Magnus Walker a complètement dynamité l’univers plutôt feutré et codé des Porschistes. Il y a ceux qui apprécient ce vent frais venu de Californie et ceux qui restent des fervents défenseurs d’une restauration dans les règles de l’art.

Produite à plus d’un million d’exemplaires,  la très grande majorité des Porsche 911 ne présentent pas de réel intérêt historique.

De plus, la puissance des exemplaires équipés du flat 6 à refroidissement par air, même parmi les plus récents, ne dépasse pas celle d’une vulgaire Clio RS.

La tenue de route ou le freinage de ces Porsche des années 70-80 sont également totalement dépassés.

porsche 911

La seule chose qui demeure, et non des moindres, est un design totalement intemporel qui fait  de la 911 la madeleine de Proust de tout amateur d’automobile.

Une nouvelle jeunesse aux 911 classiques

Fort de ce constat, Magnus Walker a appliqué aux Porsche 911 exclusivement à refroidissement par air une préparation très proche de celle qui prévaut dans la réalisation d’un… café racer ! Vous me direz, il y a une certaine logique à cela puisque Magnus Walker est anglais.

Ajoutez à cela que cet iconoclaste, à la dégaine de biker ou de bûcheron canadien vit dans la capitale de la custom culture et de la démesure automobile comme motocycliste : Los Angeles.

Magnus Walker, tel un jongleur ou un Docteur Frankenstein de la clef de 12, assemble des Porsche 911 classiques construites de bric et de broc à partir de l’immense banque d’organes constituée par 34 ans de flat 6 à refroidissement par air (1963-1997).

Bien entendu, le porschiste aux dreadlocks ne travaille que sur des Porsche largement diffusées et donc abordables. Ainsi, il ne jettera jamais son dévolu sur un joyau de la couronne comme une 911 Carrera 2.7 RS.

porsche 911 classique

Au début était la 911 STR III

Cette voiture a donné lieu à un nombre incalculable de Une dans la presse spécialisée. Elle a généré des terras octets d’échanges enflammés dans les réseaux sociaux, forums et autres blogs. Cette 911 invente le mouvement Outlaw qui se décline désormais également sur les Porsche 356 comme celles réalisées par l’atelier Emery Motorsports.
Elle puise son inspiration auprès des deux modèles préférés de Magnus Walker : La 911 R de 1968 et la 911 ST de 1972.

La base est une Porsche 911T de 1972 non roulante achetée sur Ebay en 2012 et originaire de Californie. Grâce au climat sec du Golden State, la carrosserie n’a pas souffert de la corrosion.

Rennwerks Performance basé à San José (Californie) s’est chargé de la réfection et de la préparation du flat six de 3,2 litres prélevé sur une 911 Carrera 3.2 des 80’s.

Désormais alimenté par une injection mécanique Bosch, le flat six air cooled voit sa puissance grimper à 275 chevaux contre 210-215 ch d’origine.

La boîte à 5 rapports est un modèle 915 refaite à neuf.

Au niveau châssis, Elle adopte quatre disques ventilés ainsi qu’un différentiel à glissement limité. Les jantes sont des Group 4 Wheels (des copies des jantes Campagnolo de voitures de rallye courant en Groupe 4) chaussées en slick Hoosier.

porsche 911 magnus walker

La carrosserie de la Porsche 911 T reçoit une paire d’ailes du modèle Turbo tandis que les pare-choc sont percés afin d’accentuer l’esprit « racing » . La capot moteur se voit doté de persiennes également présentes sur les deux vitres de custodes en Lexan.

L’objectif de Magnus Walker était de construire une Porsche d’inspiration « vintage racing » mais avec les performances dynamiques d’une sportive du XXI ème siècle.

L’auto s’avère également confortable grâce à la présence de baquets généreux recouverts de cuir qui maintiennent parfaitement pilote et passager.

porsche 911 vintage

Comme nous avons pu le voir dans plusieurs clips, cette Porsche 911 Outlaw se comporte sur route comme sur circuit comme un gros kart. Elle doit ce comportement sain à un poids très contenu typique des voitures anciennes, des trains roulants modernisés et une puissance revue à la hausse.

Le prix d’une icône automobile du XXIème siècle

Cette Porsche, qui est mise en vente sans prix de réserve, pourrait se vendre pour un prix totalement déraisonnable. Pourtant, ces 911 ne font les frais d’aucune spéculation car elles ne sont pas rares et n’ont aucun palmarès.  Ce prix élevé est bien entendu imputable à la notoriété de cette voiture et au charisme de son propriétaire, inventeur de tendance automobile.

Dans un même registre, la Porsche 356 cabriolet de Janis Joplin avait trouvé preneur pour la somme de 1,5 millions d’euros alors qu’un modèle « ordinaire » se négocie autour de 150 00 euros.

Une chose est sure, Magnus Walker a relevé la gageure de fait rimer Porsche et rock n’roll !

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