Etat des lieux du marché des motos néo-rétro 2019

Une offre toujours plus large

L’année 2019 voit l’arrivée de nouvelles motos pouvant séduire au delà des fans de café racer et autres scramblers.

Ainsi, la Moto Guzzi V85TT est le premier trail « néo-rétro » qui pourra intéresser les roule-toujours par ses aspects pratiques.

Idem pour la Triumph Speed Twin qui est plus un roadster classique et performant qu’une pure moto néo-rétro. Il pourra attirer les motards qui n’aiment pas les motos style manga. Indian Motorcycles tente la carte de la sportivité à l’américaine avec une machine s’inspirant de l’univers du flat track.

Triumph : En patron

La marque de John Bloor a déployé « une force de frappe » en proposant deux Scrambler 1200 et la Speed Twin déjà mentionnée.

Ajoutons l’arrivée du très exclusif café racer Thruxton TFC conçu par le nouveau département : «Triumph Factory Custom» .

triumph truxton TFC
Triumph Truxton TFC

Les 900 cc de la gamme Modern Classics du constructeur anglais progressent en rendement moteur. On peut affirmer que Triumph est le leader indiscutable du marché des néo-rétro tant son offre pour 2019, articulée autour de deux motorisations (900 cc et 1200 cc), est large.

Les constructeurs japonnais

Kawasaki avait raflé la mise en 2018 avec la Z900 RS, meilleure vente dans la catégorie des motos néo-rétro. En 2019, le constructeur japonnais relance son inoxydable W 800. Nous ne traiterons pas de la Honda CB 1000 R (148 ch.) et autres Suzuki Katana (150 ch.) qui tentent de surfer, à bon compte, sur la mode néo rétro avec des quatre pattes d’anciennes… sportives (CB1000 RR et GSXR 1000).

Ducati et BMW à la peine

Ducati dont on sait qu’Audi voudrait se défaire ne présente rien de neuf pour 2019. BMW Motorrad semble également en panne d’inspiration. En 2018, le constructeur allemand a tout de même commandité auprès de Roland Sands Design (RSD) une moto néo-rétro. Ce concept bike sur base d’une R nineT s’inspire de la BMW R7 de 1934. Wait & see…

Ducati Scrambler

Ducati 800 scrambler Icon
Ducati 800 scrambler Icon : En 2019, le Ducati Scrambler 800 voit ses suspensions Kayaba avant et arrière revues. Le débattement avant comme arrière de 150 mm reste inchangé. Cette moto néo-rétro reçoit en 2019 un ABS « cornering ».

Le concept Scrambler présenté en 2014 se décline désormais en 3 cylindrées : 400, 800 et 1100 cc.

La firme de Borgo Panigale a une vrai légitimité pour proposer cette Armada de Scrambler.

De 1962 à 1976 et à la demande de son importateur américain, Joseph Berliner, Ducati a produit une gamme de Scrambler monocylindre 4 temps de 250 (1962) à 450 cc (1969). Techniquement, il n’y a donc aucun rapport entre les scramblers monocylindre d’hier et les bicylindres actuels.

Ducati 400 Scrambler Sixty 2

Le bicylindre en L Ducati de 399 cc délivre de série 41 ch et 34 Nm de couple. La Sixty 2 proposée pour 7.990 € ne souffrira donc d’aucun bridage pour les détenteurs du permis A2.

Ducati 800 Scrambler : La moto néo-rétro plaisir

Elle possède de réelles qualités dynamiques grâce à un excellent rapport poids-puissance de 73 ch pour 173 Kg à sec (189 Kg tous pleins faits). Cette moto est facile à vivre grâce à sa faible hauteur de selle, son empattement court (1 445 mm) et son grand guidon.

Comme toutes Ducati, la partie-cycle est très rigoureuse et son comportement est typé roadster en raison d’une jante avant de 18 pouces.

Le couple moteur du L-Twin de 803 cm3 à refroidissement air/huile est de 67 Nm à 5 750 tr/mn. Sa plage d’utilisation idéale se situe entre 3 et 6 000 tr/mn.

