La célèbre maison de ventes aux enchères britanniques Bonhams se délocalise à Paris le jeudi 8 février pour le salon Rétromobile.

La verrière du Grand Palais verra défiler pas moins de 138 voitures d’exception avec 6 voitures de rally dont 2 Lancia Delta S4 ainsi qu’une collection quasi-complète de Lamborghini vintage.

Nous en avons sélectionné 4 véhicules proposés lors de cette vente géante dont trois Lamborghini illustrant la genèse du constructeur de Sant’Agata Bolognese.

Une Lamborghini Diablo est également mise en vente mais cette voiture de 1996 évolue dans l’univers des « youngtimers », donc à mi-chemin entre la collection et l’occasion. Bref, la Diablo, c’est plus « Fast and Furious » que « La Dolce Vita » !

La naissance de Lamborghini

lamborghini 350 GT 1964 super car

La 350 GT. Ce véhicule ne fait parti de la vente.

L’histoire raconte que Ferrucio Lamborghini, qui dirige une usine de tracteur, se plaint à Enzo Ferrari de problèmes récurrents d’embrayage sur sa dernière Ferrari. « Il Commendatore » lui rétorque : «  Qu’est-ce qu’un fabricant de tracteurs peut connaître en matière de voitures d’exception ! Retourne à ta ferme et laisse moi le soin de construire des voitures de sport !»

Furieux, Ferrucio réglera lui-même le problème d’embrayage en utilisant un élément provenant d’un tracteur. Les 2 hommes ne se reparleront plus jamais…

Cette altercation allait donner naissance à l’un des constructeurs automobiles parmi les plus exclusifs.

Lamborghini 400 GT 2+2 coupé 1966

lamborghini 400 GT 4+4

La 400 GT 2+2 millésime 1966 proposée par Bonhams est la deuxième génération de Lamborghini à sortir des usines de Sant’Agata Bolognese depuis la création de la marque en 1963.

Comme toutes les Lamborghini, que nous pourrions qualifier « de la grande époque », la 400 GT 2+2 reçoit un moteur V12 ; seule mécanique digne d’intérêt pour l’industriel italien.

La firme « Automobili Lamborghini » est fondée en octobre 1963 et présente à la hâte une première voiture lors du salon de Turin de la même année. Elle reçoit comme emblème un taureau en raison du signe astral de Ferrucio Lamborghini et non pour un prétendu attrait pour la tauromachie. Il s’agit de la 350 GTV.

Ce prototype, puisqu’elle fut construite à 1 seul exemplaire, allait donner naissance à la 350 GT présentée lors du salon de Genève 1964.

La 350 GT reçoit le V12 de 3,5 litres à 4 arbres à cames en tête dessiné par l’ingénieur Giotto Bizzarrini pour la 350 GTV.  Bizzarrini n’est rien de moins que le créateur du V12 de la plus mythique des Ferrari de route : la 250 GTO.

Le V12 monté sur la 350 GTV sera fiabilisé par Gian Paolo Dallara ; un jeune ingénieur lui aussi transfuge de Ferrari. Le moteur offre 270 ch.

120 exemplaires de la 350 GT sortiront de l’usine située dans la région d’Emilie Romagne.

lamborghini 400GT 2+2L’année 1966 vit l’apparition de la 400 GT 2+2 , soit un coupé 4 places de Grand Tourisme déjà dessiné par le jeune Marcello Gandini. Le V12 possède désormais une cylindrée de 3 929 cc et produit 320 ch pour une vitesse de pointe donnée pour 240 km/h.

Ce coupé 4 places sera produit à 247 exemplaires entre 1966 et 1968. La GT 400 2+2 mise en vente est une « matching numbers » ou à numéros concordants.

Lamborghini Miura P400 S coupé 1968 : s’il ne fallait n’en choisir qu’une !

lamborghini miuraL’iconique Lamborghini Miura qui symbolise à elle seule l’insouciance des années 60 et le génie de Marcello Gandini, encore à l’époque chez le carrossier Bertone, qui signe ici son chef-d’oeuvre.

La mécanique est au diapason de l’esthétique de l’automobile : La Miura accueille un V12 de 3,9 litres en position centrale arrière (en transversal et non plus en longitudinal) délivrant pas moins de 350 chevaux. Le moteur est entièrement réalisé en aluminium. Au final, le moteur et ses organes ne pèsent que 270 kg sur la bascule !

lamborghini miura 1968A titre de comparaison , « la sportive étalon », la Porsche 911 n’en proposait que …130 !

La Lamborghini Miura, donnée pour plus de 290 km/h, est régulièrement chronométrée à 270 km/h. Elle invente un nouveau concept automobile : la Super Car.

Lamborghini Countach LP400 Coupé « Periscopio » 1974 : la dernière de son espèce !

lamborghini countach 1968
Une Countach LP 400 coupé dite « Periscopo » de 1974 passera également sous le marteau du commissaire-priseur.

Le nom de « Periscopo » provient de la forme « en périscope » de ses rétroviseurs mais l’élément le plus novateur en terme de design est la cinématique d’ouverture de ses portes dites en élytre.

Présentée lors du salon de Genève en mars 1973, cette voiture digne de Star War (1977) est animée par un V12 à 60° directement dérivé de celui de la Miura mais ramené à 4 litres. Il est alimenté par 6 carburateurs Weber double corps placés horizontalement. Ce « petit » moteur produit 375 ch.

La Countach proposée par Bonhams lors de cette vente, a été construite à moins de 150 exemplaires.

lamborghini vintage countachLa carrosserie de cette exubérante supercar des 70’s est encore et toujours signée par « El Maestro » Gandini. C’est la version « la plus pure ». Les générations de Countach suivantes seront nettement plus « empâtées » avec la greffe d’appendices aérodynamiques de plus en plus proéminents afin de plaire à une clientèle faite de Rock stars et autres rois du pétrole…

lamborgini vintage countach 1974Car la malchance de la Countach est d’avoir été conçue avant le premier choc pétrolier de 1973. Dans un tel contexte avec une consommation de son V12 digne d’un chalutier, auquel on peut ajouter les premières normes anti-pollution et les premières limitations de vitesse, ses ventes vont se réduire comme peau de chagrin. Ainsi, en 16 années de commercialisation (1974-1990), seulement 609 Countach seront produites.

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