Cette moto a été imaginée par Ulfert Janssen (Gannet Design) et a été réalisée par Stefan Fuhrer (Fuhrer Moto).

Ce dernier était le mécano attitré des pilotes suisses Dominique Aegerter (qui court en Moto2) et de Tom Lüthi (MotoGP). Excusez du peu !

Le studio de design n’est qu’à une centaine de mètres de l’atelier de mécanique, ce qui a permis de régler très rapidement les problèmes de conception du café racer. La base choisie est une Moto Guzzi Roamer de 2016.

moto guzzi V9 roamer

La Moto Guzzi V9 Roamer

Cette moto est un excellent choix car la belle de Mandello Del Lario est l’une des dernières motos encore construite en Europe, ce qui justifie au passage son prix d’environ 10 000 €.

Et il s’agit d’une vraie classique et non d’une énième néo-rétro ou autre vintage puisque le bicylindre perpendiculaire à la route est directement dérivé de la Nevada de 1991.

Cette Twin se prête très bien à une préparation moteur grâce à une conception simple (refroidissement par air, deux soupapes par cylindre, distribution culbutée, etc.) malgré la norme Euro 4. Seul le Sportster de Harley-Davidson fait aussi « simplissime ».

La Moto Guzzi V9 Roamer mais également les V7 sont idéales pour les custom builders en herbe qui veulent se lancer dans une préparation à partir d’une moto très récente. Ils n’auront pas la crainte de tomber sur un piège qui va demander du temps et de l’argent avant toute modification.

La préparation

La coque arrière a nécessité un gros travail afin de trouver les bonnes proportions avec le réservoirs et les lignes agressives du racer voulues par Ulfert Janssen. Une ébauche en mousse dure a permis de trouver les bons volumes et courbes. A partir de cette matrice, le carrossier Bruno Bertschy a réalisé le dosseret en martelant une feuille d’aluminium.

Comme à l’accoutumé, un support maison se charge d’associer la fine selle et le dosseret au cadre.

Cette coque est légèrement sur-élevée afin de donner une position très racing. Ne l’oublions pas, cette moto doit participer à des épreuves de sprint racing (sorte de course de dragster conviviale) et à des courtes ballades menées bon train. Ceci explique une position de conduite où le poids du pilote repose sur les poignées.

Un travail moteur conséquent

Le bicylindre perpendiculaire à la route abandonne son système d’injection Marelli contre une paire de carburateurs Keihin.

Deux entrées d’air biseautées prennent la place de la boîte à air et des caches latéraux.

Ce retour à une alimentation classique est un tour de force car le reste des équipements électroniques de série sont conservés comme l’allumage ou les différents capteurs.

Au niveau de l’ergonomie, la partie basse du cadre de la V9 a été débarrassée de toutes les pattes devenues inutiles. Ainsi, le racer italien se voit doté de commandes reculées conçues par la société italienne CNC Racing qui fournit notamment l’écurie italienne de MotoGP Pramac. Le sélecteur a nécessité une adaptation pour fonctionner avec la boîte à 6 rapports de la Moto Guzzi.
moto guzzi cafe racer
Les gaz d’échappement sont évacués par une paire de collecteurs tout en rondeur donnant un coté très vintage. Les deux silencieux Leo Vince GP se chargent d’atténuer quelque peu les décibels émis par le Twin italien.

La partie-cycle

moto guzzi v9 roamer cafe racer

La fourche de série cède sa place à un modèle haut de gamme fourni par Öhlins de 210 mm de débattement sur laquelle s’ancre le garde-boue avant raccourci. Les deux Tés IMA assurent la liaison entre le cadre et la nouvelle suspension avant. Un axe de colonne de direction a dû être usiné afin d’adapter cadre et fourche.

L’amortissement arrière est également assuré par l’équipementier suédois avec une paire de combinés Öhlins série Blackline.

