Apparue en 1991, la Bimota Tesi 1/D dessinée par Massimo Tamburini (Ducati 916 et MV Agusta F4) fut un échec commercial en raison d’un prix élevé associé à une solution technique qui pouvait choquer les motards plutôt férus de traditions.

En 2002, le boss de Vyrus, Ascanio Rodorigo, s’inspire de la Bimota Tesi pour concevoir une moto à nul autre pareille tant d’un point de vue technique qu’esthétique : une moto où la fourche est remplacée par un bras oscillant et le moyeu de la roue avant qui fait office de colonne de direction. Le guidage est assuré par un système hydraulique connecté au guidon.

Vyrus 987 C3 V4
La version « basique » : La Vyrus 987 C3 V4

Ascanio Rodorigo, ancien mécanicien course chez Bimota, avait savamment amélioré et simplifié la cinématique du train avant de la Tesi.

Mais pourquoi ne voyons-nous pas plus de motos à moyeu directionnel ?

Le gros avantage de la direction dans le moyeu est que la moto se comporte mieux lors des freinages et sur les irrégularités de la route. Le freinage est totalement indépendant de la direction et les caractéristiques de la partie-cycle restent inchangées lorsque l’on doit ralentir violemment. Ce système élimine les frottements de la fourche qui font baisser ses performances en utilisation intensive. Le montage d’une fourche de grosse section à la course importante générant du poids non suspendu et des transferts de masse disparaît également.

moto moyeu directionnelle & bras oscillant avant
Jante en alliage de titane « Rotobox » & roue directionnelle

Peu de constructeurs suivront cette voix. Parmi les motos les plus diffusées, nous pouvons citer la Yamaha GTS 1000 en 1993 propulsée par le 4 cylindres en ligne de la FZR1000 et dotée d’un monobras ainsi que les BMW K1200 Duolever lancées en 2004.

Talon d’Achille de ce système de suspension prometteuse sur piste comme sur route, le retour d’informations n’est pas toujours au rendez-vous en raison d’un système de commande hydraulique complexe.

Vyrus Alyen 988

Vyrus Alien
Le terme moto disruptive est fait pour elle !

En 2020, la petite manufacture de Rimini (Italie) persiste et signe en nous présentant la Vyrus Alyen.

Étant donné que le nom « Alien » a été déposé par la Twenty Century Fox à l’international suite aux succès du film de Ridley Scott et de ses nombreuses sequels, Vyrus a quelque peu louvoyé avec les droits de propriété pour donner à ce roadster un nom qui lui convient à merveille.

En effet, la Vyrus Alyen 988 semble bâtie pour s’échapper de la double mâchoire bavante d’acide chlorhydrique du fameux xénomorphe imaginé par le Suisse Giger  !

La partie-cycle

Le châssis de la Vyrus est fait de 2 platines en magnésium en forme d’oméga rejoignant les 2 bras oscillants alors que le bicylindre choisi pour son étroitesse fait office d’élément porteur.

Le Twin à 90° Ducati liquide de la 1299 Panigale

Ducati 1299 Panigale
Made In Borgo Panigale with love !

L’Italienne reçoit le bicylindre en L Superquadro de la Panigale 1285 cm3 qui développe 205 chevaux à 10.500 tr/mn et 144,6 Nm de couple à 8.750 tr/mn. Il est associé à un embrayage à bain d’huile et à une boîte à 6 rapports ruptant à 10.500 tr/mn.

Une esthétique entre supercar et avion furtif

Cette moto se pare d’un habillage en fibre de carbone aux formes inédites pour un roadster même ultra-sportif.

Les éléments de carrosserie comme l’imposante bouche de radiateur, la bulle ou les protège-mains semblent avoir été développés par les ingénieurs concevant les avions ou les drones furtifs ricains et désormais français.

Des accessoires dignes d’un black project

Vyrus Alyen
Des embouts d’échappement, que dis-je des tuyères !

Comme un programme ultra-secret commandé par le Pentagone (les black project), cette machine adopte des accessoires inédits dans l’univers de la moto.

Les jantes en 17 pouces baptisées «  Rotobox » reprenant la forme d’une turbine sont en carbone forgé (120 mm de Ø à l’avant & 200 mm de Ø à l’arrière) et reçoivent des Pirelli Diablo Supercorsa SP V3.

Le freinage est assuré par deux étriers Brembo série GP4-RR à 4 pistons à l’avant attaquant 2 disques de 300 mm Ø contre un simple disque 245 mm de Ø à l’arrière qui n’auront aucun mal à stopper net cette moto de 165 kg à sec et qui embarque 11 litres d’essence.

Comme rien n’est trop beau pour une Vyrus, les Brembo T-drive Low Track venus du Superbike ou des freins carbone-céramique sont proposés en option. L’amortissement est assuré par 2 éléments Öhlins.

La selle autoporteuse est recouverte d’Alcantara et sous cette dernière filent les deux sorties d’échappement qui ne sont pas sans évoquer par leur côté anguleux un bombardier Furtif F-117 ou une Lamborghini Aventador SV. A vous, de faire votre choix !

Le guidon taillé dans un bloc d’Ergal cache parfaitement les nombreuses durites et câbles inhérents à la Vyrus.

Diffusion & tarif de la Vyrus Alyen

Les bruits de couloirs venus de Rimini laissent fuiter que cette moto produite à 20 exemplaires et qui peut filer à près de 300 km/h devrait être commercialisée pour un prix compris entre 90 et 100.000 €. Bien entendu, cette moto de SF est homologuée Euro 5.

leo. felis ut risus eleifend elementum facilisis consequat. luctus Curabitur