Il paraît impossible d’établir une « datation au carbone 14 » où et quand l’homomotardus a commencé à bidouiller pour faire autre chose que de l’entretien ou de la réparation, créant par là même la « custom culture ».

Signalons que la « personnalisation » dans ces époques lointaines avait pour objet principal de rendre la moto surtout plus performante. L’esthétique deviendra essentielle avec le mouvement chopper qui verra le jour au milieu des années 50.

La personnalisation ou customisation des motos (mais aussi des autos avec le hot rodding) voit le jour aux États-Unis dès les années 20 et donc bien avant le phénomène bobber.

Cut Down Harley

Un chef d’œuvre des pionniers de la custom culture. Il s’agit  d’un Cut Down sur base de Type J de 1919. Les drag pipes sont déjà en version « loud pipes save life » !

Au commencement de la custom culture était le Cut Down

Les toutes premières motos personnalisées portent le nom de Cut Down. Ces motos préparées utilisaient des mécaniques plus anciennes (nous y reviendrons plus bas) que les bobbers.

Les bobbers voient le jour au lendemain de la seconde guerre mondiale. Ils sont construits à partir des Harley-Davidson et des Indian principalement à distribution latérale.

En Europe, nous connaissons bien cette motorisation qui équipa les Harley Davidson WLA ou WLC 750 surnommées « laté » qui débarquèrent  sur les côtes normandes en juin 1944 .

Les États-Unis se sont construites grâce à un cheval extrêmement endurant : le quarter horse.

Avec le même état d’esprit, vingt ans après la fin de la conquête de l’Ouest, les mécaniques américaines des années 20 se doivent d’être très solides.

Elles utilisent des alliages très durs et sont équipées de roulements aux dimensions très généreuses. C’est vrai chez Ford et son modèle T et c’est aussi vrai chez Indian ou Harley-Davidson.

Toujours dans la recherche d’une extrême fiabilité, les Harley et Davidson sont propulsées par de V-Twin de très forte cylindrée ( en général 1000 cc ou 61ci).  La plupart de leurs rivales européennes sont des 250 voire au mieux des 500 cc.

Une doxa mécanique étatsunienne résume bien la production auto et moto du nouveau monde : « Nothing beats cubic inches » (« rien ne surpasse les pouces cubiques »).

harley type j

Harley Davidson Type J restaurée.

La fiabilité des moto US étant bien là, il est donc possible d’entreprendre des préparations.

Les motards roulant sur des motos européennes sont plus en « mode survivaliste » emportant la quasi-totalité de leurs glingues à chaque sortie.

Harley Davidson Type J

Le cheval de bataille de la firme de Milwaukee de 1915 à 1929 est la  Type J. Cette moto possède un V-Twin de 1000 cc semi culbuté qui délivre une bonne quinzaine de chevaux dès 1915. En 1920, Milwuakee commercialise une version 1200 cc ou 74 ci.

La Type J de 1915, chose difficile à croire de nos jours pour une marque connue du motard lambda comme étant « conservatrice », est d’une extrême modernité pour l’époque.

Cette moto possède dés 1915 une distribution semi-culbutée (à l’admission), une boite à 3 rapports, un solide embrayage à disques, une transmission primaire et secondaire par chaîne.

La type J peut atteindre en théorie plus de 100 km/h en pointe mais les routes de l’époque aussi bien USA qu’en Europe ne le permettent pas encore !

La Type J est remplacée en 1929 par le Model D

Le Model D inaugure un V-Twin de 750 cc (ou 45 ci) à soupapes latérales ; une motorisation nettement moins « noble » que la Type J  semi-culbutée.

Cette architecture moteur nouvelle chez Harley Davidson, mais qui fait le succès d’Indian depuis les années 20, va être déclinée au fil des années en de très nombreux modèles et cylindrées allant jusqu’au 80 ci (1340 cc).  La puissance du Model D est modeste avec environ 20 chevaux.

L’antique Type J créé 15 ans plutôt quasiment aussi puissante mais plus légère. Elle reste donc toujours dans le coup !

Harley davidson 1929 JDH two cams

La JDH 1928 était présentée en ces termes : « La machine de route la plus rapide jamais proposée par Harley-Davidson ». Et c’était tout sauf une publicité mensongère ! Cette moto diffère des types J  par son carter moteur en forme de banjo dit « banjo case ». Il enferme les deux arbres à cames.

Harley Davidson JDH : La Superbike de l’entre deux-guerre

En 1928 et 1929, Milwaukee propose une version sportive de la Type J. C’est la la JDH dite « Two Cams ». Cette moto de 1207 cc (74 ci) ne doit tracter que 185 kg pour une puissance de 29 chevaux.

La JDH atteind pour le moins 140 km/h grâce à sa distribution à deux arbres à cames (« two cams ») conçue par l’ingénieur Bill Ottoway et directement venue du monde des boardtrackers .

La JDH est sans aucun doute la moto de route la plus sportive et ambitieuse issue des usines de Milwaukee.

Malheureusement son prix est à la hauteur de ses performances : stratosphérique ! Elle est réservée à quelques « happy few » dont Clark Gable. Son prix de 370 $ de l’époque est supérieur de 100 $ à celui d’une Ford T !

Même l’icône Knucklehead fait pâle figure face à la JDH avec une puissance équivalente mais avec un poids de 234 kg. Signalons qu’il existe une version 1000 cc (61 ci) sous l’appellation « JH ».

La Motor Compagny produira environ 1000 JH et 1200 JDH.

Harley davidson cut down

Harley Davidson Cut Down sur base de JDH 1200 cc. Petit phare Sparto à l’arrière, garde-boue raccourcis, guidon « buckhorn », etc., nous sommes bien aux sources de la custom culture !

A suivre…

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