La Harley-Davidson 125 : oui, ça existe !

En 2023, Harley-Davidson fête ses 120 années. Que l’on soit motard ou biker, on associe l’histoire du constructeur de moto américain à de gros V-Twin. Or, cette saga américaine est ponctuée çà et là de machines atypiques. Cette Harley-Davidson cubant 125 cm3 en est la parfaite illustration.

Le but de cette moto pouvant être conduite avec un permis A1 est semblable aux projets de vélos et de scooters électriques actuels : élargir son offre et attirer une clientèle plus jeune.

La Harley-Davidson S-125

Harley-Davidson 125
Le réservoir et les commandes aux pieds de la Harley-Davidson 125 ou Model 125 sont entrés à la postérité

Cette 125 est en fait une compensation de guerre faisant suite à la défaite de l’Allemagne nazie. Pour récompenser le constructeur américain de sa fourniture aux forces armées alliées d’environ 90 000 WLA, Harley-Davidson reçoit les plans de la DKW 125.

Dans les faits, il s’agit d’une 125 cm3 2-temps produite depuis les années 30 par la firme allemande DKW, abréviation de « Das Kliene Wunder » soit « La petite merveille ». À la fin du second conflit mondial, les plans de cette 125 filent en Grande-Bretagne, Union soviétique et États-Unis. Au Royaume-Uni, cette 125 prend le nom de BSA Bantam.  Dans les années 50, Yamaha s’en inspire pour produire sa toute première moto, la YA-1 surnommée « akatombo ».

Autrement dit, si le Bhoutan en avait fait la demande, il aurait eu les plans de cette « moto mondiale avant l’heure » !

1948 : les débuts de cette Harley-Davidson 125 cm3

Ces plans tombent bien, car Harley-Davidson cherche à produire une moto plus abordable que les gros V-Twin pour les jeunes motards. Cette Harley-Davidson 125 rencontre dès sa première année de production (1948) un vif succès avec 10 000 unités seront vendues. Cette 125 cm3 représente à elle seule un tiers des ventes du constructeur américain cette année-là.

Plusieurs variantes de cette 125 Harley-Davidson aux accents teutoniques verront le jour en 165 et 175 cm3. Surfant sur la mode off-road, la Motor Co réalise en 1962 une paire de scrambler baptisés Scat et ranger 175.

En 1959, Ce monocylindre 2-temps porté à 165 cm3 propulse le seul et unique scooter construit par Harley-Davidson. Son nom : Topper. Ce 2-roues reçoit une inédite carrosserie en fibre de verre et un variateur. Par la suite, ce matériau sera utilisé pour confectionner le garde-boue arrière de la Harley-Davidson FX Super Glide 1971.

L’arrêt provisoire des 2-temps chez Harley-Davidson

En 1960 et voyant l’arrivée des Honda bicylindres à arbre à cames en tête, la Motor Compagny rentre au capital du constructeur italien Aermacchi à hauteur de 50%. C’est cette prise de participation qui signe la disparition de ces petites cylindrées germano-américaines. Au final, la Harley-Davidson S-125 et ses dérivés tirent leurs révérences en 1966 et auront été produits à 67 000 exemplaires.

Une 125 Harley-Davidson peut en cacher une autre…

Harley-Davidson 125 cm3
Focus sur le monocylindre de 125 cm3. Il est considéré comme très fiable mais il n’est pas un foudre de guerre !

En 1970, Milwaukee passe sous le contrôle de American Machine Foundry (AMF). Le constructeur commercialise alors principalement un trail 2-temps de 125 cm3 vendu sous le nom de Harley-Davidson ST-125 bien qu’ils soit construit par l’usine de Varèse. Mais ceci est une autre histoire…

Les éléments entrés à la postérité sur cette Harley-Davidson 125 cm3

Deux éléments de cette petite cylindrée sont rentrés dans l’histoire de Harley-Davidson.  Cette 125 est la première moto du constructeur équipé de commandes intégralement aux pieds.

Son réservoir « peanut » connaitra une seconde vie sur le Sportster dès 1958 (XLH) et sera l’élément clef du succès du Forty-Eight pour « 1948 ». CQFD !

Fiche technique Harley-Davidson S-125 ou Model 125

  • Alésage x Course (en mm) : 52 x 58 ;
  • Cylindrée : 125 cm3 (165 cm3 en 1953) ;
  • Admission : par jupe de piston ;
  • Taux de compression : 6,6:1 ;
  • Puissance : 3 chevaux (165 cm3 : 5 ch) ;
  • Boite de vitesses : 3 rapports ;
  • Poids : 77 kg ;
  • Réservoir : 6,6 litres de mélange essence-huile ;
  • Jantes : 19 pouces ;
  • Fourche : parallélogramme puis télescopique (1951) ;
  • Suspension arrière : cadre rigide ;
  • Freinage : freins à tambour ;
  • Vitesse max. : 75-80 km/h ;
  • Prix en occasion : 1500 -2500 €.

Photo of author

Laurent Blasco-Calmels

Laurent, passionné par les belles mécaniques en tous genres & curieux des nouvelles technologies. Ex journaliste & auteurs de plusieurs livres bien avant que cela soit "trendy".

5 réflexions au sujet de “La Harley-Davidson 125 : oui, ça existe !”

  1. Dans les bourses d’échange, on trouve tout un tas de 125 cc utilitaire du même type voire de « vraies » DKW 125.
    Sinon, il y a les imports depuis les USA mais le prix du port risque d’être « salé » vu la valeur de la moto.
    Grand V.

  2. Bonjour
    Très bon article
    J’ignorais l’histoire de cette 125 et du fameux réservoir peanut
    Effectivement, je pense que le modèle est introuvable et hors de prix
    Récemment j’ai vu une Harley 1000J de 1918 dans des puces moto. Prix 26000€ !
    L’histoire se paie très chère chez HD 😉

Laisser un commentaire