Le départ à la retraite de William G. Davidson
est l’occasion de présenter l’une de ses créations majeures.

Revenons quarante un ans en arrière.

La FX Super Glide, avec son garde boue arrière dit « bobtail » n’est pas la plus belle création de Willie G. Davidson alors vice-directeur du service de design du constructeur du Vinsconsin.

A titre personnel, le FXS de 1977, également dessiné par Willie G.,  reste un must à mes yeux en matière de Harley-Davidson d’origine.

La FX Super Gilde apparue en 1970 est une révolution stylistique au même titre que le café racer Café Racer XLCR de 1977 et 1978 également dessiné par le petit fils de l’un des quatre fondateurs de la Motor Co.

Super Glide shovelheadA la fin des années soixante, Harley-Davidson est une vieille maison austère avec somme toute deux modèles : Le Sportster et les lourdes Electra Glide très prisées des forces de polices.

Durant les années 50 puis 60, Milwaukee a répondu difficilement aux ventes massives de motos anglaises sur le sol américain.

Les anglais ont généralisé très tôt la fourche télescopique ; Harley-Davidson fera de même avec l’Hydra Glide avec retard en 1949. il en va de même avec la suspension arrière qui  sera généralisée sur la Duo Glide en 1958.

Le Sportster, dévoilé en 1957, est la réponse de Milwaukee aux bicylindres parallèles produits par la perfide Albion qui se vendent comme des petits pains aux USA.

Ainsi, certaines années, 70 % à 80% de la production totale de Triumph prend la direction du nouveau monde via ses deux filiales TriCor pour la côte Est et Johnson Motors pour la côte Ouest.

Parallèlement à la fin des années soixante, la donne motocycliste change :

Les anglaises, qui n’ont guère évolué au niveau de la motorisation depuis la seconde guerre mondiale, sont laminées en quelques années par les motos japonaises. La Honda CB750, présentée fin 1968, symbolise cette passation de pouvoir.

FX Super Glide 1971De plus la kustom Kulture, grâce  aux retombées médiatiques du film Easy Rider (1969) est en pleine explosion.

Willie G.  en croisant un moteur et une partie cycle de Big Twin a une fine fourche et une roue avant de Sportster invente un nouveau genre de moto : le cruiser.

Les gênes de cette moto se retrouvent dans les gammes FX puis FXR et enfin Dyna. La famille Softail est également la digne héritière de cette moto. Pour preuve, combien de Softail portent la désignation  « FX »?

Cette moto baptisée FX (pour Factory Experimental)  Super Glide est motorisée  par un V-Twin Shovelhead de 1200 cc (73,73 cubic inches) qui libère 65 ch. via une boîte 4.

L’absence de démarreur électrique permet de caser une petite batterie sur le coté droit de la moto.

Shovelhead FX 1200 bobtailProduite à 4700 exemplaires et seulement en 71, la FX Super Glide a reçu un  accueil plus que mitigé du fait de l’ensemble selle garde boue en fibre de verre dit «bobtail».

Cet élément était aussi une option sur le Sportster de ce millésime ; c’est devenu une pièce que les collectionneurs s’arrachent !

L’année suivante, des lignes plus conventionnelles permettront de faire décoller les ventes de cette nouvelle offre commerciale.

En effet, le FX Super Glide de 1971 jette les bases du custom récréatif qui n’est ni un gros touring, ni un petit roadster concurrençant des motos anglaises.

Willie G., au travers de cette moto, est le premier à faire remonter  vers le bureau de style et à industrialiser ce qui se passe et se fait dans la rue : des gros Big Twin, le plus souvent réformés, dépouillés aux longues fourches.

En ces temps où l’on parlait beaucoup de révolutions que  l’on faisait parfois, une petite brise  de cette révolution a aussi soufflé dans les bureaux d’études de Milwaukee.

Même si la FX Super Glide 1971 a un physique difficile, cette moto est aussi capitale dans l’histoire du constructeur de Milwaukee que le premier Softail Evolution apparu en 1984.

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