J’ai appris ce matin la disparition prématurée de Coyote. Je pense, qu’il n’est pas nécessaire de rappeler, qu’il est l’auteur des BD à succès «Litteul Kevin» et « Mammouth et Piston». Certains font très bien son éloge funèbre « quasi chirurgical» dans la presse « généraliste ».je vais vous parler de lui à travers les souvenirs que sa mort réveille en moi.

Nous sommes dans le début des années 90…mes débuts en Harley Davidson.

coyote bd harleyLes dessins de « Mammouth et Piston » donnaient du relief et de la couleur à des publications spécialisées bien tristes tant au niveau du contenu que de la mise en page ; l’impression numérique était encore de la science fiction.

Toujours à cette époque, les canards biker ne duraient pas plus longtemps que des feuilles des arbres en automne. Ces aventures « journalistiques » s’appelaient « Hot Cycles », « US Cycles », « Biker for Ever » et enfin « Freeway ».

Nous autres, fans de Harley, attendions avec impatience chaque nouveau numéro de ces mag’. Il n’y avait que ça pour s’informer à l’époque !

Les couvertures signées « Coyote » aidaient grandement à faire passer la « douloureuse, soit 30 francs.

La courte BD signée Coyote, il faut le reconnaître car il y a prescription, était la plupart du temps bien meilleure que le reste du canard. !!!

Couv' de FreewayDe plus, «Le Coyote » donnait à ces canards un style bien de chez nous, rabelaisien dirions-nous, à des années lumières de la presse US.

Il y avait beaucoup d’humour et une délicatesse infinie dans le monde de « Mammouth et Piston » ou dans celui de «Litteul Kévin».

Mammouth, c’est bien sur le double couché sur papier de « Coyote ». Un biker au grand cœur qui narrait le quotidien de la vie de «biker pur & dur » avec beaucoup d’autodérision.

J’ai croisé, à maintes reprises dans ces années là, Coyote à la concession American Moto puisque nous vivions tous deux à Toulouse. Coyote était bien comme son double couché sur papier, Mammouth, un géant au grand cœur malgré un look de « hardcore biker » comme l’attestaient ses éternelles Rangers à coques.

Il a fait beaucoup pour donner une image « apaisée » au mouvement biker dans nos contrées… Il y a peu encore , il avait fait la Une de Freeway Magazine suite aux attentats de Paris de la mi-janvier ; montrant encore un fois que les bikers ne sont pas qu’une bande d’abrutis.

Tu resteras à jamais, ce biker, tout de noir vêtu faisant contraste avec les briques du vieux Toulouse, sur sa Harley Softail non moins noire mat, qui faisait un boucan d’enfer rue Saint-Michel.

RIP

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