Moto Guzzi Le Mans par Kaffeemaschine : café racer d’exception

Moto Guzzi fêtait en 2021 son centenaire avec à la clef pas moins de 14 titres de champion du monde et pas moins de 130 000 motos fabriquées. La firme située sur les rives du lac de Côme a contre toute attente survécu à la « Japan Invasion » initiée par une certaine Honda CB750. Elle continue à construire ses motos en Europe, ce qui n’est pas un mince exploit !

La genèse de la Moto Guzzi Le Mans

Cette sportive déboule le jour en 1976 sous l’hospice de l’ingénieur Lino Tonti et sera déclinée en 5 itérations jusqu’en 1995. La Moto Guzzi Le Mans est propulsée par un V-Twin ouvert à 90° transversal face à la route de 850 cm3 puis 1000 cm3. Cette architecture moteur descend de la Guzzi à moteur V8 500 de 1955.

Elle est la descendante de la première sportive du constructeur lombard, la Moto Guzzi  V7 Sport de 1971.

La Moto Guzzi KM33 

L’atelier allemand Kaffeemaschine Motorcycles (KM) est passé maitre dans l’art de rendre encore plus désirables les classiques de l’usine de Mandello del Lario. Sacré challenge !

La préparation que nous vous présentons est réalisée autour d’une Moto Guzzi Le Mans 3 de 1983. Le nom de ce café racer germano-italien est KM33.

La préparation du bicylindre en V face à la route

Le V-Twin adopte un jeu de pistons faisant passer sa cylindrée de 850 à 1000 cm3. Qui dit cylindrée accrue et donc puissance dit aussi pus de contraintes.

Axel Budde, en charge de Kaffeemaschine, a donc sélectionné des tiges de culbuteurs renforcées, des soupapes traitées. Le vilebrequin a été allégé et équilibré « aux petits oignons » afin de garantir une fiabilité optimale au moulin. L’embrayage est changé pour un modèle plus léger alors que l’allumage est désormais électronique. La carburation est assurée par deux Dell’Orto de 36 mm associés avec des cornets Velocity KM.

Ces diverses modifications, mais surtout un arbre « performance » permettent à notre café racer du jour de produire 86 chevaux contre 76 selon le constructeur.

Au final, l’atelier situé à Hambourg et exclusivement dédié à magnifier les Moto Guzzi monte les pièces suivantes développées en interne :

  • Deux lignes d’échappement 2 en 2 en acier inoxydable ;
  • Des cache-culbuteurs ;
  • La visserie ;
  • Un couvercle d’alternateur ;

La partie-cycle & esthétique

Toutes les pattes inutiles ont été supprimées et les soudures lissées de la partie-cycle imaginée par Lino Tonti. La béquille centrale a été supprimée alors que la latérale a été déplacée vers l’arrière pour des raisons pratiques.

Le bâti arrière du cadre a été raccourci de plusieurs centimètres en créant une élégante boucle supportant le dosseret. Les lignes anguleuses, voire chargées, des Le Mans de l’ère De Tomaso sont oubliées.

Moto Guzzi Le Mans café racer
le gros compte-tour Motogadget trône au centre de la tête de fourche en carbone

Malgré son look vintage, la totalité de la carrosserie de la KM33 est faite d’un mélange de fibres de carbone et de Kevlar. Ce café racer ne pèse  désormais que 186 kg soit un gain de poids de 24 kg par à une Le Mans série 3 de série. Aucune vis reliant le dosseret recevant une selle en cuir ou la bulle n’est apparente.

D’autres éléments du châssis ont été faits ou sélectionnés par le spécialiste des Moto Guzzi café racer. Nous pouvons citer :

  • Un réservoir coiffé par un bouchon en alliage tourné par KM ;
  • Un freinage revu par KM ;
  • Un Kit suspension pour la fourche ;
  • Une paire d’amortisseurs Wilbers ;
  • Des durites aviation ;
  • Un jeu de jantes en alliage d’aluminium avec rayons en acier ;
  • Un jeu de pneus Continental ContiRoadAttack ;
  • Un faisceau électrique  KM ;
  • Une paire de guidons bracelet ;
  • Un compte-tour Motogadget ;
  • Un éclairage et des clignotants à LED.

En fin connaisseur de l’univers Guzzi, Axel Budde a réinterprété la livrée « bleu layette » avec la bulle partiellement recouverte d’orange qui recouvrait certaines Le Mans série 1.

L’avis de Belles Machines

Kaffeemaschine a mis au gout du jour une moto vieille de près de 4 décennies sans nullement la dénaturer. Elle est simplement plus belle, plus performante, mais sans excès et tient encore mieux le pavé.

C’est réellement une moto hors norme travaillée comme une montre de très haute horlogerie. Le choix des coloris met parfaitement en exergue l’imposante partie mécanique avec la ligne tendue qui sied à un café racer. Un sans-faute !

Photo of author

Laurent Blasco-Calmels

Laurent, passionné par les belles mécaniques en tous genres & curieux des nouvelles technologies. Ex journaliste & auteurs de plusieurs livres bien avant que cela soit "trendy".

4 réflexions au sujet de “Moto Guzzi Le Mans par Kaffeemaschine : café racer d’exception”

  1. Cela tutoie l’œuvre d’art ! C’est à utiliser par grand beau temps et sur de belles route.
    Un autre façon de « consommer » la moto…
    Grand V.

  2. Je pense que tu aurais dû appeler ton site « Café racer lover » 🙂
    Perso, c’est pas un style qui me fait rêver : position caricaturale et esthétique souvent douteuse (mais c’est très personnel).
    Il y a pourtant beaucoup de belles machines, sobres, classiques et élégantes, autre que ces motos ni « café » ni « race ».
    Bonne continuation et à bientôt.

  3. Bonjour,
    La Moto Guzzi Le Mans était un… café racer de série ! Idem pour les Ducati SS des années 70 et BMW 90S.
    D’ailleurs, Belles Machines ne parle pas que de cafra : parcours le site !
    Grand V.

Laisser un commentaire