux de cheval des empiècements et en mouton retournée sont traitées avec une laque contre les hydrocarbures et l’eau.

Plus épuré que le B-6, il est apprécié des pilotes de chasse qui le portent au dessus d’un A-2. Cette superposition donne une bonne isolation qui facilite les manœuvres dans les étroits cockpits des chasseurs.

Blouson aviateur A-1 (1927-1931)

Réédition du Modèle A1 par The Real McCoy’s

Ce blouson d’aviateur léger généralement en cuir d’agneau très stylé n’aura qu’une courte carrière. Il sera rapidement supplanté par le modèle A-2 moins cher à fabriquer, ayant une coupe plus moderne et plus facile d’emploi.

Le A1 en cuir se ferme par 7 boutons  en corne véritable : Deux au niveau du col à fermeture rapide et 5 sur le thorax.

Le design du A1, tout comme celui de son successeur le A-2, n’est pas uniquement lié à des choix militaires. Il se doit également de donner de l’élégance au pilote comme l’atteste sa taille haute. Charles Lindbergh le portera lors de la première traversée de l’Atlantique en 1927.

Ce blouson en cuir de couleur brun-roux répond à un appel d’offre de la Marine, du Corps des Marines et de l’USAAF. De nombreuses modifications seront apportées à ce vêtement qui sera produit par un grand nombre de fournisseurs.

En raison d’une pénurie en matière de peau de cheval durant le conflit, il est également confectionné en peau de chèvre. Toujours pour des raisons de rationnement, sa doublure en soie rouge sera remplacée par du coton.

Blouson Aviateur A-2 (1931–1943) : La star

blouson de pilote de chasse A2

Il reçoit un col relevable type chemise, une tricotine en coton à chaque poignée et une à la taille ainsi que deux poches à rabats pointus cousues près de la taille. Il se ferme par une fermeture éclair cachée et possède deux pattes aux épaules.

Le A-2 est le blouson standard des pilotes de chasse américain. Il sera immortalisé au cinéma par Steve McQueen dans « La Grande Evasion ».

blouson en cuir aviateur
Cette photo nous permet de voir trois types de blousons de pilote : A gauche, nous avons un B-3 puis au centre un A-2 et à droite un B-6.

On le verra sur le dos de la plupart des stars hollywoodiennes et dans une soixantaine de films de guerre faits pour regonfler le moral des troupes et du pays.

Clark Gable qui participera à la guerre en tant que pilote de chasse au sein d’une escadrille basée en Angleterre troquera son Perfecto de motard invétéré contre un A-2.

Blouson Pilote G-1 (1938)

blouson de pilote G1

Il répond au cahier des charges passé en 1938 pour équiper l’US Navy, le corps des Marines et celui des Garde Cotes afin de remplacer le A-1.

Il s’identifie principalement par son col en fourrure de mouton démontable par pressions apportant un surplus de chaleur au niveau du cou.

Le blouson type G-1 a une carrière en parallèle avec le A-2 durant la seconde guerre mondiale durant laquelle il entre en service également en 1941 après l’attaque de Pearl Harbor. Il se ferme par un zip caché sous un bourrelet de cuir.

Il équipait notamment les escadrilles des Tigres Volants de l’AVG (American Volunteer Groups) dirigé par Claire Lee Chennault qui combattaient les japonnais en Chine et dont l’une des escadrilles portait le nom de Hell’s Angels. ­

Son appellation de G-1 n’est officialisée que durant la guerre de Corée et il est confectionné dans de la peau de chèvre (ou goatskin) imperméabilisée et teintée en brun moyen. Il présente également des soufflets au niveau des aisselles et du dos, ce qui permet de nager plus facilement lors d’un amerrissage forcé.

En 1979, le G-1 n’est plus en dotation suite à des coupes budgétaires et il est remplacé par le blouson en méta-aramide ou Nomex MA-2 que l’on nomme en France « bomber ».

tom cruise G1 blouson top gun

En 1986, Tom Cruise, entre deux vols en F-18 Super Hornet, roule sur sa Kawasaki GPZ 900 R avec un G-1 sur le dos dans « Top Gun » démontrant, s’il le fallait encore, que les liens entre les blousons de pilote et le monde de la moto demeurent toujours vivaces.

Précisions à propos des peaux et des zips constituant un blouson d’aviateur

Le cuir de cheval (horsehide) d’une épaisseur de 3 mm dans lequel est confectionné quasiment tous les blouson A-2 est très robuste s’il est correctement entretenu. Dans le cas contraire, il peut se craqueler et durcir.

Le cuir le plus solide et le plus résistant est sans contexte le cuir de chèvre (goatskin) dans lequel est confectionné le blouson G-1. Ce cuir conserve au fil des années une belle souplesse mais son aspect est plus terne et plus granuleux que celui de cheval.

blouson aviateur luftwaffe
Les beaux blousons d’aviateur n’étaient pas l’apanage des ailiers. Ici l’as Adolf Galland. Les entreprises citées plus bas proposent également des répliques des blousons d’aviateur de la Luftwaffe.

De nos jours, cuir de cheval et plus encore de chèvre sont réservés aux pièces haut de gamme. Les blousons de motos de milieu de gamme (autour de 500-600 euros) sont réalisés la plupart du temps en cuir de bovidés. Un blouson en cuir nécessite un entretien régulier et un nourrissage annuel.

De la même façon, les fermetures éclairs haut de gamme sont fournies par la maison Talon fondée en 1893 et qui est toujours active. Les zips étaient historiquement de couleur cuivrée en raison de la forte teneur en cuivre. Afin de réduire les coûts, les fermetures éclairs génériques sont désormais le plus souvent de couleur argentée.

Où trouver un beau blouson d’aviateur ?

Vous trouverez des rééditions de flying jackets relativement fidèles chez Schott N.Y.C qui possède un large réseau de distribution en France. La marque new-yorkaise n’a jamais fourni de blousons de pilote à l’USAAF mais uniquement un caban à l’US Navy.

Les maisons britanniques Aero Leather Clothing et Eastman Leather Clothing proposent des répliques en tout point identiques aux originaux pour des tarifs très corrects (800 € pour un A-2).

La firme japonaise The Real McCoy’s est une marque très haut de gamme qui revisite le vestiaire militaire américain de la seconde guerre mondiale mais également celui des motardes avec des répliques des blousons Buco. Le souci du détail et du travail bien fait typiquement nippon est au rendez-vous mais les prix s’en ressentent. Comptez 2.200 euros pour un blouson A-2.

La seconde guerre mondiale et notamment les États-Unis ont produit en masse grâce à la mise en place rapide d’un formidable outil militaro-industriel tout une panoplie de vêtements techniques (treillis, Ray Ban, rangers, etc.) qui est présent dans toutes les garde-robes à travers le modeste T-shirt .

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