Le japon est connu pour avoir une scène kustom très dynamique principalement autour l’inoxydable Yamaha SR 400 et des motos Made In Milwaukee. Quelques mono ou Twin British ont fini par atteindre l’archipel et font l’oeuvre de jolies préparations.

L’atelier et la moto que je vous présente aujourd’hui tranche puisque Ritmo Sereno, basé à Tokyo, s’est spécialisé dans les préparations des BMW et de Moto Guzzi des années 70 et 80 à tendance crapuleuse.

« Deutsche Qualität »

La base de ce projet est une BMW R100 RS, donc une série 7 (1976-1987) selon la nomenclature de la firme à l’hélice.

Présenté en 1976, la R100S, à vocation sportive sur le papier comme l’atteste le « S », doit succéder à l’iconique BMW 90 S.

Malgré le fait que cette nouvelle BMW utilise une paire de carburateurs Bing à la place des performants Dell‘Orto montés sur la 90S, la R100 RS arrive tout de même à grappiller une poignée de chevaux pour atteindre 70 ch à 7000 tr/mn (nous sommes au milieu des années 70). D’ailleurs, cette puissance ne sera jamais dépassée sur un flat twin à deux soupapes. Le couple max s’établit à  80 Nm à 6000 tr/mn (8,2 m.Kg).

bmw rt100s chez Pinifarina

Le carénage a été dessiné en Italie dans la soufflerie Pininfarina.

BMW a mis les petits plats dans les grands ! En effet, ce vaisseau amiral de la série 7 est la première moto de série à recevoir un véritable carénage très enveloppant conçu en soufflerie.

Malgré un léger gain de puissance par rapport à la BMW 90S (+ 3 ch), la  R100S est beaucoup trop lourde (242 kg contre 212 pour la 90S) pour être qualifier de « sportive ». Capable de dépasser 200 km/h, la BMW R100S sera à l’origine d’une nouvelle catégorie de motos, les Sport GT ou routière-sportive dont la Honda VFR sera l’une des grandes stars.

Le boxer de 980 cc de la RT100S permet d’avaler de l’autobhan à plus de 150km/h pendant des heures dans un confort digne d’un wagon pullman. La sécurité n’a pas été oubliée puisque la R100S possède deux disques à l’avant.

« … et Japan Qualität »

Shiroh Nakajama, le boss de Ritmo Sereno, propose une vision nettement plus sportive de cette série 7.

A la différence de nombre préparateurs, il n’a pas fait la grossière erreur de mettre à la benne ce carénage qui fait date dans l’histoire de la moto.

Le gros appendice aérodynamique conservé par Ritmo Sereno a été savamment affiné. Il donne au final un look intemporel à cette bécane.

Sur le plan esthétique, Ritmo Sereno s’est contenté (doux euphémisme) d’affiner les lignes en raccourcissant le garde-boue avant et en créant une coque arrière en métal de type café racer « pur et dur» en lieu et place du garde boue arrière aussi massif qu’un char Tigre. Le bâti réalisé pour supporter l’ensemble dosseret-selle accueille aussi le réservoir d’huile.

Le boxer coiffé de deux caches culbuteurs de série 2, est alimenté par deux modernes Keihin FCR. Le boxer de 980 cc reçoit une paire de pistons forgés et les gaz d’échappement sont évacués par une ligne 2 en 1 « maison » en titane de toute beauté. En paraphrasant Rolls Royce, « la puissance doit être suffisante ».

L’autre gros chantier de Ritmo Sereno est la greffe d’ une suspension arrière de type monolever. L’unique amortisseur ainsi que la fourche sont fournis par les suédois de chez Öhlins. Il a donc fallu façonner un support de batterie puisque celle-ci a été repositionnée. Les commandes reculées et les supports sont réalisés au sein du bouclard tokyote.

Le freinage avant reçoit deux étriers à quatre pistons Brembo. La roue avant de 19 pouces cède sa place à une jante de 17 pouces qui peut recevoir des gommes modernes. Les informations utiles aux pilotes sont fournies par un compteur multi-fonctions Stack.

La munichoise traitée par les bons soins de Ritmo Sereno ne pèse désormais plus que 190 kg soit 50 kg de moins que la version de série !

Ajoutez à cela, le petit traitement moteur « qui va bien » et vous obtenez certainement une bavaroise dévergondée et avec un look totalement… inclassable !