Moto Guzzi V8

Moto Guzzi V8 Otto Cilindri : la cathédrale mécanique

3 juin 2024

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Créée il y a 70 ans, la Moto Guzzi V8 est une machine de légende en raison de choix avant-gardistes en matière de de motorisation mais aussi de design.

Le moteur V8 

Moto Guzzi V8 Otto Cilindri

La Moto Guzzi « Otto Cilindri » pour « huit cylindres » est d’un raffinement mécanique inégalé pour l’époque. Ce V8 est conçu par Giulio Cesare Carcano et son équipe et il ne courra en Grand Prix que durant trois saisons (1955-57).

Cette machine de course est propulsée par un V8 4-temps de 499 cc composé de deux bancs de quatre cylindres placés à 90 degrés ou en L. Chacun d’entre eux accueille une distribution à deux arbres à cames en tête animant 32 soupapes. Son alimentation est assurée par 8 carburateurs Dell’ Orto de 20 mm de diamètre et deux pompes à essence. Chaque cylindre possède son propre tube d’échappement.

Ce V8 est équipé d’un refroidissement liquide lui permettant de refroidir les cylindres arrière. Il permet également de produire beaucoup de puissance et de pouvoir tourner à un régime max. très élevé (12 500 tr/min).  Ce moteur transmet la puissance à la roue arrière par une boîte de vitesses à six rapports.

Le rapport poids/puissance de la Moto Guzzi V8 Otto Cilindri est stratosphérique pour l’époque avec 80 chevaux (en sortie de vilebrequin) pour 148 kg. 

Ces principales rivales, les quatre cylindres en ligne Gilera ou MV Agusta développent au mieux 67 à 70 chevaux en 1957.

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Ces chiffres permettent à la Moto Guzzi « Otto Cilindri » d’être chronométrée à 275 km/h sur la ligne droite du circuit de Spa-Francorchamps lors du Grand Prix de Belgique 1957. 

La partie-cycle de la Moto Guzzi Otto Cilindri

Moto Guzzi V8 Otto Cilindri

Cette moto est aussi célèbre par son carénage intégral étudié dans la soufflerie de l’usine que les Anglo-saxons appellent « dustbin » ou « poubelle ». Ce choix est dicté par le fait que la plupart des Grands Prix se déroulaient sur route où la vitesse de pointe était primordiale.

Le V8 est très reculé dans le cadre afin d’accroitre la traction du pneu arrière à gomme dure ce qui a pour effet de provoquer des louvoiements à haute vitesse. La taille des pneus est de 2,75 x 19 pouces à l’avant et de 3,00 x 20 pouces à l’arrière.

Le palmarès en course

Moto Guzzi V8 Otto Cilindri en course

Il faudra attendre 1957 pour que le V8 remporte quelques épreuves. Giuseppe Colnago remporte le GP de Syracuse et Dickie Dale gagne celui d’Imola.

Souvent aux avant-postes, la Moto Guzzi Otto Cilindri souffre de périphériques (pneus, embrayage et suspensions) qui ne sont pas à la hauteur de sa santé mécanique. De plus, sa magnéto qui demande 800 étincelles par seconde dépasse le savoir-faire de l’époque. Elle n’est pas équipée d’un vilebrequin à palier lisse qui lui aurait permis de mieux supporter les hauts régimes.

En 1958, Mondial, Gilera et Moto Guzzi s’accordent à mettre fin à leur implication en Grand Prix en raison de la baisse de leurs ventes. Ceci est dû à l’arrivée sur le marché de la Fiat 500 présentée en 1957.

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Néanmoins, cette moto au maigre palmarès aura été une grande aventure humaine et technique. À l’instar de la Honda RC 166, elle préfigure avec de nombreuses longueurs d’avance la moto du XXIe siècle !

L’ingénieur Giulo Cesare Carcano travaillera dès la fin du programme en Grand Prix sur un robuste bicylindre. Ce V-Twin de 704 cc équipe la Moto Guzzi V7 qui est présentée au salon automobile de Milan 1965. Cette moto sera la première grosse cylindrée italienne de route.

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Laurent, passionné par les belles mécaniques en tous genres : auto, moto, montre & avion. Je suis également curieux des nouvelles technologies. Ex journaliste & auteurs de nombreux livres techniques et historiques sur les beaux engins, bien avant que cela soit tendance !

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