Y aurait-il le feu du coté de Milwaukee ? La Motor Compagny ne nous avait pas habitué à dégainer une nouvelle moto au printemps.

Il est vrai qu’en Europe, la moto a changé de paradigme. Les sportives n’ont plus du tout le vent en poupe principalement pour des raisons de répression routière. De plus en plus de motards se tournent vers les gammes « vintage » des constructeurs et « consomme » la moto d’une toute nouvelle façon.

Ainsi, Ducati vend bien sa moto ludique : le  Scrambler. BMW a déjà décliné sa Nine-T en deux versions. Triumph a revu de fond en comble son iconique Bonneville et la décline désormais en deux cylindrées : 900 et 1200 cc. Enfin, n’oublions pas, la gardienne du temple de la mode « old school » ; l’inamovible et inoxydable Kawasaki W800.

Le Forty Eight s’est très bien vendu en 2015 avec 1000 motos livrées. Mais cette machine de la gamme « Dark Custom » est à classer plutôt dans le segment des «néo bobber » ou « néo custom » avec ses deux gros pneus et sa garde au sol minimale. Il n’y a qu’à voir le nombre de ces motos équipées en option d’une selle à ressorts.

« Pas très café racer, tout ça ! » ; c’est aussi ce qu’on a dû se dire du coté de Milwaukee !!!

Le Sportster, né en 1957 pour concurrencer les fabricants britanniques de moto qui taillaient des croupières à Harley Davidson, est devenu depuis les années 90, une machine qui se vends très bien Europe auprès d’une clientèle, parfois féminine, souvent urbaine de trentenaire. On n’hésite pas à s’afficher sur ce modèle  en sweet à capuche et grosses baskets Nike, « so shocking ! »

Cette version « Roadster », une dénomination choisie qui nous évoque les petits cabriolets britanniques des sixties comme la MG B ou la Triumph Spitfire et le Swinging London, utilise toujours le bon vieux V-Twin culbuté refroidi par air à 45°, ici en version 1202 cc, qui équipe la gamme Sportster. Toujours donné pour environ 70 mustangs et 10 m.kg de couple, le bicylindre reçoit un nouveau jeu d’arbres à came (au nombre de 4) qui font gagner un poil de cul (+0,1 m.Kg) mais à 4250 tr/mn contre 3500 tr/mn sur le 48.

Comme précité plus haut sur ses concurrents « néo rétro », le 1200 R embarque les toutes dernières technologies en matière de moteur : électronique DELFI, gestion des gaz Ride By Wire, ABS, compteur numérique, etc.

Le 1200 Roadster se différencie des autres Sportster grâce à des qualités dynamiques améliorées au niveau de la partie cycle comme le prouve les nouveaux éléments de sa partie-cycle: fourche inversée de 43 mm, tés de fourche renforcés, nouvelles roues légères en alliage de 19 et 18 pouces. On peut regretter que les « génériques » double disques de 300 mm à deux pistons à l’avant soient toujours de la partie ! On aurait préféré pour des freinages « de trappeurs » des éléments de dernière génération.

Mais bon chez HD, le freinage n’a jamais fait parti du tout de son ADN et puis sur un café racer, « il n’y a que les lâches qui freinent ! »

Au final, l’angle chasse est de 31,1° contre 29,9° sur le 48.Ces chiffres devraient donner à cette évolution « néo café racer » du Sportster de bonnes prestations dynamiques sur le réseau secondaire souvent viroleux de notre pays.

Enfin, le Sportster Roadster répond à deux des critiques majeures portées sur le 48 : le confort devrait être amélioré avec une fourche et des amortisseurs à plus grand débattement (112 mm à l’avant et 80 mm à l’arrière) et une meilleure autonomie (le réservoir passe de 7,9 litres à 12,5 litres).

Son prix, à partir de 12590 €, est dans la moyenne haute des machines citées en début d’article.