La Suzuki DR650 ne fait pas partie des motos les plus huppées de l’histoire motocycliste. Sa mécanique est rustique voire frustre avec un monocylindre de 644 cm3 refroidi par air et huile et une alimentation confiée à un carburateur Mikuni.

Seule concession au modernisme, le trail conçu à Hamamatsu voit le gromono chapeauté par une culasse à 4 soupapes commandées par un arbre à cames en tête.

suzuki DR 650

Cette moto est à classer dans les bêtes de somme avec ses performances modestes : 43 ch et 54 N.m pour 160 kg tous pleins faits. Son esthétique « full plastoc » n’en fait pas une prima donna des monocylindres comme peut l’être une Velocette Thruxton.

C’est là qu’entre en jeu, les acteurs de la nouvelle scène custom qui vont donner à ces motos une seconde vie en améliorant les performances mais surtout en modifiant un design devenu disgracieux au fil des ans.

Cet art de la récup et de la débrouille, devenu « tendance », permet de réaliser de très belles machines pour des tarifs low coast si l’on dispose d’un local et d’un minimum de sens mécanique mais surtout esthétique.

D’ailleurs, les constructeurs n’ont pas tardé à se jeter sur cette « tendance » lourde avec les motos néo-rétro et à organiser leurs propres concours où chaque concession rivalise au sein du réseau. Le but étant pour le coup de vendre de l’accessoire constructeur.

Le scrambler de Parr Motorcycles est construit autour d’une Suzuki DR 650 de 2012 n’ayant que 10 400 km au compteur. Le builder qui se cache derrière cette enseigne, Spencer, n’en est qu’à sa seconde réalisation. Sa première machine conçue était également sur la même base.

L’inspiration

Parr Motorcycles a souhaité retrouver le look « organique » des trails vintage Suzuki à moteur 2 temps des seventies. Comme toutes les motos de cette époque, le réservoir des Suzuki TS était recouvert d’une peinture qualitative faite de plusieurs coloris et noyée sous plusieurs couches de vernis. Un genre de traitement luxueux que vous ne retrouverez plus de nos jours même sur des motos très haut de gamme…

suzuki TS 250 tracker
Suzuki TS 250 dans un joli vert très seventies

De plus, les lignes du joli bidons de benzine sortaient alors de l’esprit d’un brave designer et non d’un logiciel de CAO.

Ces motos à la mécanique simplissime, recevant des garde-boue chromés (encore le témoignage d’une qualité à jamais perdue), étaient de vraie armes en ville grâce à un rapport poids/puissance toujours d’actualité. Ainsi, le trail Suzuki TS 400 de 1976 produisait 34 ch pour un poids de 124 Kg ! Le moteur 2 temps sera mis au ban par la norme Euro 1 bien aidé en cela par Honda…

La Préparation : Suzuki DR 650 scrambler

La partie esthétique

Comme de coutume, la partie arrière du cadre a été tronçonnée puis un nouveau bâti abaissant la hauteur de selle a été conçu afin de donner une allure de scrambler à notre Suzuki.

Une fois l’ensemble soudé, le cadre modifié et le bras oscillant sont recouverts d’une peinture en poudre cuite.

Le circuit électrique a été revu et l’unité centrale est cachée sous la selle recouverte de cuir.

Un petit réservoir de 9 litres provenant d’une Suzuki TS 250 de 1978 remplace avec bonheur l’élément de série. C’est lui qui donne toute son identité à ce projet. Il est recouvert de bleu, orange et blanc et son graphisme est en tout point identiques à celui d’époque.

L’optique avant à LED est fournie par KC alors que le feu « tomate » arrière, toujours à LED, provient de Purpose Built Moto.

Un amortisseur de direction Scott calme le coté impétueux du monocylindre Suzuki quelque peu boosté et allégé. Compteur Motoscope Mini et potences BRP : Du beau matos !

Ce scrambler Suzuki ne verse pas dans le vintage à tout prix et il adopte les bons cotés de la technologie moderne en se dotant d’équipements Motogadget dont un compteur Motoscope et un antivol de direction M-Lock sans clef.

Des clignotants placés en bout de guidon et une batterie lithium-Ion closent ce système électrique simplifié mais très soigné.

Le monocylindre

Le monocylindre Suzuki étant faiblement kilométré, Spencer n’a eu à changer que quelques boulons et roulements. Il était tentant de hausser le ton en terme de puissance.

moto scrambler

Le mono de 644 cm3 s’anime désormais grâce à un carburateur haute-performance  Keihin FCR 39 qui répond instantanément à la moindre sollicitation de la poignée de gaz. Un échappement FMF totalement poli se charge d’expulser les gaz brûlés.

La partie-Cycle

Une fourche inversée de Suzuki RMZ450 de 2007 remplace la fourche conventionnelle du trail Suzuki.

fourche Suzuki RMZ
La fourche inversée reçoit des cartouches Racetech.

L’amortissement arrière provient de Cogent Dynamics qui a réalisé un mono-amortisseur sur mesure doté d’un ressort Racetech permettant d’obtenir un accord parfait des suspensions.

Toujours dans une optique d’une préparation de type scrambler, la roue avant de 21 pouces de série cède sa place à une dimension plus en adéquation avec le propos de cette machine soit 19 pouces alors que la taille de la jante arrière demeure d’origine (17 pouces).

Thomas Parr se porte donc acquéreur de 2 voiles de jantes Warp 9 rayonnés sur deux moyeux oranges reprenant l’une des couleurs du réservoir. Le scrambler est chaussé en pneu trail Shinko 705.

préparation scrambler trail japonais

La Suzuki DR 650 : Une base idéale pour se lancer dans une première préparation

Scrambler moderne
Les compétences mécaniques s’acquièrent mais pas un « œil d’artiste ». Notez l’alignement parfait entre le réservoir et la selle.

Ce scrambler Suzuki construit est un cas d’école à suivre si l’on veut se lancer dans la customisation de moto.

Le moteur est très simple et et ne fait donc pas exploser le budget avec une potentielle réfection complexe. De plus, la base est abondante et l’on peut dégotter un beau Suzuki DR 650 pour environ 1500 €. Avec ce budget riquiqui, vous pourrez comme Spencer Parr vous faire plaisir en achetant quelques belles pièces et investir dans de l’outillage de qualité.

Parr Motorcycles

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