Rien ne prédestinait Max Hazan à devenir l’un des créateurs de moto parmi les plus en vue de la préparation moto actuelle.

D’ailleurs, Max Hazan à travers ses « objets roulants », transcende cette activité : Est-ce encore de la custom culture ou plus simplement de l’Art  ? Je vous laisse juge.

Et ce n’est pas un hasard, si cet autodidacte en matière de customisation fait désormais l’objet d’article dans les médias mainstream de la Cote Ouest.

A la différence de nombreux préparateurs, il n’a ni grandi dans les copeaux des machines outils ni élimé ses jeans dans les écoles de design.

Il est le descendant de trois générations de tailleurs de Brooklyn et il est diplômé en psychologie « parce que les nanas étaient mignonnes ». Il travaillera comme charpentier à Long Island «  parce que la paye était bonne ».

max hazan royal enfield musket II

Artiste par accident

Mais en 2011, à l’age de 29, il est victime d’un grave accident de moto qui l’empêche de travailler durant de longs mois. Pour tuer le temps, Il dessine des motos. Une vocation venait de naitre.

En 2012, Max Hazan migre à Los Angeles par amour et pour pratiquer le surf dans de meilleures conditions climatiques qu’à New York. Il crée « Hazan Motorworks ».

Le « style Hazan » peut être définit par le bobber que je vous présente baptisé, « Musket II ».

Le bobber Musket II

La Musket II , malgré le chiffre romain « 2 », ne fait pas exception à une règle que c’est fixé Max Hazan : Ne jamais faire 2 préparations identiques.

La Musket II est en effet plus courte de 6 pouces (15 cm) que la première du nom. Cette moto est donc plus ramassée lui donnant un aspect plus « bobber » alors que la Musket I avait un look plus « streamliner » ; autrement dit sculptée pour « le dieux de la vitesse ».

moteur musket 1000 cc engine royal enfield

La Musket II porte ce nom car elle utilise un V-Twin artisanal du nom de « Musket ».

Il s’agit d’un bicylindres construit par un indo-américain vivant dans l’Ohio. Son nom est Aniket Vardhan. Il a accouplé 2 moteurs de  Royal Enfield Bullet pour créer un moteur s’inspirant des plus beaux V-Twin américains ou britanniques.

On imagine sans peine le travail nécessaire pour réaliser une telle motorisation. Le carter moteur est, par exemple, coulé dans un bloc de bois sculpté…

Max Hazan a contacté Aniket Vardhan afin de lui fournir 2 moteurs « Musket » sur les 7 produits à l’heure actuelle. Aniket a accepté le deal sans mal car peut-on résister à l’alchimie de monter ce V-Twin d’exception dans les écrins que confectionnent Max Hazan.

Less is More !

Le style Hazan, ce sont des motos épurées au maximum avec des lignes tendues et sans aucun falbalas.

guidon bobber handlebar préparation motoLe guidon de la Musket II témoigne de cette approche ultra-minimaliste. Le dirigeoir ne possède aucun levier, commodos ou poignées apparentes !

Le câble d’accélérateur est à tirage interne alors que le passage des vitesse ainsi que l’embrayage placées à gauche sont activés par un jockey shift. Le pieds droit actionne un astucieux système de freinage à 2 pédales dont Max Hazan est particulièrement fier. On peut soit appuyer sur les 2 pédales à la fois et donc freiner de l’avant et de l’arrière ou agir uniquement sur la pédale externe et actionner le tambour arrière.

break frein royal enfield customUn gimmick propre aux machines construites par Hazan Motorworks est qu’elles possèdent toutes un cadre qui paraît bien frêle pour s’aventurer hors des halls d’exposition.

Techniquement, le custom builder a une astuce pour réaliser ses cadres que l’on pourrait qualifier en « trompe l’oeil ». Il utilise d’une part des tubes en acier au chrome-molybdène (un alliage très résistant) et d’autre part les tubes ont une parois interne très épaisse. Ainsi, les tubes du cadre de la Musket II font 3,2 mm d’épaisseur.

Le bobber reçoit une fourche inversée qui a été entièrement construite dans le petit atelier de L.A.

Toujours dans une volonté d’affiner les lignes, les 2 fourreaux de fourche, les Tés de fourche, la patte de fixation du phare et le guidon forment une seule pièce !

Les tubes plongeurs coulissent sur des bagues en laiton. L’amortissement se résume à une paire de ressorts sélectionnés avec soin afin de trouver un tarage permettant d’encaisser les irrégularités (légères !) de la route.

préparation moto : Muket 2 par max hazanLe réservoir en aluminium conserve, et c’est la « patte Hazan », une ligne qui pourrait illustrer dans le Larousse le mot « Elancé ». La petite batterie (cette moto démarre aisément au kick du fait d’une faible compression), la bobine et le régulateur sont cachés dans le réservoir.

A l’avant, le bobber reçoit une roue de 19 pouces à 40 rayons montés sur un moyeu arrière réusiné provenant d’une petite Honda.

hot rod wheel roue bobberLe pneu arrière est un Excelsior monté sur une jante de Hot Rod de chez Summit Racing. Pour greffer cette jante sur une moto, Max Hazan a dû usiner 2 gros billots d’aluminium 6061 (le coté gauche fait aussi office de tambour) permettant aux 5 goujons de traverser la roue.

Sur la Musket II, Hazan abandonne la selle recouverte d’inserts en bois pour un élément recouvert de cuir.

La touche finale est apportée par un échappement mettant parfaitement en valeur les lignes sensuelles du moteur Musket.

D’un point de vue quasiment hors de propos, la Musket II développe 55 ch pour un poids de 175 kg.

royal enfield by max hazan