Le Ducati 800 Scrambler évoluera sans mal hors des sentiers battus grâce à un bon débattement des suspensions et la monte de pneus Pirelli mixtes. Cet exercice sera quelque peu freiné car, en cas de chute, la note peut être salée…

(Pour cet exercice et pour un tarif proche, on lui préférera la nouvelle Yamaha 700 Ténéré déjà chroniquée sur Belles Machines. )

L’unique étrier Brembo à fixation radiale avant freine sans mal cette moto légère.

Notons que le Scrambler italien en 800 cm3 est décliné dans de nombreuses versions : Tangerine Icone (9.550€ ), Icon Dark (8.850€), Street Classic, Café Racer, Desert Sled (11.990 €), Full Throttle (10.950€).

Si l’Icon Dark d’entrée de gamme est proposée au tarif attractif, le prix du très beau Scrambler Café Racer est stratosphérique !

En 2019, la Ducati 800 Scrambler trouvera désormais face à elle une Triumph Street Scrambler qui gagne 10 chevaux. Cette dernière reste malgré tout plus lourde (203 Kg), moins puissante (65 ch) mais nettement plus coupleuse (80 Nm à 3200 tr/mn).

Ducati 1100 Scrambler

Ducati Scrambler 1100

Apparue en 2018, la firme de Borgo Panigale utilise une motorisation très classique pour chapeauter son offre néo-vintage. En effet, le Scrambler 1100 est propulsé par un L-Twin de 1079 cm3 à refroidissement air/huile et à deux soupapes par cylindre. Ce gros scrambler développe 86 ch à 7500 tr/mn et 88 Nm de couple à 4750 tr/mn et ne tracte que 211 Kg tous pleins faits.

Ducati le propose en trois finitions : 1100 (13.096 €), Special (14.396€), et Sport (15.096€).

BMW Heritage

nineT racer : la moto néo rétro selon BMW
Le café racer selon BMW : La R nineT Racer

La gamme Heritage de BMW Motorrad reste inchangée pas pour 2019.

Du coté de chez BMW Motorrad, on a fait sa « révolution copernicienne » orchestrée par un homme : Ola Stenegärd (passé depuis chez Indian).

Le designer suédois a fait évoluer la perception de la marque bavaroise auprès de la population motarde en dessinant la BMW R nineT en 2013. Grâce à lui, les motos munichoises ne sont plus seulement des motos de flics et de cadres sup’ rêvant de se la jouer grand baroudeur !

La gamme « Heritage », autrement dit les motos néo-rétro de BMW, est forte de cinq motos : R nineT, Racer, Scrambler, Pure et Urban G/S.

Cette dernière rend hommage au premier trail bicylindre de l’histoire : la BMW 80 G/S 1981. Le modèle Racer puise son inspiration auprès de la sportive BMW R 90S des années 70.

BMW Motorrad démontre une pingrerie certaine en ne montant la fourche inversée et les freins périmétriques que sur la R nineT. Les quatre autres modèles et plus particulièrement le café racer (R nineT Racer), devront se contenter d’une fourche classique de 43 mm.

Quid des jantes à rayons sur le Scrambler ! Pourtant, cela fait partie des « figures imposées » de ce genre de moto…

Les BMW sont animées par un Boxer Twin aux cotes carrées de 1170 cc. Il délivre 110 ch à 7 750 tr/mn et 116 Nm à 6000 tr/mn de couple.

L’entrée de gamme pour rouler en BMW néo rétro débute à 13 000 € avec la version« Pure ».

Aucune BMW de la gamme Heritage n’est éligible pour les permis A2.

Triumph Modern Classic 900

triumph 900 cc Street Cup
Triumph 900 Street Cup

La motorisation des Triumph Street Scrambler, Street Cup et Street Twin est entièrement revue. Le bicylindres vertical de 900 cc délivre désormais 65 chevaux soit un gain de 18 % par rapport au millésime 2018 !

Le couple max. de 80 Nm reste inchangé et se situe à bas régime (3200 tr/mn). Ces chiffres laissent à penser que ces motos progressent en terme de plaisir de conduite.

On pourra noter que la Triumph Street Scrambler 2019 comble une grande partie de son manque de puissance face à sa rivale directe : La Ducati 800 Scrambler.

Les Triumph 900 sont éligibles pour les permis A2 et leur prix débute à 9 400 € avec la Street Twin.

