Le film « La Grande Evasion » s’inspire d’une histoire vraie : L’évasion du Stalag Luft III situé à Sagan (de nos jours Żagań en Pologne) où était détenus des pilotes et équipages des forces alliées.

76 détenus s’échapperont et seulement trois retrouveront la liberté. Onze réintégreront le Stalag, les autres évadés seront fusillés.

La scène où Steve McQueen (capitaine Virgil Hilts) s’empare d’une BMW pour atteindre la Suisse chassé par une horde de soldats de la Wehrmacht deviendra la poursuite en moto la plus célèbre jamais filmée.

La Grande évasion

Pour des raisons liées aux assurances, elle est effectuée non par Steve McQueen mais par son ami et pilote Bud Ekins. Ce dernier, tenait depuis le début des années 60, une prospère concession Triumph à Hollywood.

Le « King Of Cool » visionnant les rushs trouve que son personnage est bien léger. Il décide de ne plus tourner tant que son personnage ne sera pas plus étoffé. Il finit par convaincre le réalisateur, John Sturges, d’insérer la scène en moto dans le script.

Cette séquence a été filmée à Fussen à proximité de la frontière autrichienne. Le frère de Bud Ekins, Dave, et Tim Gibbes (un pilote australien de motocross) feront de la figuration. Grâce à la magie du cinéma, McQueen participe à la poursuite en se grimant en motard allemand. Ainsi, c’est l’acteur qui couche la moto lorsqu’un câble est tendu de part et d’autre de la route.

La moto

La Grande Evasion Triumph

Sur cette photo, on reconnaît parfaitement le bicylindre vertical Triumph.

Les motos allemandes de la seconde guerre mondiale n’ étaient ni assez puissantes ni assez performantes en terme de partie-cycle (cadre rigide) pour réaliser le saut final.

Trois Triumph TR6R sont achetées par la production à l’usine de Meriden, l’usine historique de Coventry ayant été rasée durant le blitz.

Elles sont maquillées à la va vite en des monocylindres donnant l’apparence d’une BMW ou d’une DKW en dotation dans la Wehrmacht ou la SS.

Un porte-bagage et une vieille selle donneront l’illusion d’une moto des années 40. Le coté militaire sera obtenu en les recouvrant de la teinte « olive drab » (un vert profond) qui était la couleur des véhicules de l’armée américaine !

triumph Trophy TR6

Une TR6 Pre-Unit « civile »: Cette déclinaison de la Thunderbird (1950) est considérée aux US comme un « véritable  hot rod » !

Les motos utilisées sont des Triumph TR6R de 1962. Cette moto possède un gros avantage, Bud Ekins tout comme Steve McQueen la connaissent jusqu’au bout des ongles.

La Triumph TR6 est la descendante de la  6T Thunderbird (1950) qui s’était illustrée aux mains de Marlon Brando dans « L’Equipée Sauvage« .

Le bicylindres parallèle de 650 cc était une demande des deux importateurs américains de la marque : Johnson Motors pour la cote Ouest et TriCor  pour la cote Est des États-Unis.

Les américains biberonnés aux Harley-Davidson et Indian recherchent des motos très coupleuses et qui s’avèrent être également très performantes pour les endurances TT comme la Big Bear ou la Catalina Grand Prix ainsi que les courses de désert.

triumph la grande évasion

Le bicylindre 500 cc conçu par Edward Turner a vu sa cylindrée portée à 650 cc afin de satisfaire l’énorme marché US. Certaines années 70 à 80 % de la production de Meriden prend le chemin du nouveau Monde. La Trophy reçoit un nouveau haut moteur en alliage qui résout les problèmes de surchauffe.

A contrario, les européens préfèrent la sylphide TR5 et en motocross les monocylindres.

Les motos utilisées durant le tournage font partie du dernier millésime de Triumph équipé d’un moteur et d’une boîte séparés (pre-unit). Elles sont destinées à la route comme l’atteste la lettre « R » (« Road » ou « Route »).

Notons que ce qui différencie une Trophy (ou « TR ») et une Bonneville (T-120) est le nombre de carburateurs alimentant le bicylindre vertical.

triumph steve mcqueen

Moyennant une légère préparation, cette moto est un redoutable desert sled !

Il n’y en a qu’un pour les TR contre deux pour les Bonnies. Steve McQueen préférera les Triumph Bonneville légèrement plus rapide qu’une 650 Trophy.

La Triumph TR650 (1956-1973) produit 46 chevaux à 6500 tr/mn et peut atteindre 160 km/h. Son poids est de  172 Kg.

Le saut

Saut en moto La Grande Evasion

Le fameux saut mesure 20 mètres de long et 3,7 mètres de haut. Il est réalisé à une vitesse d’environ 100 km/h. Pour ce faire, Bud Ekins avait creusé à la pelle une rampe de fortune donnant une trajectoire en arc de cercle ménageant une réception tout en douceur sur la roue arrière.

N’oublions pas que la fourche de la Triumph TR6R n’a qu’un modeste débattement de 150 mm. Les suspensions arrières Girling ne sont guère plus performantes.

Bud Ekins empochera, pour ce qu’il qualifiera « d’argent facile », la coquette somme de 1000 dollars pour sa prestation soit le prix de trois Triumph de l’époque.

Anecdotes de tournage

Charles Bronson qui joue le rôle du chef tunnelier avait été mineur. Il souffrait de plus de claustrophobie comme son personnage. Il fournira à John Sturges de précieuses informations techniques.

Durant la seconde guerre mondiale, Donald Pleasence avait été un officier de la Royal Air Force et interné dans un Stalag. Apprenant cela, le réalisateur fera quasiment de l’acteur un conseiller technique.

Grace à ce film, Bud Ekins ajoutera une corde à son arc ; celle de cascadeur.

Parmi, ses 500 apparitions au cinéma ou pour la TV, il doublera Steve McQueen dans « Bullit » (1968) et remontera à mainte reprises sur une Kawasaki KZ 900 pour la série « CHIPs » (1977).

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