Les cinq  dirigeants de Harley Davidson ont reçu un bonus de 5 ,7 millions de dollars (4,3 millions d’euros) en 2011 dont plus de 2,5 millions (1,9 millions d’euros) pour son PDG Keith Wandell.

Ce dirigeant cumule des revenus qui s’élèvent à 7,23 millions de dollars (5 ,5 millions d’euros) toujours en 2011 soit une hausse d’environ 13% par rapport à l’année 2010. Son salaire de base n’a pas bougé en 2011 et représente 975.035 dollars (744 000 euros).

Les très larges rémunérations  du PDG de Harley Davidson sont dues en partie à une restructuration complète aussi bien humaine que matérielle du site de York (le plus important site de la Motor Compagny) faisant économiser 217 millions de dollars (165 millions d’euros).

Paradoxalement, si la crise de 2008 a touché fortement les ventes de motos (233 117 actuellement contre 349 196 en 2006), Harley Davidson a augmenté ses bénéfices grâce à une baisse des coûts et une plus grande compétitivité malgré un plus faible volume de vente.

Les actionnaires sont donc aux cieux, d’où les rémunérations des dirigeants de la Motor Compagny qui s’envolent et avec une action qui grimpe semaine après semaine.

Cette plus grande compétitivité a un coup humain élevé qui n’est pas comptabilisé dans le bilan annuel.

L’usine de York, qui était un patchwork de plus de quarante unités de production dont certaines dataient de la seconde guerre mondiale, est désormais une chaîne d’assemblage unique et dernier cris avec entre autre plus de 100 robots.

Elle n’a rien à envier à une usine automobile Toyota ; le must en la matière. Ainsi, une moto quitte la chaine toute les 89 secondes !

Si, la révolution est technologique, elle entraîne une casse sociale sans précédent avec la disparition de la moitié des 1900 emplois que comptait le site de York et  avec des conditions de travail qui se sont très dégradées.

Sous la menace d’une « délocalisation » des usines vers le Kentucky, Keith Wandell a renégocié les accords d’entreprise qui sont entrés en vigueur au premier avril. Ils incluent une augmentation pour le salarié des couts de la couverture santé et un gel des salaires pendant sept ans.  Keith Wandell a  mis en avant la flexibilité du travail.

Déjà 270 intérimaires, non couvert par la couverture de santé et moins payé que les salariés, travaillent sur la chaîne de York.

Les syndicats sont très amers vis à vis de ces accords d’entreprise. L’un d’entre eux parle ainsi de la nouvelle organisation du travail : « Je pense que l’époque du partenariat est passée. Le moral est dans les toilettes ». Les vieux employés regrettent le temps où l’entreprise prenait soin de ses employés dans les temps difficiles. Certains perdent leur emploi à quelques années de la retraite.

« L’entreprise était comme une famille, ce n’est plus du tout le cas ! » Il ajoute : « Le plus gros problème, c’est la peur » et il termine par ces mots :« c’est dur d’aller au boulot en ayant peur de dire quelque chose à l’encadrement ».

Un représentant syndicaliste

Il rapporte que l’atmosphère à York est devenue détestable. Certains employés refusent de signaler une blessure de crainte d’être réprimandé ou plus simplement licencié.

Les sites de Menomonee Falls, Tomahawk et de Kansas City vont connaître le même sort avec la disparition de centaines d’emplois…

Harley Davidson, via ses communicants, nous vente et nous vends son American Way Of Life sur deux roues fait de chromes un peu surannés et de valeurs qui ont complètement disparues de ses usines.

Le respect des col bleus ( les »blue collars »), qui étaient d’ailleurs les plus fidèles clients de l’usine, si cher à l’Amérique de l’après guerre passent à la moulinette du capitalisme le plus débridé.

La Motor Compagny , durant l’ère Wandell, a profondément fait muter son outil de production, le rendant certes plus performant, comprenez très attractif pour les fonds d’investissement, mais au détriment d’une casse sociale sans précédent.

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