Norton « lightweight » : la dernière anglaise à s’imposer en dirt track

Ce dirt tracker marquait la fin de la présence des motos anglaises sur le sol américain. Les anglaises pâtissaient d’outils de production totalement dépassés face à des japonaises à la mécanique bien plus moderne. C’est grâce à un préparateur privé Ron Wood qu’elles remporteront leurs ultimes victoires aux USA.

Un bicylindre totalement revu

Norton John Wood de flat track  1973-1976
Norton Ron Wood « Lightweight » (« allégé »). Elle permettra à Alex Jorgensen de remporter le Grand National d’Ascot en mai 1978.

Afin de répondre à l’homologation en classe C (moto de moins de 750 cm3), l’architecture du bicylindre vertical a été totalement repensée par l’atelier de préparation californien CJ Axtell :

  • La course passe de 89 à 80 mm ;
  • L’alésage est de 80 mm contre 89 mm de série ;
  • Bielles : origine ;
  • Un vilebrequin taillé dans la masse ;
  • L’admission emploie deux carburateurs Dell’Orto de 36 mm ;
  • Deux lignes d’échappement conçues par CR Axtell ;
  • La magnéto Hunt se charge d’allumer le mélange air-essence ;
  • Taux de compression : de 9.5:1 à 10,5:1 selon les courses ;
  • Jantes de 19 pouces alliage Barnes ;
  • Tés de fourche et fourche : Ceriani ;
  • Réservoir de Yamaha DTMX  ;
  • Vitesse de pointe estimée : environ 190 km/h.

Une partie-cycle qui fait toute la différence

Les Norton Ron Wood sont moins puissantes que les Harley-Davidson XR750 ou Yamaha XS750 qui jouissent d’un développement en usine.

Norton « Big Tube »

Norton Norton "Big Tube" flat track vintage
Norton « Big Tube »

Ron Wood s’était illustré en créant au début des années 70 les Norton « Big Tube ». Celles-ci possédaient un cadre double berceau en acier 4130 faisant office de réservoir d’huile conçu par Ron Wood. La boucle supérieure de ce châssis avait un diamètre de 3 pouces (76,2 mm) et des parois extrêmement fines (1,1 mm). Ses autres spécifités étaient un empâtement de 1737 mm et un angle de chasse de 26°. De solides pattes se chargeaient d’amortir les vibrations du bicylindre.

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Norton « Lightweight »

Pour la saison 1978, son expertise l’amène à développer une partie-cycle plus conventionnelle : un double berceau. Malgré cela, le sorcier californien réalise un exploit !

La Norton Lightweight ne pèse sur la Terraillon que 121,5 kg contre 139,5 kg pour Harley-Davidson XR750. De son coté, CJ Axtell réussit à ajouter 6 chevaux de plus du Twin britannique en diminuant la course. La puissance passe ainsi de 77 à 83 chevaux à 7500 tr/mn.

Ce rapport poids-puissance permettra à Alex Jorgenson de remporter le Grand National d’Ascot (Californie) à trois reprises (1975, 1976 et 1978). Plus jamais une anglaise ne s’imposera en terre américaine !

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Laurent Blasco-Calmels

Laurent, passionné par les belles mécaniques en tous genres & curieux des nouvelles technologies. Ex journaliste & auteurs de nombreux livres techniques et historiques bien avant que cela soit "trendy".

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