Café Racer Norton Atlas : machine à remonter le temps

En 1962, le bicylindre vertical de 497 cm3 de la Norton Dominator présentée en 1949 est proposé dans une cylindrée de 750 cm3. C’est l’acte de naissance de la Norton Atlas.

La Norton Atlas : faite pour le marché américain

Norton Atlas 650

Cette augmentation de la cylindrée est une demande de Joseph Berliner, l’importateur américain de Norton. Bercé par la culture des gros V8 « Made In Detroit » et du V-Twin Harley, l’énorme marché nord-américain raffole des grosses cylindrées ultra coupleuses. Ainsi, la Norton Atlas bondit de 16 km/h à 160 km/h sur son 4éme rapport à la manière d’un jet catapulté d’un pont d’envol.

Les autres constructeurs anglais avaient déjà décliné leurs bicylindres en 650 cm3 avec les BSA A10 Golden Flash (1950) et la Triumph Thunderbird (1946).

Le cadre Featherbed : une tenue de route inégalée

Norton Atlas 920 café racer classique

Le morceau de choix de la Norton Atlas est sa partie-cycle constituée du fameux cadre Featherbed ( « lit de plumes ») créé par Rex McCandless en 1949. Greffé au monocylindre double arbres de la Norton Manx, il remporte le Tourist Trophy 1949 et Geoff Duke coiffe les couronnes mondiales en 350 cm3 et 500 cm3 en 1951.

En 1953, Cette partie-cycle fait ses premiers pas sur une moto routière avec la Norton International. Pour en savoir plus sur le cadre Featherbed, lisez notre article sur la moto hybride Triton .

La Norton Atlas : sa vie, son œuvre…

Norton Atlas cadre featherbed

Cette moto n’est donc qu’une évolution du premier bicylindre culbuté de la firme de Birmingham : la Norton Dominator. Grâce à un réalésage et une augmentation de la course, la cylindrée passe de 497 cm3 à 745 cm3 actant la naissance de la Norton Atlas.

Ce bicylindre vertical sera produit durant trois décennies (1947- 1977) et évoluera peu. À la fin de sa carrière, sa cylindrée culminera à 828 cm3 avec la Norton Commando 850 soit quasiment le double de celle de la Dominator !

La Norton Atlas sort en 1962 et est équipée d’un moteur Pre-unit doté d’une boîte séparée à 4 rapports .

Twin Norton Atlas 750
Un Twin comme les aime les Américains : ultra coupleux !

Le Twin de 745 cm3 alimenté par un carburateur Amal Monobloc de 30 mm produit 55 chevaux à 6500 tr/mn malgré un taux de compression plutôt bas de 7,6 : 1. L’anglaise peut filer « théoriquement » à plus de 190 km/h. Son moteur très longue course (89 mm) et un Twin calé comme il se doit à 360° risque de vous faire sauter les plombages à haut régime !

Le cadre Isolastic solutionnera ce désagrément en plaçant des Silentbloc® entre moteur et partie-cycle avec la Norton Commando millésime 1968. Erik Buell s’inspirera de ce procédé sur ses motos.

Café Racer sur base de partie-cycle de Norton Atlas 1967

bicylindre vertical Norton
Le Twin de 745 cm3 (ici porté à 920 cm3) était donné pour 58 ch à 6800 tr/mn : un record à l’époque !

Ce café racer classique est l’œuvre d’un spécialiste danois en matière de motos anglaises vintage.

La partie-cycle : la chasse au poids superflu est ouverte

Norton Atlas

Le cadre Featherbed est bonifié par la pose de nombreux éléments modernes ou en aluminium afin d’obtenir le meilleur rapport poids-puissance possible :

  • Paire de combinés Girling
  • Bras oscillant
  • Voiles de roues
  • Tés de fourche
  • Réservoir d’huile
  • Réservoir d’essence réplique de celui de la Norton Manx

La préparation moteur

frein à tambour Grimeca

Le bicylindre provient d’une Norton Commando 850 et il est bonifié par la pose :

  • Une paire de carburateurs Amal Concentric MK2.
  • Un kit moteur faisant passer la cylindrée à 920 cm3.
  • Deux lignes maison se terminant par des silencieux contre cone.

Le Vertical Twin Norton boosté demande :

  • Un embrayage renforcé pour transmettre la surplus de puissance.
  • Un gros frein avant pour calmer ses ardeurs. Il est constitué par un moyeu Grimeca 4LS recevant un frein à tambour à quatre cames

Une ergonomie british et café racer

La position de conduite est exigeante avec des guidons bracelets et des commandes reculées. Les compteur et compte-tour Smiths donnent les informations utiles à son gentleman rider.

Chaque sortie sur ce café racer « organique » s’apparente à un voyage extraordinaire où l’on trace des courbes proche de la perfection parfumées par des volutes d’octane.

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