Je ne vais pas vous faire l’historique de LA super car américaine par excellence ; Wikipedia fait déjà très bien le job !

Suite au décès de John Glenn, je souhaitais rendre hommage à ceux qui avaient « L’étoffe des Héros« . Comme nous sommes sur bellesmachines.com, le sujet de l’article doit impérativement porter sur les deux voire les quatre roues motorisées.  Nous n’allons pas partir dans un « comparo » entre la Soyouz et la fusée américaine 🙂

Sur terre, la plupart des équipages des missions Mercury puis Apollo se déplaçaient en Corvette,  la plus extrême des voitures US de son époque !

Ainsi, 6 des 7 astronautes du programme Mercury roulaient en « vette » ; le petit nom donné à la super-car américaine.

Seul John Glenn, qui paye les frais de scolarité  de ses deux grands enfants à l’université, roule dans de banals break GM et même durant un laps de temps dans une modeste NSU Prinz. Cette micro-car allemande, guère plus grande qu’une capsule spatiale, est animée par un modeste bi-cylindres.

buzz aldrin corvette

Buzz Aldrin sortant de sa Corvette C3

John Glenn, qui sera le premier américain dans l’espace en 1962 et accessoirement sénateur, frisait d’être taxé d’anti-américanisme, au pays du cubic inch roi.
Alan Shepard, premier homme à faire un vol sub-orbital en 1961, qui rejoint le programme Mercury en 1959, roule déjà en Corvette modèle 1957. Le concessionnaire Corvette Cadillac, proche du pas de tir de Cap Canaveral, négocie auprès de Chevrolet des locations ventes très avantageuses pour les membres des missions Mercury.

Les « space cow boys » rouleront désormais en Corvette !

Virgil « Gus » Grisson fera même préparer sa Corvette 1967 en gonflant le V8 et en lui greffant un train de pneus extra-larges. Les courses épiques entre Grisson et Shepard résonnent encore dans les couloirs de Cap Canaveral ! Elles entretiennent encore la légende de cette voiture de sport à nulle autre pareil.

Gordo Cooper devant sa Stingray

En 1969, les trois membres de l’équipage de la mission Apollo 12, Dick Gordon, Charles Conrad et Alan Bean pilotent trois « coke bottle » (version C3) personnalisées. Les trois voitures sont recouvertes d’une peinture bi-tons noire et or dessinée par Bean. Le V8 de 427 cui des trois voitures est poussé à 390 cv.

Les trois astronautes poseront pour Life Magazine avec leur GT en combinaison et ceci sans l’accord de la NASA. L’agence américaine appréciera « très moyennement » le coup de pub fait à General Motors…corvette nasa

Les tensions se sont très certainement apaisées entre la NASA et GM puisque les membres de la mission Apollo 15 seront photographiés avec leur Corvette derrière le prototype d’entrainement du rover lunaire qui utilisait un système de propulsion General Motors.

Ces grandes heures de l’épopée spatiale correspondent à la production des deux générations de Corvette les plus désirables à ce jour : la Stingray (modèle C2) qui fut produite de 1963 à 1967 et la très extravertie Corvette (C3) dite « Coke Bottle » ou « taille de guêpe » à la sculpturale carrosserie en fibre de verre qui sortie de Detroit à partir de 1968.

Hollywood l’a très bien compris. Dans le film Apollo 13 (1995), Tom Hanks, alias Jim Lowell, roule en Corvette 1970 rouge alors que Gary Sinise, qui joue l’astronaute Ken Mattingly toujours dans ce même film, regarde le décollage adossé à sa Vette mordorée.

Plus décalé, le jeune James T. Kirk conduit une Stingray rouge de 1965 ou 1966 dans le Star Treck produit par J.J. Abrams de 2009. Notons que l’action du film se déroule au 23ème siècle ; diablement solide la ricaine dessinée par Bill Mitchell !