La première forme de personnalisation ou customisation des motos voit le jour aux États-Unis dès le début des années 20 avec les Cut Down. A la même époque apparait dans l’automobile, les Hot Rod. Cut Down et Hot Rod scellent les bases de la custom culture.
La Harley-Davidson Model J
Le cheval de bataille de la firme de Milwaukee est La Harley Davidson Model J qui sera produite de 1915 à 1929. Elle permet en 1920 à la Motor Compagny de devenir le premier constructeur de moto au Monde.
La Model J de 1915 est donc une moto importante dans l’histoire de Harley-Davidson grâce à la solidité et la modernité de son V-Twin. Grâce à cela, elle devient la première moto custom de l’histoire. Elle se caractérise sur un plan mécanique par :
- Une distribution semi-culbutée (à l’admission).
- Une boite à 3 rapports.
- Un solide embrayage à disques.
- Allumage batterie/bobine.
- Une transmission primaire et secondaire par chaîne.
Pourquoi le V2 Harley permettait la customisation dès les années 20 ?
Comme toutes les mécaniques étasuniennes dont la Ford T, la Harley Davidson Model J est d’une extrême fiabilité pour l’époque. Ceci est dû à :
- Des alliages très durs.
- Des roulements surdimensionnés.
- Une forte cylindrée (1000 cc ou 61cui). La plupart des européennes sont des 250 voire au mieux des 500 cc.
la Harley Davidson Model J : une moto très performante
La Harley Davidson Model J permet d’entreprendre une customisation car les performances de série du V-Twin à culasses F-Head sont excellentes :
- Un V-Twin de 989cc millésime 1927 produit 18 ch pour 181 kg.
- La vitesse de pointe s’établit à plus de 110 km/h.
En 1922, la Motor Compagny commercialise une version 1200 cc ou 74 ci.
Une moto qui côtoiera les bobber
Les V-Twin Flathead (distribution à soupapes latérales) qui deviennent la motorisation standard chez Harley-Davidson en 1929 dispose d’un rendement mécanique médiocre (23 à 25 ch selon les millésimes pour un poids de 250 kg pour un 750 cc).
C’est pour cette raison que l’on trouvera des JDH 1200 (27 ch et 190 kg de série) Cut Down côtoyer les bobber au sein de premiers moto club ou MC outlaw de l’après guerre.
Le travail de customisation pour créer une Harley Cut Down
Les bikers vont alors préparer le Model J et dans une moindre mesure les très exclusives JDH 1200 à double arbres à cames créant les « Cut Down » que l’on peut traduire par : « couper vers le bas ».
Les tout premiers custom builders vont surtout retravailler la partie cycle de la Type J qui a du mal à cacher sa parenté avec un gros vélo.
Les boardtrackers puis les flat track vont servir d’exemple. Les motards américains vont abaisser le centre de gravité afin que le pilote fasse corps avec sa moto. On façonne une nouvelle épine dorsale soudée au cadre qui enserre au plus près le V-Twin. Le réservoir nécessite une refonte totale afin qu’il suive la nouvelle épure du cadre tout en ménageant un espace pour les deux culbuteurs à l’air libre.
Le guidon d’origine, copié sur celui d’une charrue, va être coupé et coudé à l’étau afin d’obtenir un modèle plus ergonomique connu sous le nom de « buckhorn ».
Une fois allégé, une Harley-Davidson préparée en Cut Down prend 120-30 km/h pour un Model J et plus de 170 km/h pour la JDH 1200. La solidité du V-Twin permet de majorer le taux de compression.
La Harley-Davidson Model J Cut Down : une moto sans rivale dans les années 30
Ces motos quasi-indestructibles rouleront et courront jusqu’au début des années cinquante au grand dam de la fédération motocycliste américaine. L’AMA à la solde d’Indian et de Harley-Davidson voit d’un très mauvais œil « ces antiquités » ridiculiser les Flathead.
La crise économique des années 30 empêche les motards d’acheter une Indian ou Harley-Davidson neuves à moteur Flathead . De plus et moyennant quelques heures d’huile de coude, un Model J customisé reste toujours dans le coup.
Les Cut Down après-guerre : une raison de la naissance des Moto Club
La Harley-Davidson JDH 1200 Two Cam, une version routière des motos de Boardtrack, demeure toujours aussi performante après-guerre. La fédération motocycliste américaine (AMA) se décide à bannir de toutes compétitions officielles tout biker vue à son guidon. Elle va être l’un des éléments du contentieux entre les MC « outlaw » et la fédération aboutissant aux d’incidents d’Hollister en juillet 1947.