Kineo fournit une paire de jantes à rayons en 18 pouces donnant d’emblée un aspect racing. Les éléments de la V9 Roamer ont des dimensions plus dans un esprit custom  avec 19 pouces à l’avant et 16 à l’arrière. Afin de donner à la belle italienne une note encore plus sprint racer, la jante arrière accueille des flasques en aluminium. Cette pièce donne à la moto un esprit encore plus vintage car cet accessoire était très présent sur les lakesters des années 50-60.

Les accessoires : du 100% Deutsche Qualität !

Les accessoires qui équipent cette Moto Guzzi sont une vraie ode aux PME allemandes travaillant dans l’accessoirisation des motos. Pour plus de détails, je vous invite à jeter un coup d’œil à la fiche technique en bas de page.

moto guzzi v9 cafer racer

Attardons-nous tout de même sur la centrale m-Unit fournie par MotoGadget. Cet élément électronique permet de simplifier grandement le circuit électrique des motos modernes dont celui de la V9. La Moto Guzzi, malgré un aspect et une motorisation classique, embarque un pack électronique conséquent (ABS, contrôle de la traction, etc. ). La centrale permet d’effectuer un check-up de l’état électrique de votre moto via une application pour smartphone. Comme quoi, les Temps Modernes ont parfois du bon !

Grâce à une alimentation désormais « analogique » et des pots plus libres, le placide Twin Moto Guzzi retrouve certains attributs de ses augustes ancêtres comme la V7 Sport du début des 70’s ou la série des Le Mans.

moto guzzi v9 roamer custom

La peinture est réalisée par Walter Oberli. Le réservoir mélange des parties de métal mises à nu puis brossées et recouvertes de vernis avec des parements bleu. On retrouve ce bleu sur le dosseret faisant office de porte numéro ainsi que sur les couvercles de culbuteurs.

Le trail néo-rétro V85TT, présenté lors de l’EICMA 2018, est équipé d’une version retravaillée du bicylindres de la V9 développant 80 ch.

Il est certain qu’un racer, avec cette nouvelle motorisation et traité dans l’esprit de cette préparation, trouverait sans mal son public.

Ne perdons pas de vue que cette moto n’est pas un énième néo-rétro mais une vraie classique qui n’a pas succombé aux sirènes des délocalisations !

sprint racing Glemseck 101

Fiche technique Moto Guzzi V9 Roamer

Moteur

Moteur : bicylindres à 90° de 853 cc perpendiculaire à la route

Alésage x Course : 84 x77 mm

Taux de compression : 10,5:1

Puissance : 55 ch. à 6250 tr/mn de série (préparé: n.c.)

Couple:62 Nm à 6.250 tr/mn de série (préparé: n.c.)

Alimentation : Marelli (deux carburateurs keihin)

Echappements : Ligne 2 en 2 homemade

Silencieux : Leo Vince GP

Boîte de vitesse : 6 rapports modifiés

Partie-cycle

Fourche : Öhlins inversée de 210 mm de débattement

Amortisseurs : un jeu de Öhlins série Blackline

Jantes : Kineo à rayons en 18 pouces avec voile aluminium homemade à l’arrière

Poids : 199 Kg de série

Accessoires

Poignées : Biltwell

Guidon-bracelet multi-positions : ABM Fahrzeugtechnik.

Comodos : Boutons Jetprime de couleur noir

Cocottes : Synto bleu et noir rappelant les coloris du racer italo-germanique.

Feu avant et arrière : Highsider

Compteurs de vitesse et de régime : Modèle « Daytona » de Paaschburg & Wunderlich

Système de démarrage sans clef : m-Lock de MotoGadget

Clignotants à LED en bout de guidons : m-Blaze de MotoGadget

Centrale électronique : m-Unit de MotoGadget

Divers :

Travail de carrosserie : Bruno Bertschy

Peinture : Walter Oberli

Photo crédit  /Courtesy of : Arnaud Mouriamé et Gannet/Fuhrer

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