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Le Flat Track ou Dirt track est le sport motocycliste dans sa version la plus originelle ou la plus pure : un anneau et une meute de furieux ; that’s all !

Ajoutons à cela que les boardtrackers sont des machines que l’on redécouvre et qui fascinent par leur simplicité et des lignes épurées.

Indian boardtracker racer de 1917

Dans les toutes premières années du 20ème siècle, les promoteurs des premières courses de motos utilisent des ovales prévus pour les courses… de vélos car dans motocyclette, il y a cycle ou des hippodromes. Le premier circuit dédié aux courses de vitesse automobiles et de moto est créé à Los Angeles en 1909. C’est l’oeuvre d’un immigré britannique : Jack Prince.

Les circuits sont des anneaux en lattes de bois (boards) avec des virages relevés généralement à 45° voire 65° (sic !) et ses premières motos de course sont naturellement surnommées : boardtrackers.

Dès les années 1910, la puissance des boardtracks explosent avec des bicylindres de plus en plus évolués à 4 soupapes capables de passer la barre des 100 miles/heure en pointe.

Les puissances grimpent et inexorablement les accidents se succèdent toujours plus violents pour les pilotes mais aussi pour les spectateurs massés dans les tribunes. Ce n’est plus un sport mais les jeux du cirque. Des pilotes se retrouvent empalés par des lattes de bois. Les journalistes, jamais avares en punchlines, les appellent : « Murderdromes ». Cette mauvaise presse et les interdictions qui en découlent par les municipalités font que les promoteurs se tournent définitivement vers des anneaux en terre battue qui en plus ne coutent quasiment rien. A la fin des années vingts, les boardtracks  font partis de l’histoire des premières heures du sport moto.

Harley Davidson Racer de 1924

Les courses sur anneau existent avec plus ou moins d’audience dans le monde entier sous différentes appellations comme Grasstrack dans le sud ouest de la France  ou Speedway pour les ex colonies britanniques. Ainsi, Marmande (Lot-et- Garonne) et de La Réole (Gironde) organisent toujours des manches mondiales de ce grasstrack.

L’Europe, qui possède déjà un vaste réseau routier, s’oriente naturellement vers les courses sur route et les circuits d’abord routiers.

Aux USA, l’immédiate après guerre voit une nette domination des Harley Davidson avec son team officiel Harley surnommé « The Wrecking Crew ». L’un de ses membres, Otto Walker, est le premier pilote de l’histoire à gagner une course à plus de 100 miles à l’heure (160km/h) en 1921.

Le Flat Track voit officiellement le jour en 1932 sous l’égide de l’AMA

L’American Motorcyclist Association (AMA), fondé en 1924, subdivise alors le Flat Track en 2 catégories ; la Class A pour les machines d’usine aux mains de pilotes professionnels où tout reste permis sur le plan mécanique et la Class C.

bobber harley

Bn Campanale à Daytona beach sur une WR 750. Notez que cette moto est très proche d’un bobber.

La Class C est  un coup de maître car elle permet aux pilotes non-professionnels de courir à moindre coût. Les motos sont simples : Ce sont des bicylindres de moins de 750 cc ou 45 cui à soupapes latérales. Les deux marques US sortent leurs « compé-clients »; cela sera la WR 750 du coté de Milwaukee et l’Indian Sport Scout à Springfield. Avec l’avénement de la « Class C », les courses de Flat Track vont connaître une expansion « quasi-virale » aux USA.

C’est l’époque où règne sans partage un « phénomène »  : « Smokin’ » ou « smokey » Joe Petrali.

La grande dépression de 1929 suivie par la crise économique des années 30 enterra la « Class A » devenue trop dispendieuse pour les deux seuls constructeurs US rescapés : Indian et Harley Davidson.

Ne fermons pas la page de l’histoire du sport motocycliste US précédent la seconde guerre mondiale sans mentionner Ben Campanale. Originaire de la cote Est,  il est le premier pilote à remporter deux fois d’affilée la Daytona 200 (1938 et 1939) sur une Harley.  Après guerre, il ouvrit une concession à Pomona (Californie) et avait comme client et ami un certain Clark Gable !

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