La Street 750 lancée en 2014 n’a pas réussi à s’imposer dans le marché des roadsters de moyenne cylindrée et ceci malgré un prix plutôt serré (sous les 7500 €) pour une Harley-Davidson.

Cette moto peine à se vendre en raison d’un V-Twin liquide avare en sensations (un comble pour une Harley-Davidson !), d’un freinage médiocre et d’un degré de finition indigne du nom arboré sur les flancs du réservoir. Au final, cette moto ne séduit ni les motards ni les bikers. Ces derniers trouvent qu’elle « fait tache » et dévalorise leur monture payée au prix fort. Une opinion d’ailleurs que partagent les concessionnaires qui répugnent à mettre « ce vilain petit canard » dans les show rooms à coté de motos coutant en moyenne 4 fois le prix d’une Street !

Harley Davidson a bien conscience de ce manque d’image pour une Harley qui ne vibre pas, à la finition très moyenne et qui n’est même pas …« Made In USA » !

Ainsi, au printemps 2017 la Motor Compagny a lancé une version plus affutée aussi bien au niveau moteur que partie cycle baptisée « 750 Street Rod ». Le tarif de cette moto progresse de 1000 € par rapport au modèle standard.
street 750 moto
La Motor Compagny, toujours afin de casser l’image d’une moto sans caractère, a lancé un plan de communication visant à créer des Streets customisées qui feront le buzz.

5 builders nippons ont été approchés par Milwaukee afin de donner leur version d’une Street 750 et une caution « kustom » .

Kaichiro Kuroso, à la tête du garage Cherry’s Compagny basé à Tokyo, fait parti des cinq préparateurs sélectionnés.

Son atelier prépare des Twins de Milwaukee depuis plus de 20 ans. Grâce à l’émergence de la customisation de néo rétro, il est désormais contacté par d’autres constructeurs comme BMW. Il a d’ailleurs « commis » un superbe racer sur la base d’une Ninety Nine.

Kaichiro, suite à plusieurs voyages en Europe lors d’événements moto en 2015, a découvert la scène Café Racer. Il a donc décidé avec la Street 750 de s’essayer à un autre genre que ses préparations tendance « Harley Old School » où il excelle.

Ce sera donc un Café Racer baptisé « XG750 Turbo » mais traité avec la savoir faire sans égal des petits ateliers de L’empire du Soleil Levant en matière de customisation.

Au niveau moteur

Le Twin Revolution X reçoit un turbocompresseur. Cette greffe nécessite de revoir le système de lubrification du bicylindre afin que le turbo soit convenablement refroidi et lubrifié. La chose est d’autant plus difficile que Kaichiro a du travailler en « aveugle » car les préparations moteurs sur cette moto sont quasi inexistantes.

Hormis, le turbo en lui même d’origine automobile, Cherry‘s Compagny a confectionné la totalité des pièces permettant de suralimenter le bicylindre comme l’échangeur latéral de refroidissement ou l’échappement spécifique.

Le cadre de la Street a été conservé mais il a été très largement modifié.

Nous trouvons à l’avant une fourche à parallélogramme de type Girder à un seul amortisseur. Les 2 T de fourche sont façonnés avec des outils numériques à partir d’un bloc d’aluminium. Les 2 bras de fourche et l’ensemble des divers axes et biellettes ont réalisés dans un acier spécial extrêmement dur (45C).

La suspension arrière provient d’une Ducati Monster alors que le bras oscillant est encore une fois du « homemade » . Les jantes avant et arrière faites sur mesure sont chaussées de slicks Dunlop.

Réservoir et dosseret ont été réalisés à partir de feuille d’aluminium et sont recouverts d’une peinture réalisée par Nomads Concepts. La selle en cuir est signée Skunk.

Comme un grand Whisky japonais !

La 750 Street par Cherry Compagny, c’est simplement de la haute couture ! Kaichiro Kuroso a créé un café racer du 3ème millénaire qui conserve les figures imposées par ce style tout en y influant la patte nippone dans l’art de la préparation des motos.

La partie cycle et la carrosserie laissent à penser que le custom builder s’est aussi inspiré de l’entomologie ou/et de biomécanique. Le moteur, revu en mode Streetfighter (une autre passion des japonais en matière de personnalisation moto), est du même tonneau de…whisky !

Crédit photos : Hiromitsu Yasui  and also a special thanks to « Tad »