Lorsque l’on évoque les café racers, on ne peut pas dire que l’on associe immédiatement ce type moto avec une BMW K100.

Un cafra, dans l’imaginaire motard, c’est léger, anglais mais aussi souvent… en panne !

Avec l’avènement de la scène custom 2.0, les digues ont sauté et ceci d’autant plus que les motos neuves sont devenues de plus en plus insipides (pour rester politiquement correct !) avec les normes euro.

Depuis de nombreuses années, on n’hésite pas à préparer en racer le flat twin bavarois à tel point que ces motos connotées autrefois « vos papiers Monsieur…» ont vu leur prix flamber au-delà du raisonnable. Le boxer BMW des années 70 et 80 allie la fiabilité d’une moto moderne et le charme des bécanes d’antan à carburateurs.

Fort de ce constat, Jérôme, notre préparateur du jour, s’est tourné vers une base moins recherchée pour se concocter un racer : Ce sera donc bien une BMW mais un modèle K100 de 1985.

bmw cafra k100

Une base éprouvée et originale

K100 version sport

K100 RS. « RS » pour « Rennsport ».

Produite de 1982 à 1990, la BMW K 100 est animée par un moteur particulièrement original dans l’univers de la moto. En effet, il s’agit d’un quatre cylindres à plat dans le sens de la route avec les culasses à gauche et le bas moteur à droite. Cette motorisation d’inspiration automobile est quasiment indestructible. Certaines machines ont dépassées les 400 000 km ! Au niveau esthétique, ce bloc moteur s’inspire du style Bauhaus cher aux productions germaniques.
4 cylindres bmw
Ce moteur à l’architecture peu commune ouvre des voies vers des préparations esthétiquement plus novatrices que celles qu’offrent les personnalisations autour des sempiternels quatre pattes ou le vu et revu Boxer série 5 ou 6 que tout hipster doit avoir dans son garage.

Malgré des dimensions généreuses, l’outil est puissant (90 ch) pour un poids contenu (215 kg).

Enfin et non des moindres avantages, un beau modèle n’ayant pas « sévi » dans l’administration se dégotte autour de 1500 €.

Le seul défaut de la K100, comme pour sa petite sœur la K75, est le fait que cette moto embarque une injection électronique qui rend difficile la greffe ou la modification du réservoir.

Passons à la réalisation du cafra, baptisé « CafBab’s » de Jérôme

La coque arrière a été façonnée en fibre de verre par son propriétaire. Ce dernier a aussi fabriqué le support. Le dosseret suit parfaitement les lignes du réservoir d’essence. L’assise est l’oeuvre d’un sellier professionnel de la Marne.

dosseret café racer

Pour limiter les coûts, rien de tels qu’un réseau de connaissances !

La peinture des éléments de carrosserie est d’une couleur que je qualifierais de « mordorée » qui fait ressortir le cadre peint couleur « sable ». Ces pièces ont été recouvertes par un carrossier pro et ami de Jérôme.

Les bracelets ont été chinés sur la toile alors que les commandes au pied ont été juste recoupées.

Le moteur évacue nettement mieux les gaz d’échappement que d’origine grâce à un élément rectangulaire concocté par l’ami Jérôme. La chicane est constituée d’un tube en inox que notre préparateur qualifie de « mitraillette » entouré par de la laine de roche.

Ce silencieux est bien entendu amovible afin de démontrer, s’il le fallait encore, que cette BM est passée définitivement « du coté obscur de la force ! »

Une moto bien plus écolo que la LiveWire !

Ce Café Racer démontre qu’avec un budget très serré mais avec beaucoup d’huile de coude et de passion, il est possible de réaliser une machine belle et performante.

Sans trop s’avancer, ce café racer possède très certainement un impact environnemental bien moindre que la future moto électrique de chez Harley…