Triumph Modern Classic 1200

triumph speed twin 1200
Triumph Speed Twin

Pour 2019, le bicylindres liquide de 1200 cc estampillé 1200 HT (Pour High Torque soit « couple élevé ») et entré en production en 2016 équipe trois nouvelles motos. Il s’agit des Scrambler XC et XE ainsi que du roadster Speed Twin.

Les déclinaisons plus anciennes (Bobber, Bonneville, Thruxton, etc.) dans les « Modern Classic » demeurent inchangées aussi bien en terme de motorisation que de partie-cycle. Elles conservent le bicylindres parallèle de 1200 cc qui produit entre 77 ch. (pour le bobber) et 80 ch. (Bonneville T-120 et Thruxton).

La nouvelle Speed Twin est la néo-rétro la plus performante au catalogue de la firme d’Hinckley. Cette moto forte de 97 chevaux et à la partie-cycle allégée et performante est bien plus proche d’un roadster classique que d’une moto connotée « néo-rétro ». De facto, elle s’inscrit comme une alternative crédible à la Kawasaki Z 900 RS.

Les Scrambler étant à la mode, Triumph se devait d’en proposer un. Hors, cela ne fut pas un mais deux avec les Scrambler XE et XC. Tout comme la Speed Twin, le bicylindres de 1200 cc a été retravaillé et gagne au passage 10 chevaux. La XE se dote de suspensions à grand débattement (250 mm).

Moto Guzzi V7 III

moto guzzi carbon V7 III
Moto Guzzi V7 III Carbon Edition

Le bicylindre en V perpendiculaire à la route de 744 cc libère 52 ch à 6 200 tr/mn pour un couple max. de 60 Nm à 4900 tr/mn.
La Moto Guzzi V7 III se décline dans de nombreuses versions : Stone, Racer, Milano, Rough et une série limitée « Carbon ». Elles sont éligibles pour les permis A2.

La Stone d’entrée de gamme s’affiche au prix de 8 549 €.

Moto Guzzi V85TT

moto guzzi V85TT

Le Trail V85TT est la grande nouveauté pour la firme de Mandello Del Lario pour l’année 2019. Cet ORNI (Objet Roulant Non Identifié) défriche une nouvelle offre : Le trail vintage ou « Classic Enduro » selon Moto Guzzi.

Cette moto évoque avec son réservoir de 23 litres et sa motorisation rustique les premiers gros trail bicylindres des années 80 (BMW 80G/S) parcourant une Afrique encore pacifique…

La Moto Guzzi V85TT est très bien placée au niveau prix (11 699 €) soit quasiment 1500 € de moins qu’ une Urban G/S (12 999 €). Cette dernière est certes plus puissante (110 ch) mais elle est nettement moins bien équipée pour la randonnée comme pour le quotidien. En effet, Moto Guzzi commercialise un kit comprenant une malle et deux valises métalliques qui s’inspire des BMW GS Adventure.

Les ingénieurs de Moto Guzzi ont retravaillé en profondeur le bicylindres de la V9 Roamer qui n’a jamais trouvé son public.

La puissance du bloc moteur de 853 cc passe de 55 à 80 ch. Le trail V85TT est homologuée A2 et doit débarquer en concession fin février/début mars.

Harley-Davidson Sportster

sportster 1200 iron 2018
Le Sportster 1200 iron ou l’un des meilleurs rapport qualité prix de la gamme Harley-Davidson

Le Sportster, tout comme les Motos Guzzi, n’est pas à proprement parlé une moto « néo-rétro » car sa production, depuis son introduction en 1957, n’a jamais cessée. Pour l’anecdote, le Sportster est, depuis l’arrêt du Land Rover, le véhicule (auto comme moto) qui connaît la production la plus longue !

Cette moto peut être customisée quasiment à l’infini grâce à un nombre pléthorique de pièces dans les catalogues aftermarket.

On préférera au 883 Iron (10765 €), le 1200 Iron sortie en début d’année 2018, bien placé au niveau tarifaire (11 290 €), mais aux performances toutes autres. Notons que les Sportster Iron ne sont pas équipés d’un antipatinage.

