Le Sportster est commercialisé en 1957 sous la dénomination de « modèle XL ».

Basiquement, il s’agit d’un KH sur lequel les ingénieurs de Milwaukee ont greffé une distribution culbutée à 2 soupapes par cylindre.

1957 : naissance du sportster par Harley DavidsonLa totalité des éléments de la partie-cycle déjà présents sur le Modèle KH tels que les jantes en 18 pouces, freins à tambour, les garde-boue enveloppants et le réservoir de grande contenance se retrouvent sur cette moto qui fera date dans l’histoire du 3700 W. Juneau Avenue.

Les cotes moteur sont les suivantes : L’alésage s’établit désormais à 76,2 mm (3 pouces) pour une course de 97 mm ( 3,8 pouces) donnant une cylindrée est de 883 cc ou 54 cui.

Les culasses toujours en fonte, d’où son surnom aux USA de « Ironhead » et par chez nous de « fonte », reçoivent dans la partie haute les culbuteurs alors que la partie basse forme une chambre de combustion de type hémisphérique.

Tout comme le KH, les 4 arbres à à une came demeurent dans le carter de distribution placé à droite. A gauche, la chaîne Triplex transmet la puissance fournie par le vilebrequin à l’embrayage à sec ( il deviendra humide en 1971) puis à la boîte à 4 rapports qui peut être déposée sans avoir à démonter la pignonnerie. Le bicylindre est alimenté par un carburateur Linkert DC.

Le Sportster 1957 est décevant sur le plan dynamique : Cette moto de 224 Kg est animée par un V-Twin de seulement 40 chevaux. Sa grande rivale, la Triumph Tiger 110 (« 110 » pour 110 mph ou 177 km/h) n’est guère plus puissante mais elle ne pèse que 190 kg  ; un monde en terme d’agilité et donc d’agrément sépare ces 2 machines !

1958 voit l’apparition de 2 nouveaux Sportsters corrigeant son manque de puissance.

Il s’agit du XLCH (« C » pour « Compétition » et « H » pour « Haute performance » ) et du XLH (H = High Performance).

Sur ces 2 évolutions, Milwaukee a retravaillé les culasses : Les soupapes sont plus grosses et le rapport volumétrique est de 9:1. La puissance tout comme le couple progressent fortement. XLCH et XLH produisent 55 ch à 6300 tr/mn pour un couple max. est de 7,6 kg.m ou 74,5 N.m à 3800 tr/mn.

sportster histoire 1958 :xlchLe XLCH est le Sportster tel que l’on le conçoit de nos jours. Si elle avait existé en 1953, gageons que Brando aurait choisi cette bécane dans « L’Equipée Sauvage » plutôt que la Triumph Thunderbird.

Cette moto est à l’origine une demande des officiels dealeurs de Californie (C’est l’état des USA où il se vend le plus de motos.) afin d’avoir en magasin une roadster pouvant rivaliser avec les bicylindres parallèles britanniques qui se vendent comme des petits pains dans le « Golden State ».

Le XLCH est dépouillé à tel point qu’il n’est pas pourvu, pour sa première année de commercialisation, d’un système d’éclairage ! Malgré cela, 239 XLCH trouveront preneur car esthétiquement, le « gentillet  touring » s’est métamorphosé en « méchant racer ».

Ses échappements, désormais séparés, sont libres. Ce Sportster « sous stéroïdes » reçoit le fameux réservoir « peanut » du 125 Hummer qui équipe toujours un Forty Eight (48) de 2018 !

sportster scrambler

XLCH « Scramblerisé ». Notez le support de phare baptisé « eyebrow » (« sourcil »). Il continue à équiper nombre de Sportster modernes et participe à l’identité de cette moto.

En option, il peut être équipé d’une jante en 19 pouces augmentant à la fois sa garde au sol et son empatement afin de s’aventurer en off-road ; une pratique très prisée des californiens. Il devient alors :« Scrambler ».

En 1959, la XLCH se civilise en recevant notamment un éclairage et un jeu d’arbres à cames moins pointus.

1958 voit également le lancement du XLH. Cette moto, dont le taux de compression est également de 9:1, peut être qualifiée de « Tourer léger ». En effet, elle est très bien équipée avec un réservoir de 4 gallons (15 litres) et un jeu de sacoches rigides. Ce Sportster est une véritable alternative à la Duo Glide puisqu’il accuse 65 kg de moins sur la balance pour une puissance quasi-similaire.

touring sportster harley davidsonCes 2 Sportster sont à l’origine des déclinaisons quasiment à l’infini que connaitra le Sportster durant une carrière qui se poursuit toujours. Un record dans l’industrie moto ! Il sera tantôt Café Racer (XLCR), tantôt racer très énervé XR 1000, bobber avec le Sportster Forty Eight et même moto de course avec la XR 750.

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