Harley Davidson vient d’annoncer via le New York Time la création de sa troisième usine hors des USA après Manaus au Brésil (1999) et Bawal  (2011) dans la province de l’Haryana (Inde).

En fait, il ne s’agirait pas d’une usine à proprement parler mais d’une chaîne d’assemblage.

Cette nouvelle infrastructure sera localisée en Thaïlande dans la province de Raylong à deux heures au Sud de Bangkok.

L’ouverture de cette nouvelle usine est prévue pour 2018. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé.

Pourquoi

L’objectif de cette implantation est de pénétrer les marchés asiatiques qui ont formé une zone de libre échange au sein des Nations du Sud-Est Asiatique (ASEAN) et l’énorme marché Chinois. Ainsi, au sein de l’ ASEAN, les motos d’importation y sont actuellement taxées à 60 % !

Cette décision pourrait être liée au fait que Donald Trump ait décidé d’abandonner le traité commercial trans-pacifique (TTP) dés le premier jour de sa présidence…

Harley Davidson cherche un nouveau souffle

Nous avions déjà parlé des difficultés que traversent la firme dans un précédent article.

Dans la catégorie phare aux USA, celle des « cruisers », Harley Davidson doit faire face à un ralentissement de ses ventes due au vieillissement de sa clientèle traditionnelle de baby boomers qui raccrochent définitivement leur casque et à la montée en puissance de l’autre constructeur américain : Indian Motorcycle.

De plus, les constructeurs européens, avec en tête BMW et Triumph, proposent des motos « vintage » très performantes reprenant beaucoup de recettes qui ont fait le succès de « la vieille dame de Milwaukee » : Motor clothing spécifiques, participation à des événements « néo rétro », personnalisation, etc.

Les réactions

Le très puissant syndicat de la métallurgie (850 000 membres) auquel les ouvriers de Harley Davidson sont rattachés a réagi très négativement à cette décision.

Son délégué, Leo W. Gerard, a déclaré qu’il s’agit « d’un affront porté aux travailleurs américains qui construisent une icône américaine« . De plus, le syndicat souligne que la Motor Co planifie actuellement le licenciement de plus de 100 employés sur le site de York…

On peut d’autant plus comprendre les réactions du syndicat que la 750 Street est certes construite à Milwaukee pour le marché américain mais que l’entrée de gamme provient de Bawal (Inde) pour les autres marchés dont celui européen (une première dans l’histoire du constructeur).

Katie Whitmore, directrice des relations publiques du constructeur, a indiqué de son coté que les motos assemblées en Thaïlande auront le même « aspect authentique, son et sensation » que celles fabriquées aux Etats-Unis.

L’annonce de cette troisième site, hors des USA, fait échos aux déclarations en début d’année de Donald Trump menaçant de surtaxer les motos européennes  ( la « recette » de Ronald Reagan pour relancer le constructeur au milieu des années 80) lors de la visite des dirigeants de Harley Davidson à la Maison Blanche.

Le président fraichement élu avait remercier le directoire  «  de produire américain »  alors le groupe possédait déjà deux chaînes d’assemblage délocalisées…