Royal Enfield 650 cc : Braquage à l’indienne ?

Royal Enfield Interceptor 650


La gamme 650cc Royal Enfield, avec les modèles Interceptor et Continental GT, sera disponible en mars 2019 dès 6 490 € ! Un bicylindres de 648 cc calé à 270° équipe ces deux motos. Cette motorisation est quasiment deux fois plus puissantes (47 ch) que le monocylindre de la 500 Bullet.

Royal Enfield a su préserver ses origines « so british » mais avec les performances actuelles et un prix très doux.

Kawasaki Z 900 RS : Le diable s’habille en vert

Kawasaki Z 900 RS
Kawasaki Z 900 RS : Coloris Godier-Genoud ou Eddy Lawson Replica ?

La Kawasaki Z 900 RS, dérivée du roadster « manga » Z900, a su trouver son public et ceci malgré un prix de vente assez élevé (12 499€).

Elle est la moto néo rétro la plus vendue en France en 2018 avec 1260 unités.

Les ingénieurs de Kawasaki ont parfaitement retravaillé le quatre cylindre de 948 cc dans une optique old school. Il est très coupleux dès les bas régimes (98,5 Nm à  6500 tr/mn) et très puissant (111 ch à 8 500 tr/mn).

Kawasaki 800 W : la plus british des néo-rétro

kawasaki w800 2019 street
Kawasaki W800 2019 Street

Contrairement à une idée répandue, cette moto n’est pas la copie d’une Triumph Bonneville. Elle est la descendante de la Kawasaki 650 W1 apparue aux USA en 1966. La 650 W1 était à l’époque une sportive (50 ch.) qui s’inspirait de la BSA A10.

La Kawasaki W650 fait ses premiers tours de roues en 1999. En 2011 et après trois ans d’absence, le bicylindres vertical est de retour sous la forme de la W 800. Elle gagne dans l’opération 98 cc et une injection, normes d’homologation oblige. Fin 2016, elle quitte encore une fois le catalogue Kawasaki car elle est incompatible avec la norme Euro 4.

Énième rebondissement lors du salon de Milan 2018, Kawasaki commercialisera à nouveau la W900 en 2019. Selon le constructeur japonnais, la W900 2019 ne conserverait que 10% des pièces de l’ancienne version. Kawasaki justifie de la sorte les 1 000 € (sic) de différence entre la W 800 Final Edition de 2016 (8 999€) et les 10 049 € de la W800 Street 2019.

La Kawasaki W800 conserve les caractéristiques moteur d’une vraie anglaise d’antan. Son bicylindres vertical de 773 cc est de type longue course (77×83 mm) et le calage du vilebrequin est à 360°. Désormais équipé d’un disque arrière (homologation oblige), le vertical twin produit 48 chevaux.

La Kawasaki W800 2019 sera proposée  en deux versions : « Street » (10 049€) et « Cafe » (10 849€).

Toutes deux sont éligibles pour les permis A2 et elles devraient être en concession au printemps.

Indian FTR 1200 : Un exotisme cher payé

indian ftr 1200 s

Avec cette moto, la firme de Spirit Lake veut faire fructifier ses titres remportés en flat track.

Par le passé, Harley-Davidson a tenté à deux reprises une démarche similaire avec la XR 1000 (1983) et la XR 1200 (2008). Ces deux motos s’inspiraient de la fameuse XR 750 utilisée en dirt track. Malheureusement, Milwaukee avait utilisé une motorisation dérivée de l’antique Sportster, pas idéale pour prendre des tours !

Les aficionados de cette discipline s’attendait à une moto proche de la FTR 750 : une machine joueuse, légère et puissante, un peu à l’image du Ducati 800 Scrambler. Hors, il n’en est rien.

L’Indian FTR 1200 est mue par une version profondément revue du bicylindres équipant les Scout. Cette moto est très puissante (120 ch à 8 250 tr/mn) mais elle est affreusement lourde ( 225 Kg à sec !).

De plus, ce racer est vendue au prix du caviar (14 690 € pour la FTR 1200 d’entrée de gamme !).

Au final, nous avons plus affaire à un honnête roadster à l’européenne qu’à une moto de flat track tout juste civilisée ; dommage !

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