L’homme d’affaire britannique Zef Eisenberg et accessoirement détenteur de plusieurs records du Monde de vitesse, commercialisera une moto propulsée par un V8 en série limitée.

S’il fallait définir cette moto en deux chiffres, c’est jusqu’à 500 ch et plus de 360 km/h !

Le Eisenberg V8 est un projet de longue haleine puisqu’un premier prototype de ce roadster a fait ses premiers tours de roues en 2015 sur une ancienne base de la Royal Air Force.

Cette moto aux superlatifs n’aurait pu voir le jour sans un tissu de PME et artisans britanniques à nul autre pareil en matière de sports mécaniques. Si Margaret Thatcher a été le fossoyeur de l’industrie britannique notamment automobile et motocycliste, elle n’a pas éteint le racing spirit en matière de sport mécanique !

Donc, cap aux pays des enthusiasts de la clef d’un demi pouce…

Le V8, une architecture moteur peu utilisée en moto

Le V8, moteur très présent dans l’automobile, n’a quasiment jamais été utilisé en moto en raison de son encombrement. Nous pouvons citer les quelques exceptions que sont la moto du record de vitesse de Glenn Curtiss (1907), les Moto Guzzi Ottocilindri (1956-1958) de l’ingénieur Guilio Carcano à carénage poubelle ainsi que les Boss Hog propulsées par un V8 Chevrolet.

Le V8 Eisenberg : un mini moteur de Ferrari

Le roadster le plus rapide au Monde est animé par une motorisation exotique dans l’univers de la moto : un V8 formé par deux moteurs de Suzuki Haybusa dont la cylindrée totale est portée à 3 litres.

Eisenberg Racing a fait réaliser un vilebrequin adoptant un calage du moteur à plat (flat lane) comme une Ferrari et non en croix (cross lane) comme un V8 de muscle car.

Cet ordre d’allumage des 8 cylindres permet d’obtenir une motorisation plus puissante à cylindrée égale car il accepte bien les hauts régimes. De plus, ce type de calage chante comme une supercar née du coté de Maranello.

Le V8 Eisenberg ne génère aucune vibration et peut se passer de contre-poids d’équilibrage. Il est ainsi possible de poser une pièce de monnaie sur l’un des couvercles de culasses sans qu’elle tombe ! Malgré la complexité inhérente à son architecture, ce V8 ne pèse que 80 Kg.

L’un des défis majeur : Endiguer les surchauffes moteur.

En collaboration avec le préparateur automobile Prodrive, le roadster britannique accueille un radiateur sous le moteur qui régule la température moteur à faibles allures. Un second radiateur de belle taille est également présent à l’avant. Malgré sa surface et selon Eisenberg Racing, il ne perturbe en rien l’aérodynamique de la moto grâce à un garde-boue longuement étudié en soufflerie.

L’injection conçue par Jenvey Dynamics Limited (qui équipe également les Norton Commando et Dominator) est à commande électrique (« ride by wire ») et composée de 8 corps d’injecteurs à conduits d’admission variable comme une Ducati V4 Desmosedici.

Cette injection est gérée par un calculateur Motec qui propose un mode pluie bridant la moto à 240 ch ainsi qu’une « touche rouge » désactivant toutes les béquilles électroniques pour les motards les plus téméraires.

Afin d’empêcher les surchauffes et également dans l’esprit de grappiller quelques chevaux supplémentaires, les deux lignes 4 en 1 Akrapovič sont recouvertes de peinture céramique.

La boîte de vitesse a nécessité deux années d’étude. Il s’agit d’un élément compact à 6 rapports interchangeables qui s’inspire des modèles équipant les motos de MotoGP. Un embrayage à rotation inversée fait la liaison entre le moteur et la boîte et annule les torsions.

La partie-cycle

Le V8 est logé dans un treillis tubulaire à l’empâtement de seulement 1650 mm, une valeur quasi-identique à une Ducati Diavel (1600 mm). Nous sommes donc en présence d’une vraie moto et non d’un dragster homologué apte à ne s’illustrer que sur les 400 mètres départ-arrêté.

La Eisenberg V8 est équipée d’un bras oscillant concentrique largement échancré. Il permet de conserver une chaîne classique (chaîne 530) malgré la puissance du V8 et de ne pas recourir à une pièce plus lourde qui produirait des pertes de puissance par frottement.

Afin d’avoir une moto à la partie-cycle vive, Eisenberg Racing installe des jantes BST en carbone qui luttent contre l’effet gyroscopique et limitent le poids non-suspendu.

Le freinage avant est confié à deux étriers à 6 pistons et un élément à 4 pistons à l’arrière.

Eisenberg V8 : Le roadster le plus rapide au Monde

Cette moto réussit l’exploit d’être plus légère que la nouvelle Triumph Rocket III puisqu’elle ne pèse que 290 Kg tous pleins faits notamment grâce à la présence d’une carrosserie entièrement en fibre de carbone.

La Eisenberg V8 « route » délivre entre 420 et 480 ch et 325 Nm de couple alors que la version la plus poussée peut atteindre les 500 ch à 10.500 tr/mn avec du biocarburant E85. Sa vitesse de pointe est de 362 Km/h ce qui en fait la moto de route la plus rapide au monde et ceci sans le moindre carénage !

A titre de comparaison, la Kawasaki Ninja H2R suralimentée est créditée de 357 km/h en vitesse de pointe et le pilote Andrea Dovizioso a établi un nouveau record de vitesse en MotoGP sur le circuit du Mugello en 2019 à 356,7 km/h.

Le tarif demandé pour cette moto est à la hauteur du défi mécanique et de ses performances potentiellement dantesques. Il devrait être compris entre 120.00 et 175.000 €.

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