Ce dirt tracker marquait la fin de la présence des motos anglaises sur le sol américain. Les anglaises pâtissaient d’outils de production totalement dépassés face à des japonaises à la mécanique bien plus moderne. C’est grâce à un préparateur privé Ron Wood qu’elles remporteront leurs ultimes victoires aux USA.
Un bicylindre totalement revu

Afin de répondre à l’homologation en classe C (moto de moins de 750 cm3), l’architecture du bicylindre vertical a été totalement repensée par l’atelier de préparation californien CJ Axtell :
- La course passe de 89 à 80 mm ;
- L’alésage est de 80 mm contre 89 mm de série ;
- Bielles : origine ;
- Un vilebrequin taillé dans la masse ;
- L’admission emploie deux carburateurs Dell’Orto de 36 mm ;
- Deux lignes d’échappement conçues par CR Axtell ;
- La magnéto Hunt se charge d’allumer le mélange air-essence ;
- Taux de compression : de 9.5:1 à 10,5:1 selon les courses ;
- Jantes de 19 pouces alliage Barnes ;
- Tés de fourche et fourche : Ceriani ;
- Réservoir de Yamaha DTMX ;
- Vitesse de pointe estimée : environ 190 km/h.
Une partie-cycle qui fait toute la différence
Les Norton Ron Wood sont moins puissantes que les Harley-Davidson XR750 ou Yamaha XS750 qui jouissent d’un développement en usine.
Norton « Big Tube »
Ron Wood s’était illustré en créant au début des années 70 les Norton « Big Tube ». Celles-ci possédaient un cadre double berceau en acier 4130 faisant office de réservoir d’huile conçu par Ron Wood. La boucle supérieure de ce châssis avait un diamètre de 3 pouces (76,2 mm) et des parois extrêmement fines (1,1 mm). Ses autres spécifités étaient un empâtement de 1737 mm et un angle de chasse de 26°. De solides pattes se chargeaient d’amortir les vibrations du bicylindre.
Norton « Lightweight »



Pour la saison 1978, son expertise l’amène à développer une partie-cycle plus conventionnelle : un double berceau. Malgré cela, le sorcier californien réalise un exploit !
La Norton Lightweight ne pèse sur la Terraillon que 121,5 kg contre 139,5 kg pour Harley-Davidson XR750. De son coté, CJ Axtell réussit à ajouter 6 chevaux de plus du Twin britannique en diminuant la course. La puissance passe ainsi de 77 à 83 chevaux à 7500 tr/mn.
Ce rapport poids-puissance permettra à Alex Jorgenson de remporter le Grand National d’Ascot (Californie) à trois reprises (1975, 1976 et 1978). Plus jamais une anglaise ne s’imposera en terre américaine !


